15e dimanche du temps ordinaire – B

« Jésus ordonna à ses disciples de ne rien prendre pour la route, sauf un bâton: pas de pain, pas de sac, pas de monnaie dans la ceinture, mais pour chaussures des sandales. » (Marc 6, 8)

> Avec quoi partez-vous en vacances? Que prévoyez-vous pour organiser vos voyages?

Jésus, quand il envoie ses disciples, leur prescrit de ne rien prendre avec eux. Aujourd’hui certainement qu’il nous dirait de laisser derrière les manuels de développement personnel, les plans marketing et les formations qui garantissent le succès. Ici: rien. Oser la confiance. Oser l’adaptation.

Dans cet envoi en mission, tout est affaire de rencontre. Et la rencontre ne se prévoit pas, ne se planifie pas, car l’autre est toujours ailleurs que là où nous pensions. Ce que tu as à offrir de toi, offre-le. Ne l’offre pas seul: sois avec un compagnon, une compagne. Car on ne vit pas seul. Car on s’encourage à deux. Si c’est reçu, tant mieux, sinon, secoue tes sandales et va plus loin: ne garde rien de ce qui t’est refusé. En t’offrant en vérité, c’est le Christ que tu offres.

Les disciples partent en mission les mains vides, sans prévoyance ni garantie de succès. Leur autorité, comme celle de Jésus, ne dépend pas ni d’une institution ni d’un pouvoir, mais de leur relation à Dieu. Le maître leur a appris que s’ils sont reçus ou non ne leur appartient pas. Ce qui leur appartient, c’est d’aller rencontrer avec qui ils sont, êtres humains imparfaits mais uniques, porteurs de l’image de Dieu en eux. Et d’offrir au monde ce qui aide à vivre, ce qui permet aux femmes et aux hommes de redevenir eux-mêmes, ce qui soigne, ce qui guérit: la présence du Christ au monde.

14e dimanche du Temps Ordinaire – B

« Jésus leur disait : “Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison.” » (Marc 6, 4)

> Les gestes posés par Jésus sont mal reçus chez lui. Il doit partir pour annoncer librement la Bonne Nouvelle.

Pourquoi ses proches voisins sont-ils si sceptiques face à lui ? Pourquoi a-t-on tant de mal à accepter la parole prophétique lorsqu’elle vient de chez nous ? C’est comme si en connaissant le père, la mère, cette familiarité rendait impossible l’extraordinaire. Comme si nous ne désirions surtout pas que notre prochain nous surpasse. Tenace orgueil. Pourtant, l’incarnation de Dieu est faite de la plus humble pâte humaine. Celui qui est comme nous vient nous annoncer ce qui nous dépasse.

Car l’inattendu peut surgir dans la plus grande habitude.

13e dimanche du temps ordinaire – B

« Ne crains pas, crois seulement. » (Marc 5, 36)

> En cinq mots, Jésus offre à Jaïrus, ce chef de la synagogue dont la fille est mourante, un condensé d’Evangile.

« Ne crains pas », d’abord. Devant les malheurs du monde, du terrorisme au consumérisme et à l’individualisme, en passant par les dépressions et les burn-out, devant les douleurs de la mort et de la maladie, devant la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas faire juste, de ne pas être aimé, Dieu répond par la grâce. Ne crains pas, car je t’offre tout mon amour. Toute ma grâce.

« Crois seulement », ensuite. C’est le mouvement initié par la grâce, celui de la foi, de la confiance. Mais pas une confiance passive, mais une foi qui fait déplacer des montagnes. Qui pousse Jaïrus à se tourner vers Jésus, à fendre la foule et passer par-dessus les rejets des disciples pour quand même aller à lui. La foi demande du courage, et demande d’être actif dans le monde.

« Ne crains pas, crois seulement. » Cette semaine, cette phrase nous est adressée, à chacun.e de nous dans nos situations particulières. Jésus nous invite à déposer nos peurs et à lui faire confiance, tout en osant faire les démarches que la foi exige. Un condensé d’Evangile à vivre dans notre quotidien.

