13e dimanche du Temps ordinaire – A – 28 juin 2026

« Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. »

(Mt 10, 38)

> Quand même, quand on y pense, il y a quelque chose de fou dans cette histoire de « prendre sa croix »… Jésus prononce ces mots avant sa crucifixion ! Pour les disciples, la croix n’est pas encore chargée du sens que nous lui donnons à la lumière de Pâques et de la résurrection. À cette époque, la croix évoque le condamné conduit publiquement vers sa mort. Par cette image extrême, Jésus avertit ses disciples : le suivre peut coûter cher, jusqu’à faire perdre l’approbation de sa famille ou des autres, sa sécurité, voire sa vie… Et ce n’est sans doute pas pour rien que Jésus emploie une image aussi forte, lui qui sait ce qu’elle signifiera bientôt pour lui.

> « Prendre sa croix », c’est choisir de suivre le Christ là où il appelle, même lorsque cela coûte. Cette semaine, demandons-nous : y a-t-il quelque chose que je retiens par peur de perdre l’approbation, la sécurité ou le regard des autres ? Qu’il nous donne la confiance de marcher à sa suite même lorsque son chemin nous demande de lâcher ce que nous voudrions garder. Amen.

12e dimanche du temps ordinaire – A – 21 juin 2026

« Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits»

(Mt 10, 27)
(Image «whispering» de Igor Kocka sur Pixabay. Libre de droit)

Pistes a suivre

> Après que Jésus a eu annoncé des persécutions, voilà qu’il poursuit son discours par un tonitruant : Ne les craignez pas ! Viennent ensuite les indications sur la conduite à tenir quant à ce qui est entendu et ce qui est dit. Ne nous dit-il pas d’aller par le monde proclamer l’Évangile ? Une mission qui peut effrayer ! Jésus propose le contre-pied de la crainte : le courage. La force est à aller chercher dans ce qui est entendu aux creux de l’oreille, dans ce rapport intime avec Celui qui est là dans les ténèbres, dans le secret, dans le dialogue priant avec Dieu (Mt 6, 6). Il déstabilise bien souvent, il éclaire Sa volonté, il donne Sa paix (Philippiens 4, 7).

> Puisque cette paix garde nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus, alors nous pouvons passer des ténèbres à son admirable lumière et proclamer sans crainte Son amour et Sa justice. N’hésitons plus que notre foi intime devienne une foi assumée et partagée.

11e dimanche du temps ordinaire – A – 14 juin 2026

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

(Mt 9,37-38)

> Ce n’est pas la seule fois que Jésus emprunte une image agricole pour parler des réalités du Royaume. D’abord celle de la moisson, puis celle du troupeau. Dans les deux, il est attristé par ce qui manque : soit les moissonneurs, soit le berger. Et là, en voyant tous ces gens laissés à eux-mêmes, son cœur de Berger est saisi de compassion. Il vient à leur secours, non pas par un soudain miracle, mais en sollicitant la participation des disciples à son “plan pastoral“. D’abord il leur demande de prier. Ensuite seulement, il les appelle chacun par son nom pour les envoyer en mission, leur donnant pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Ils n’auront pas à en tirer orgueil ni à chercher une récompense : Le Leitmotif du Maître sera le leur :

« Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

> On n’est pas si loin de la situation de nos paroisses qui se fragilisent. Ceci a pour avantage de déclencher notre créativité pastorale. En suivant la “méthode Jésus“, nous saurons commencer comme lui par solliciter la prière de la communauté. Quant aux tâches à distribuer, souvenons-nous que la gratuité est la marque de fabrique de l’agir chrétien.

Fête-Dieu – A – 7 juin 2026

Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?

(Jean 6, 52)

«  Des paroles indigestes pour une nourriture éternelle ! »

Vous est-il déjà arrivé de vous trouver devant quelqu’un qui fait preuve de mauvaise foi ? Qui a décidé que vous n’êtes pas digne de confiance voire méchant, aveuglé par un préjugé ou un autre angle mort dans son regard sur vous ?
Vous avez beau essayer par tous les moyens de la faire changer de regard, la personne vous a classé, et rien ne semble pouvoir le changer…

> Depuis tôt dans son ministère, Jésus s’est trouvé non pas devant une seule personne de ce genre, mais face à tout un groupe d’entre les responsables juifs. Prisonniers de leur perception de Jésus comme un concurrent de leur autorité religieuse, ils finiront par le faire exécuter de manière on ne peut plus injuste.

> Face à cette obstination, Jésus avance des paroles de plus en plus indigestes. Dans le contexte juif de l’époque, et à la lumière de la Loi, « manger la chair » et « boire le sang » de quelqu’un est tout simplement impensable et serait d’une impiété sans égale. C’est pourtant le menu que Jésus leur offre, en toute conscience que ces propos sont indigestes et inacceptables. Pas étonnant que ses contestataires sont de plus en plus perdus, y compris de nombreux disciples (6.60-66).

> Plus en profondeur, Jésus se présente pourtant comme la source de la vie éternelle : « C’est moi qui suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui met sa foi en moi n’aura jamais soif. » (6.35) Et : « La volonté de mon Père, en effet, c’est que quiconque voit le Fils et met sa foi en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le relèverai au dernier jour. » (6.40) Nulle part ailleurs Jésus n’insiste si fortement sur le cadeau de la vie éternelle et la certitude de la résurrection pour ceux qui croient en lui. Pourtant, à la fin du chapitre beaucoup l’abandonnent.

Nous connaissons tous des personnes qui nous sont précieuses mais qui restent fermées à l’Évangile. Reprenons courage. La puissance et la beauté du salut offert en Jésus-Christ valent bien que nous en rendions témoignage jusqu’à notre dernier souffle !