Dimanche de Pentecôte – A – 24 mai 2026

« La paix soit avec vous ! » (Jean 20,21)

> Lorsque Jésus ressuscité apparaît aux disciples, il leur souhaite la paix – ce qu’il n’a jamais dit auparavant.

> Inutile d’écrire de longs discours sur ce que nous révèlent les journaux et les télévisions en ce printemps 2026 : la paix paraît plus que jamais un bien fragile, sinon perdu.

> Qu’en ces temps troublés, plus que jamais, les Chrétiens soient des porteurs de paix, qu’ils la souhaitent pleinement, qu’elle soit semée dans les cœurs, à l’image du souhait de notre maître.

7e dimanche de Pâques – A – 17 mai 2026

« Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

(Jean 17, 11a)

> Nous sommes entre l’Ascension et la Pentecôte. Jésus retourne vers le Père, mais ses disciples, eux, demeurent dans le monde. Ce n’est pas un détail : c’est leur mission. Le Christ ne les retire pas des réalités humaines, des fragilités, des tensions ou des combats de ce monde ; il les y envoie pour y porter sa présence. Son départ n’est donc pas un abandon. Celui qui prie pour les siens promet aussi : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Être dans le monde, pour un disciple, ce n’est pas être livré à soi-même : c’est être confié au Père, accompagné par le Christ, porté par la mémoire de sa Résurrection et bientôt fortifié par l’Esprit Saint.

> Cette semaine, nous pouvons habiter ce temps d’attente avec confiance. Il y a parfois dans notre foi des moments où Dieu semble moins visible, moins sensible, moins évident. Pourtant, le Christ prie pour nous. Nous ne sommes pas orphelins. Comme les disciples entre l’Ascension et la Pentecôte, nous sommes invités à rester unis, à garder sa parole, à prier, et à attendre l’Esprit Saint avec un cœur ouvert. Que le Seigneur nous apprenne à reconnaître sa présence même lorsqu’elle se fait discrète, et qu’il prépare en nous la joie renouvelée de la Pentecôte. Amen.

6e Dimanche de Pâques – A – 10 mai 2026

« Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. »

(Jean 14, 18)

Qu’est-ce à dire ?

> Le Seigneur vient d’annoncer la venue de l’Esprit Saint. Le départ du Seigneur ne signifie pas que les disciples allait perdre une personne divine et qu’ils en recevraient une autre. Ce n’est pas la promesse d’une substitution qui exclurait la présence de Christ. Au contraire, quand le Consolateur est là, Christ n’est pas loin. Il nous fait éprouver la présence de Christ à nos côtés, C’est pourquoi le Seigneur ajoute : « vous me verrez » ; « vous vivrez » ; « vous connaîtrez ».

> La présence de Christ devient intérieure, permanente et vivante dans le croyant. La perception de Christ ne passe plus par la vue mais devient, par la foi, spirituelle. La vie même du Christ ressuscité devient la source de la vie du croyant. Il entre dans la connaissance vivante de son union avec Christ et de sa relation avec le Père. L’œuvre de l’Esprit consiste à révéler Christ, à le rendre précieux au cœur. Quelle heureuse nouvelle !

5e Dimanche de Pâques – A – 3 mai 2026

« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

(Jean 14, 6)

>Lorsque, comme Thomas, nous pensons avoir perdu nos repères, la voix du Seigneur nous rassure : « JE SUIS LE CHEMIN. »
Notre texte nous situe au soir du dernier repas, et il y a de quoi être bouleversé : Jésus vient de poser son geste d’un abaissement déroutant ; Judas sort dans la nuit pour le trahir, alors qu’à Pierre, il est prédit qu’il le renierait.
On est donc loin d’une paisible soirée d’adieux entre amis. Jésus s’en va vers sa Passion – qui ne sera pas la fin de tout, mais la plus belle perspective d’avenir : « Je pars vous préparer une place ; je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » Ce lieu où nous sommes avec lui, n’est-il pas déjà en nous ?
L’au-delà, non comme un ailleurs, mais inhérent à notre plus concret quotidien.
Le Chemin vient lui-même à nous, car le ciel est au-dedans de nous, disait Maurice Zundel.

> Quand cela me paraît terriblement abstrait, quand je m’imagine que Jésus nous a préparé une sorte d’EMS céleste, il me dit de croire, du moins à cause de ses œuvres.

> Et ses œuvres, où les voir, sinon dans le bien qui se fait par d’innombrables personnes souvent discrètes, ses amis qui mettent en pratique le commandement de l’amour.

> Alors, ma foi devient louange.

4e dimanche de Pâques – A – 26 avril 2026

« Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. »

(Jean 10, 3)

« L’étreinte de la liberté ! »

> Jésus insiste ici sur l’importance de l’écoute de sa voix. Pour la (re)connaître, il faut l’entendre. Elle nous parvient prioritairement de l’Écriture ; au travers de sœurs et frères dans la foi ; nous pouvons l’entendre au fond de nos cœurs, où le Saint-Esprit témoigne de l’amour du bon Berger pour nous ; et ce n’est pas exhaustif. Mais Jésus est clair : les siens la reconnaissent !