Nativité de St Jean Baptiste – B

Il (Zacharie) se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean. » Et tout le monde en fut étonné. (Luc 1, 63)

> On dit parfois que la vie est réglée « comme du papier à musique ». Mais ce n’est pas toujours le cas ! Et spécialement dans les Evangiles… Après l’annonce de la venue du Fils de Dieu, tissé mystérieusement au plus intime d’une toute jeune fille, voilà que l’Evangile de Luc nous propose une autre figure de rupture : Jean-Baptiste naîtra de l’union d’un couple âgé, qui ne s’attendait plus à une naissance et de plus…il portera un nom totalement inattendu. Eh oui, il y a rupture avec un cadre prévu intégralement jusqu’à fixer la suite de l’existence en imposant un nom et du coup, une liberté surgit.  Le signe est simple, cela ne se passe pas comme prévu… Le nom qui fait rupture est  « Jean »; il s’appellera Jean et non Zacharie.

Pour moi, comme maman, le message est clair : « Laisse ton enfant prendre son envol. Sa vie, c’est sa vie, pas ta vie. Il la reçoit à sa manière. Réalise qu’il est, dans sa nouveauté, une bénédiction pour toi aussi. Ce qu’il fait, à sa manière, est un appel pour toi aussi à devenir, à redevenir… Sa vie est appel à vivre pour toi aussi. »

Cette semaine, nous proposons de redécouvrir notre propre chemin, de rejoindre nos propres rêves, nos aspirations uniques. Oui, nous aussi, vivons librement à l’appel d’un nouveau nom !

11e dimanche – B

« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. » Marc 4,27
> Si Jésus utilisait cette analogie aujourd’hui il se trouverait forcément quelqu’un pour lui rétorquer : « N’importe quoi ! Bien sûr que si ! Moi je sais comment la graine pousse… ». C’est vrai, la science peut désormais expliquer beaucoup de comment… mais pas pourquoi… pour quoi ! Dans quel but ?
 
Nous ne savons pas tout, et ce texte nous invite justement à ne pas tout savoir mais faire confiance que quelque chose est en train de se passer, de grandir en nous, quoi que l’on fasse et qui ne dépends pas de nous. Nous ne pouvons pas faire pousser la vie en nous. C’est Dieu qui en est la source.
 
Certaines graines restent des mois en terre sans que nous puissions en apercevoir les premières pousses. Parfois la vie semble à l’arrêt. Le temps file mais rien ne semble bouger. Nous sommes appelés à garder confiance que la vie est en train de se développer.
 
> Cette semaine prions pour que les situations qui nous semblent inextricables soit éclairées par la lumière de Dieu et arrosées par l’Esprit Saint. Notre marge de manœuvre, c’est de continuer à prendre soin de la terre des uns et des autres afin que les graines de la parole vie qui y sont semées puissent s’épanouir.

10e dimanche du temps ordinaire – B

« Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Marc 3, 35

> Jésus est dans son pays, là où il a grandi. Il est accusé par certains d’être possédé par le démon et que c’est grâce à ce dernier qu’il produit des miracles. Jésus leur répond alors en parabole en leur montrant que dans n’importe quel royaume, s’il se divise, il ne peut pas tenir. Ainsi c’est l’Esprit du Seigneur qui expulse le démon.

Jésus dans sa parabole parle de division et de la chute que cela peut entraîner. Il faut un esprit fort pour éviter d’être ligoté par le démon et ainsi que notre corps, notre âme et notre esprit ne soient violées par satan.

Ce verset choisi aujourd’hui nous incite à nous unir à Dieu en faisant sa volonté afin d’être totalement institué sœur et frère de Jésus. Cela nous permet également d’ouvrir un peu plus notre cœur afin d’accueillir tous ceux qui font la volonté de Dieu afin que nous les voyions également comme nos sœurs et frères en Christ.

9e dimanche de l’Eglise – Dimanche du Saint-Sacrement – B

« Jésus dit à ses disciples: Allez à la ville; un homme viendra à votre rencontre, portant une cruche d’eau. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire: « Le Maître dit: Où est ma salle, où je vais manger la Pâque avec mes disciples? » (Marc 14, 13-14)

> Partager l’eucharistie, c’est raconter la manière unique dont le Christ est présent: l’Eglise le fait au travers d’un repas.

Présence du Christ au travers de rencontres, dans ce qu’elles ont d’improbable – un homme qui porte une cruche d’eau, rôle attribué aux femmes à l’époque – et dans ce qu’elles ont de mystérieux – un propriétaire dont on ne sait rien et qui pourtant est disponible.

Présence du Christ dans ce qui nous fait vivants: sans nourriture, sans boisson, il n’y a pas de vie possible.

