2e dimanche de l’Avent – A

« Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. » (Mt 3, 4)

> Au début de cet Avent, la figure de Jean-Baptiste vient nous offrir l’image de la pauvreté et du dénuement. Il s’habille simplement, mange peu… Cette même pauvreté et ce même dénuement se retrouveront dans la crèche où Jésus va naître.

L’Avent est un temps de préparation, de marche vers Noël et de la lente maturation de l’amour. A la suite de Jean-Baptiste nous pouvons nous demander de quoi nous pouvons nous dépouiller en attendant la venue de celui qui vient. Qu’est-ce qui encombre notre cœur et nous empêche de laisser toute la place à celui qui s’est fait pauvre et petit ?

1er dimanche de l’Avent – A

 » Car de même qu’en ces jours d’avant le déluge, on mangeait et on buvait, l’on se mariait ou l’on donnait en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, et on ne se doutait de rien jusqu’à ce que vînt le déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme.  » (Mt 24, 38-39)

> L’évangile de ce dimanche compare la venue du Fils de l’homme à celle du déluge du temps de Noé. Deux attitudes semblent s’opposer : d’un côté il y a ceux qui mangeait, buvaient, se mariaient avec des verbes tous conjugués à l’imparfait, indiquant une certaine durée et de l’autre côté il y a Noé qui entra dans l’arche, avec un verbe au passé simple, marquant un événement sortant de l’ordinaire qui brisera la ligne du temps des autres bien établis dans leurs attitudes. Il en va de même de la venue du Fils de l’homme.
> Ce dimanche marque l’entrée dans le temps de l’avent. Comme chaque année on se prépare à la venue de l’enfant Jésus. Ça en devient une habitude… Mais justement, la venue du Christ il y a 2000 ans a fait exploser les habitudes des gens qui l’ont rencontré. Et ce temps de l’avent nous rappelle que cette venue est appelée à changer nos vies. C’est ainsi un temps propice pour dépoussiérer un peu nos vies de chrétiens.

> Nous nous proposons pour cette première semaine de l’Avent de réfléchir à ce que change pour nous la venue du Christ. Pourquoi est-ce que notre vie ne sera plus jamais comme avant suite à notre rencontre avec le Christ? Une invitation à sortir de nos habitudes et à redonner sens à notre foi, nos actions.

34e dimanche – C – Christ-Roi

« Les chefs tournaient Jésus en dérision (…) Les soldats aussi se moquaient de lui
(…) L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait (…) “Amen, je te le dis :
aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis” » – Lc 23, 35a.36a.39a

> En pleine agonie, entouré de deux autres crucifiés, Jésus est moqué par diverses personnes. Non seulement par des opposants, mais aussi par l’un des condamnés au même supplice que lui, surnommé le « mauvais larron » par la tradition.

Aujourd’hui, 2000 ans après, rien n’a changé. A une échelle large, les persécutions menées contre les chrétiens à travers le monde nous montrent qu’une partie des habitants de notre planète n’est pas prête à entendre et encore moins à appliquer le message d’amour de Jésus. A une échelle moindre, pour soi-même, c’est dur, parfois, d’assumer son statut de chrétien, de témoigner de sa foi quand beaucoup, autour de soi, demeurent sceptiques voire hostiles à toute forme de religion et de transcendance.

Dans ce tumulte continu, nous pouvons choisir d’être le « bon larron », également crucifié avec Jésus ! Comme lui, osons proclamer qu’il n’a rien fait de mal ! Et notre vie en sera changée, elle gagnera en intensité et en profondeur… C’est cela, « être dans le Paradis » avec Jésus. Cela commence ici et maintenant, aujourd’hui, nous dit Jésus.

33e dimanche – C

« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. (…) Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. » (Luc 21, 6 et 13-15)

> L’annonce de la fin du monde, la fin d’un monde (ou d’un mode !) retentit peut-être avec encore plus d’acuité avec l’actualité mondiale. La bonne nouvelle d’aujourd’hui, c’est que tout cela est une occasion non pas de désespoir mais de témoignage ! Témoigner de l’espérance qui nous tient debout, témoigner de la résurrection du Christ qui est Vivant, témoigner de la confiance en Celui qui nous a créés. Et si nous disons « j’y arriverai jamais ! », n’oublions pas ces paroles du Christ : « Je vous donnerai un langage et une sagesse. »

Cette semaine, nous sommes donc invités à oser témoigner de notre foi, de la confiance ou de l’espérance qui nous habite, en nous laissant conduire par le langage et la sagesse que Dieu nous insufflera.

32e dimanche – C

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. » (Lc 20,38)

> Nous avons honoré nos morts le 2 novembre. Il est temps de reprendre le chemin de la vie, le chemin des vivants.

Combien de tombes sommes-nous allé fleurir ces derniers jours ? Il nous est alors proposé de rendre visite à autant de vivants cette semaine. Et pourquoi pas avec des fleurs…

31e dimanche – C

« Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie » Luc 19, 6

> Zachée est un homme de petite taille qui, gêné par la foule décide de grimper dans un sycomore pour avoir à quoi ressemble celui dont tout le monde parle : Jésus.

Dans notre jeunesse, nous avons déjà eu l’occasion de grimper dans un arbre ou de gravir une montagne avec difficulté. Arrivés en haut, nous contemplons ce qui est en-dessous de nous avec une vision changée. Mais le moment de la descente sonne, et d’un coup une certaine hésitation nous prend. Où sont nos appuis ? Par quelles branches sommes-nous montés ? Une certaine crainte nous envahit.