> Suivre cette voix conduit à une étonnante liberté. D’abord, Jésus devient la porte du salut. Par notre foi en lui, nous entrons au bénéfice de son œuvre libératrice, grâce à laquelle nous avons un avant-goût de la vie éternelle (Jean 3.16). Il nous libère de l’emprise du mal et de nos divers esclavages – quelle liberté en effet, qu’il faut parfois se réapproprier.

> Intriguant : S’il conduit ceux qui l’écoutent à sa suite, Jésus ne les enferme pas. Ils pourront entrer et sortir, et ils trouveront de la nourriture. La vie avec lui, à sa suite, à l’écoute de sa voix, est qualifiée comme une vie en abondance.

Prenez un moment pour méditer cette image et vous imaginer, vous, dans l’étreinte du bon Berger…

Peut-être vous fera-t-il comprendre plus profondément comment grandir en liberté, trouver de la nourriture, vivre une vie en abondance, forts de son amour unique pour chacun.e d’entre nous !

3e dimanche de Pâques – A – 19 avril 2026

«Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux.»

(Luc 24.31)

> Comme je les aime ces disciples qui sont arrivés à Emmaüs!!
Après avoir promené leur chagrin avec cet étranger et avoir pu déverser leurs regrets, leurs sentiments d’injustice et leur tristesse, les voilà attablés avec lui.
On imagine aisément combien la fraction du pain est le moment-clef de leur journée, celui qui leur permet de la relire avec les yeux du cœur et de goûter a posteriori la saveur des Écritures que l’étranger leur a si bien expliquées.
Et voilà que, ô surprise, il disparaît de leurs yeux, insaisissable ami de toujours qui s’envole à nouveau vers d’autres apparitions!!

>La chaise basculée dans le tableau d’Arcabas évoque bien qu’on ne peut jamais s’asseoir sur ses lauriers avec Jésus!! Toujours invité.es à se remettre en route dans la quête de sa Présence et du bon goût que prend grâce à Lui la communion au Verbe, ainsi qu’au pain et au vin que nous tenons de Lui…
Dans ce temps d’après Pâques, me souvenir de chercher ces instants de communion, de les chérir et de les proposer à d’autres, car le bonheur double s’il est partagé!!

« Nous avons marché ensemble vers Emmaüs
et nous croyons que tu es le pèlerin invisible parmi nous.
Toi, le Ressuscité, tu nous ouvres les uns aux autres
et tu fais monter en nous une joie et une force nouvelles.
Désormais dans nos Emmaüs de chaque jour,
nous ne voulons plus marcher sans toi
mais en tout, suivre le chemin que tu nous as tracé.
Chemin de justice et de paix, de vérité et de fidélité,
chemin qui nous conduit vers le Père et vers le cœur de chacun. »

(Prière de Martin Hoegger)

2e dimanche de Pâques – A – 12 avril 2026

Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

(Jean 20, 28)

> On a trop souvent vu Thomas comme l’incrédule de service. Et il y a de quoi : il prétendait lui-même qu’il ne pourrait pas croire s’il ne mettait pas le doigt dans les plaies du Christ. Mais lorsque le Christ est devant lui et lui propose d’avancer son doigt, Thomas s’exclame seulement « Mon Seigneur et mon Dieu ! », ce faisant il fait une profession de foi bien supérieure aux autres disciples qui l’entourent !

> Ce serait si triste, si la science expliquait tout. Notre foi n’aurait plus la même valeur si toutes ses composantes étaient prouvées scientifiquement. Ce qui est beau, c’est précisément de croire sans avoir besoin de preuves. C’est un élan du cœur et de l’esprit.

> Cette semaine, trouvons le bon moment pour nous exclamer nous aussi, comme Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! », que ce soit devant un magnifique paysage, devant un événement particulier, bref devant la présence de Dieu qui surgit dans la lumière pascale, à sa façon, dans nos journées.

Veillée Pascale – A – 4 avril 2026

« Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. »

(Matthieu 28, 6)

> À l’aube, les femmes marchent vers le tombeau pour clore une histoire douloureuse. Elles s’attendent au silence de la mort, mais elles trouvent une pierre roulée : non pas pour laisser sortir Jésus, mais pour les laisser entrer, elles, dans la lumière de la Résurrection. L’ange leur annonce alors l’incroyable : « Il n’est pas ici ». Ce vide n’est pas une absence, c’est une victoire. En ajoutant « comme il l’avait dit », l’ange rappelle que la foi ne repose pas sur un coup de théâtre, mais sur la fidélité absolue de Dieu à sa parole.

> Cette nuit, laissons-nous surprendre. Combien de fois restons-nous figés devant nos propres « tombeaux », nos échecs ou nos deuils, en pensant que tout est fini ? L’ange nous redit : « Ne cherche pas le Vivant chez les morts ». Ne laissons pas nos peurs murer notre horizon. Le Christ nous précède déjà en Galilée, c’est-à-dire au cœur de nos vies quotidiennes, là où tout peut recommencer. Que la joie de Pâques nous remette en route : l’Amour a eu le dernier mot. Joyeuses Pâques !