Dimanche de Pâques – B – 31 mars 2024

« Ne soyez pas effrayées !
Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ?
Il est ressuscité : il n’est pas ici. »  

Marc 16,6

> La bonne nouvelle de Pâques, c’est celle qu’entendent ces trois femmes, venues embaumer le corps du Crucifié. Celle de la mystérieuse victoire de la vie sur la mort. Celle qui nous invite à ne plus nous laisser gagner par la peur, à ne plus être effrayés, mais à faire confiance au Dieu de la Vie qui a relevé son Fils de la mort. Un appel à vivre cette confiance en la résurrection dans nos vies qui est tout sauf facile comme le montre encore le verset 8 : Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.

Aujourd’hui, en ce jour de Pâques, nous sommes donc appelés nous aussi à quitter les tombeaux de nos peurs pour nous réjouir : en Christ, la Vie est plus forte que la mort et son règne s’étend jusqu’à nous.

Christ est ressuscité !
Il est vraiment ressuscité !
Alléluia !

5e dimanche de Carême – B – 17 mars 2024

« Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »

Jean 12,24

> Jésus dit cette phrase à Philippe et André, alors qu’ils sont juste venus lui dire que des grecs veulent le voir… Jésus serait-il hors-sujet ?

Non, bien sûr ! Voir Jésus, c’est voir celui qui va vaincre la mort et en faire un simple passage pour nous tous. Or tout est sous nos yeux pour le comprendre : le cycle des saisons nous montre une nature qui meurt en hiver avant de ressusciter au printemps.

Dans les beaux jours qui arrivent, sachons reconnaître la résurrection en train d’agir et contemplons notre résurrection future !

2e dimanche de Carême – B – 25 février 2024

« …les disciples ne virent plus que Jésus seul. »

Marc 9, 8

HALLUCINATION

> Pierre, Jacques et Jean partagent une expérience qui est proche de l’hallucination, ce phénomène psychique par lequel un sujet en état de veille éprouve des perceptions sans qu’aucun objet extérieur les fasse naître. Au cours d’une promenade qui les mènent sur une haute montagne, en compagnie de leur ami Jésus, voilà que la lumière se fait éblouissante, si forte que rien n’est plus perçu comme avant. La lumière lave plus blanc que blanc. Deux personnages importants dans l’histoire des juifs font leur apparition : Moïse et Elie. Comment les ont-ils reconnus ? Certainement pas d’après leur photo d’identité ! Peut-être en raison des propos que ces deux tiennent avec Jésus.

Les trois gaillards (hommes pleins de vigueur, de force et de santé) paniquent, Pierre propose à Jésus qu’ils s’installent tous là. Signe que ces trois perdent leurs moyens ! Où trouveraient-ils le matériel de « camping » ? Comble de l’histoire : une nuée parlante les couvrent, leur intimant l’ordre d’écouter le Fils bien-aimé. Ce Jésus qu’ils croyaient connaître leur tient des propos qu’ils ne comprennent pas, en particulier quand il parle de résurrection !

Cet événement semble vouloir mettre en lumière le fait que nous croyons connaître, savoir ou avoir saisi. Comme celle des disciples, notre compréhension est partielle. La sainteté de Dieu et sa puissance (capable de faire apparaître des morts) se montrent de manière fugace. Elles bousculent nos fondements, remettent nos certitudes, nos savoirs en question. Mais, heureusement, Jésus est celui qui demeure auprès de nous quand tout est ébranlé. Ne voyons plus que Jésus seul et gardons les yeux fixés sur Lui qui nous a ouvert le chemin de la foi (Hébreux 12, 2)

32e dimanche du Temps ordinaire – C – 6 novembre 2022

« Que les morts se réveillent, c’est ce que Moïse a signalé à propos du buisson, quand il appelle le Seigneur Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob »

Luc 20,37

> Jésus ne se laisse pas entraîner au ras des pâquerettes par les Saducéens qui essaient de couper les cheveux en quatre par rapport à des détails mortifères autour du concept de résurrection ! Non, il les emmène plus loin en leur faisant voir la Vie promise qui s’ancre dans les patriarches et leur présence si évidente dans le buisson ardent de Moïse.