Le Seigneur, aujourd’hui, nous appelle à descendre vite pour qu’Il vienne demeurer chez nous, demeurer en nous. Ne restons pas percher sur toutes les branches de nos préoccupations. Allons puiser aux racines de notre vie. Cherchons de qui vient le souffle qui fait monter et circuler la sève de la vie en nous.

Cette semaine essayons de descendre vite de nos branches afin de retrouver une joie simple ancrée dans le sol, sur cet appui qu’est pour nous le Seigneur.

30e dimanche – C

« Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : « Mon Dieu, montre-moi favorable au pécheur que je suis ! » » Luc 18, 13

> Ce passage de Luc ne cherche pas à nous dévaluer ou à nous inciter à garder la face contre terre. Jésus nous parle plutôt d’un homme qui se fait petit dans la prière, un homme qui ose proposer à Dieu la misère de son cœur pour qu’il puisse venir la transformer. Par son cri, il s’ouvre tout entier et se rend capable d’accueillir l’amour du Père et de se laisser pétrir par son souffle.

Cette semaine, n’ayons pas peur de nos fêlures, qu’elles deviennent source de notre prière et soient autant d’occasion de demander à Dieu son aide !

29e dimanche – C

« Je vous le déclare: il (Dieu) leur fera justice bien vite. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8)

> Ce verset conclut l’histoire de la veuve qui obtient du juge la justice, à force d’insister longuement auprès de lui. Et il est dit que Dieu, contrairement au juge, fera justice bien vite. Quel contraste entre le juge qui n’exauce la demande de la veuve que pour qu’elle cesse de lui casser les pieds et Dieu qui s’empresse de prendre soin de ceux qui crient vers lui. C’est une belle invitation à oser prier. Et prier, ce n’est pas seulement demander, c’est surtout entrer en relation avec Dieu, entrer en dialogue. Ainsi la relation tissée peut être source de réconfort et aider à tenir bon.

Ce verset fini par une question : le Fils de l’homme trouvera-t-il la foi sur la terre quand il viendra? Ainsi la prière n’est pas unidirectionnelle, mais elle est bien un échange qui va dans les deux sens. Prière et foi sont liées et se nourrissent l’une l’autre.

> Nous sommes donc invités cette semaine à oser la prière. A oser parler de tout avec Dieu et vivre la confiance d’être entendus au cœur de cet échange.

28e dimanche – C

« Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » – Lc 17,18

> « Merci », c’est un tout petit mot qu’on apprend à dire aux enfants dès qu’ils commencent à parler… Un tout petit mot qu’ils ont bizarrement du mal à prononcer spontanément. Et ce ne sont pas les seuls ! La reconnaissance, de nos jours, n’est pas la qualité première de nos contemporains, notamment dans le monde du travail. Dire « merci » à un collaborateur ou à un subordonné, ou même à son patron, c’est plutôt rare, et comme on dit, ce qui est rare est cher !

Jésus le fait remarquer ici, dans cette histoire de guérison pourtant demandée dans la foi (ils appellent Jésus « Maître ») par ces lépreux dont la maladie impliquait la mise au ban de la société. Sur les dix, un seul revient sur ses pas pour aller remercier Jésus ! Pas l’un des plus pieux, non, mais un étranger, un Samaritain, dont l’origine suffisait déjà à le mettre à part. Demander une faveur, c’est facile. Dire « s’il te plaît », un peu moins. Mais dire « merci » relève du défi, semble-t-il… Le Samaritain, par sa foi et son authentique conversion (il s’est retourné, il a donc dû « tourner son regard », changer de perspective), a trouvé nécessaire d’aller dire sa gratitude à celui qui l’avait guéri, reconnaissant en lui le Messie. C’est n’est qu’à lui que Jésus dit finalement « ta foi t’a sauvé. »

Et si nous allions dire merci à quelqu’un dont nous ne nous sentons pas plus proche que ça mais qui, quelque part, nous apporte quelque chose de plus grand qu’une présence, un service ou une nécessité ? Chaque jour peut être une occasion de dire à quelqu’un notre reconnaissance pour ce qu’il est ou fait de manière profonde et authentique. Et si c’était là un petit signe de Dieu ?!…

27e dimanche – C

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous aurait obéi. » (Luc 17, 5-6)

> Bien souvent, nous avons l’impression que nous croyons seulement un peu. Voire pas du tout, ça dépend des jours. C’est comme avec les marguerites : « je crois… un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout… » Bien souvent, nous avons l’impression que notre foi est toute petite, toute fragile, et que celle des autres semble bien plus forte, plus solide. « Aide-moi à croire, Seigneur ! » disait un catéchumène dans une prière. « Augmente en nous la foi ! » disaient les Apôtres au Seigneur.

Pourtant la réponse de Jésus le dit bien : pas besoin d’avoir une foi grosse comme une montagne, une petite foi grosse comme une graine de moutarde peut déjà suffire à faire des choses extraordinaires. Comme le disait un théologien, la foi peut réaliser l’impossible, non par sa propre force, mais parce qu’elle est confiance en la puissance agissante de Dieu. Au fond, la taille de la foi importe peu, ce qui compte c’est vivre pleinement la confiance en notre Sauveur.

« Impossible is nothing », disait une marque de sport. « Rien n’est impossible à Dieu » disait l’ange à Marie au début de l’Evangile de Saint Luc (1,37). La foi ne s’acquiert pas, elle est « confiance » en Lui qui peut tout. Alors cette semaine, nous sommes invités à prier avec confiance pour une situation autour de nous, pour un proche, pour un frère ou une sœur. Une prière qui peut être toute simple, comme une graine de moutarde, mais qui par la puissance agissante de Dieu, pourra faire des choses extraordinaires.