Présence du Christ dans ce qui nous fait humain, c’est à dire capable de transfigurer le réel pour en faire surgir la beauté: le repas pris ensemble, cela se prépare, cela se cuisine, cela s’apprête et les aliments d’être transformés par l’art des humains.

Pour le dire autrement, le Christ se donne à rencontrer tout spécialement quand nous prenons le temps de nous rencontrer en vérité et dans l’ouverture. Il vient nous nourrir tout spécialement dans ce qui nous fait vivants en vérité, dans tout ce qui va dans le sens de la vie. Et il est présent dans nos oeuvres et créations qui offrent de la beauté au monde.

L’eucharistie raconte cette qualité de présence-là, et nous invite à la vivre… en transformant nos présences les uns aux autres en communion.

 

Trinité – B

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Mt 28, 20

> Ce que Jésus dit ici à ses disciples est le fondement de notre espérance : il est avec nous tous les jours. 2000 ans après ces paroles nous sommes nombreux à pouvoir en témoigner, à en avoir fait l’expérience, à en faire l’expérience. Du coup, comment se concrétise-t-elle dans notre vie quotidienne, cette certitude de la présence vivante de Dieu à nos côtés ? Comment nous rendons-nous présents à lui ?

On sait que Jésus reviendra à la fin des temps mais nous n’avons pas besoin d’attendre ce retour pour déjà être avec lui. Alors cette semaine, soyons particulièrement attentifs à la présence fidèle du Christ à nos côtés et à la façon dont nous répondons à cette présence : par la prière, par le soin que nous mettons dans nos actes, par un amour délicat envers notre entourage…

Pentecôte – B

« En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. » (Jean 15, 26)

> Esprit Saint qui vient du Père
Donné pour tous, pour nos sœurs et nos frères
Pour témoigner au monde
Que l’amour de ce Dieu trinitaire féconde.

Esprit défenseur
Lui le consolateur
Qui vient nous porter dans nos épreuves
Et nous offrir la tendresse de ce Dieu qui abreuve.

Esprit de vérité
Qui nous aide à avancer, en toute honnêteté
Qui nous conduit toujours plus en avant, même fragiles
Dans la compréhension de cette bonne nouvelle pour nous qu’est l’Evangile.

Esprit de liberté
Qui souffle là où il veut, en rien limité,
Qui ouvre le champs des possibles de demain et d’aujourd’hui
Qui nous invite, avec confiance, à nous abandonner à lui.

Esprit de simplicité,
Qui nous aide à prier, au cœur de notre vulnérabilité
Comme avec ces mots si simples, presque nus,
De Frère Roger, ancien prieur de cette communauté de Taizé bien connue :

« Esprit Saint,
mystère d’une présence
à chacun de nous tu dis :
pourquoi t’inquiéter ?
Une seule chose est nécessaire :
un cœur à l’écoute
pour comprendre
que Dieu t’aime
et toujours te pardonne. »

7e dimanche de Pâques – B

« Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés, afin qu’ils soient un comme nous. (Jean 17, 11) »

> Il va bientôt déposer sa vie et avant cela, il prie… Il prie pour ses disciples, ces hommes et ces femmes qui l’ont suivi et accompagné. Il prie pour eux et les remet, ni plus ni moins, entre les mains du Père. C’est quand la mort est proche que l’on se dit les choses les plus importantes, non ?

Il demande deux choses essentielles à Dieu pour ses compagnons : qu’ils soient uns, et de ne pas les ôter du monde, où, lui-même les envoie à son tour pour témoigner. Qu’ils soient un ! Qu’ils soient dans le monde ! Qu’ils témoignent !

Qu’ils soient un signifie que, dès lors que des groupes proclament avec ferveur et conviction que Jésus est le Fils de Dieu, alors leurs différences d’approche de la foi, leurs modes d’expressions aussi variées soient-ils, leurs relations à Dieu sont avant tout des richesses à partager, des ouvertures sur la diversité ; tant que le cœur, Jésus Christ et le salut qu’Il nous offre, sont eux-mêmes solidement au centre, cette unité dans la diversité peut se vivre.

Mais peut-être êtes-vous comme moi : pas toujours facile de rassembler nos diversités autour de la table de communion !!

> Cette semaine, lorsque nous seront agacés par des divergences de pensées ou d’avis, pensons à cela : le Christ a prié pour chacun de nous pour que nous cherchions l’unité. Il a rêvé cette unité…Il nous reste à la vivre !