> J’ai repensé à cette émission de Temps Présent de la semaine passée, où on entendait des témoignages de Vécu subjectif de contact avec un défunt ; au buisson ardent, Moïse prend conscience de la Vie de ceux qui sont morts et que ce Dieu qui dit « Je suis » est bel et bien le Dieu des vivants ! C’est une véritable expérience spirituelle.

> En cette semaine où nous avons fait mémoire de nos défunts, chacun à notre manière, pensons à eux avec la louange aux lèvres :

« Merci pour les vivants
qui ont traversé notre vie
en déposant la tendresse
dans le déroulement de nos jours.
Sans eux, notre existence serait restée
une longue marche solitaire et vide.
Merci pour leur amour,
leur présence et leur regard,
ils nous ont fait naître
à la vie de chaque jour.
Merci pour l’espérance
que tu enracines en nous
grâce à Jésus, le Vivant, ton Fils,
passeur de toutes les nuitset de toutes les morts. »
(prière d’Inge Ganzevoort)

13e dimanche du Temps ordinaire C – 26 juin 2022

« Laisse les morts enterrer leurs morts.
Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »

(Luc 9,51-62)

> C’est un peu fort en chocolat cette injonction de Jésus à cet homme en deuil de son père! Imaginez qu’un ecclésiastique ou un aumônier vous parle ainsi…

> Il faut se remettre dans le contexte de l’époque où il semble que les rituels funéraires étaient interminables, selon la loi de Moise. Comme si s’accrocher à des rites sclérosés était devenu une façon d’ensevelir le message, alors que toujours et toujours la parole du Christ est résurrection et vie, alors même qu’il se met en route pour Jérusalem… Cela me fait penser à la femme de Loth qui lors de la destruction de Sodome avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel (Gn 19,26). Négligeant la parole de Dieu, la femme de Loth subissait son propre châtiment.

> Comment cette semaine me mettre à l’écoute de la Parole de Dieu pour ne pas rester figé.e dans mes regrets mais me tourner résolument vers la vie et vers l’avenir?

2e dimanche de Carême – C – 13 mars 2022

« Pendant qu’il priait, son visage changea
et son vêtement devint d’une blancheur éclatante. » 

Luc 9, 29

Phénomène

> Jésus a pris avec lui trois témoins Pierre, Jacques et Jean. Et voilà qu’ils sont confrontés à un phénomène étrange. Devant leurs yeux ébahis, ils assistent à une double transformation physique : celle du visage de Jésus et celle de son vêtement. Cela pourrait faire peur. Pourtant, cet événement est majeur dans la vie de ces trois disciples : ils contemplent Jésus dans la gloire. Mais, en comprennent-ils toute la portée ? Assurément, non, puisque le fougueux Pierre propose de construire trois tentes l’une pour Jésus, les autres pour Moïse et Elie ! Il désire fixer l’évènement. Or, Jésus va constamment de l’avant. Jésus a accordé aux disciples le privilège de voir que le chemin de souffrance par lequel il allait passer (Et qu’il leur avait annoncé) n’était pas une impasse. Il s’achève dans la Gloire. 

> Il nous faut beaucoup de temps pour saisir pleinement l’œuvre de Notre Seigneur. Une vie toute entière ! Au cours de cette vie, nous sommes au bénéfice des bénédictions que Christ nous a acquises par sa mort et sa résurrection. Un jour, nous le verrons face à face, alors, tout s’éclairera et nous saurons combien nous avons été aimés.

> Pour l’heure, poursuivons le chemin, Jésus nous y accompagne.

Lundi 6 avril 2020

« Une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus. »

Jean 12, 9-11

> Ce texte du début de la Semaine sainte nous fait apercevoir le contexte dans lequel Jésus s’apprête à être condamné.  

Les grands prêtres ont déjà décidé de condamner Jésus et on apprend ici qu’ils décident même de tuer Lazare car le fait qu’il soit en vie est un témoignage bien trop dérangeant de ce que Jésus est capable de faire. Cela effraie les tenants de l’ordre religieux et politique. Ce Jésus commence à avoir beaucoup trop d’influence sur les foules…

On le sent ici : nous sommes proches du dénouement. De toutes parts, les crispations ou les exaltations s’exacerbent. L’éclatement ou le dévoilement n’est pas loin…

Mais ceux qui cherchent à condamner Jésus passent à côté de son véritable message. Ils ne cherchent pas à l’entendre d’ailleurs, mais demeurent figés dans leur désir de maintenir à tout prix l’ordre, leur position, la tradition… Pourtant, la résurrection de Lazare ne veut pas montrer à tous la puissance terrestre de Jésus mais manifeste que le Christ nous sauve de la mort, la mort est vaincue par lui et Pâques en sera le témoignage ultime. 

Malgré la foule, Jésus se retrouvera seul, ou presque, au moment de mourir. Comment faire, à notre tour, pour que les paroles du Christ, ses signes et ses prodiges nous transforment au point de choisir de se mettre à sa suite entièrement et radicalement ?

Jeudi 2 avril 2020

« Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. »

Jn 8,51

> A plusieurs reprises, Jésus essaie de faire comprendre à son auditoire que si la mort physique est inéluctable pour chacun de nous, la mort de l’âme, elle, n’est pas une fatalité. Si nous croyons en lui non seulement notre âme continuera de vivre au moment de la mort de notre corps, mais qui plus est nous retrouverons un corps, avec Jésus, au moment de la résurrection des morts.

Pour cela, un seul préalable : garder Sa Parole. Et donc la mettre en pratique car le verbe « garder » suppose ici non pas des pages poussiéreuses conservées sur une étagère mais bien une veille, un soin de cette Parole qui vient guider notre aujourd’hui.

Et si, pendant ce temps de confinement, nous cherchions davantage à prendre soin de cette Parole de Dieu ? Si nous ouvrions davantage nos Bibles, tous les jours, pour découvrir comment ces pages nous rejoignent dans l’aujourd’hui de notre vie ?

5e dimanche de carême – 29 mars

« Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort »

Jean 11,21

> Le reproche de Marthe résonne fort aujourd’hui, résonnera fort encore dans nos vies qui se découvrent menacées par la pandémie…
Avec des « si » on refait facilement le monde:
Si on avait plus de respirateurs…
Si le gouvernement prenait d’autres mesures…
Si le pangolin n’avait pas été cuisiné…
Si Dieu voulait bien se réveiller…

A tout cela Jésus ne répond pas directement.
Il ne nous évite pas l’épreuve, il ne se déplace même pas en hâte vers son ami malade.
Mais il dit: je suis la résurrection et la Vie.
Et il pleure…

Cette semaine, et même jusqu’à Pâques et au-delà 
Seigneur montre-moi que tu es là !
Que tu pleures avec ceux qui pleurent
Et que même sans réponse à nos pourquoi
Tu offres la Vie, 
Pas celle remplie de divertissement facile
Mais une Vie solidaire 
et habitée de nos émotions 
que tu partages sans conditions.
Amen!

32e dimanche du temps ordinaire – C

« Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges » (Luc 20, 27-38)

> Des sadducéens posent la question à Jésus de savoir qui sera marié avec qui dans l’exemple d’une femme qui a eu 7 maris, car l’aîné de la fratrie n’avait pas eu de descendance. Effectivement la loi du Lévirat imposée à un frère non marié d’épouser la veuve de son frère aîné pour lui assurer une descendance.

Nous ne connaissons pas ce qu’il se passe après la mort. Alors il est normal que les sadducéens posent des questions eux qui doutent de la résurrection. Ils cherchent à voir si les hommes seront régis par les mêmes règles que sur la terre.

Au ciel nous serons pareils aux anges, nous n’aurons plus la capacité de mourir. Et notre seule mission sera de contempler la face éblouissante de Dieu. Rien d’autre ne nous comblera.