2e dimanche de Carême – Année A – 1e mars 2026

« Il fut transfiguré devant eux : son visage se mit à briller comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. »

(Matthieu 17.2)

> Les trois disciples qui l’accompagnent sur la montagne vivent ce que Jésus avait annoncé six jours plus tôt : « quelques-uns de ceux qui se tiennent ici ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant dans sa royauté. » (16.28) C’est bien ce qui se passe ici, le rayonnement du visage et la blancheur des vêtements expriment la gloire de Jésus, le Roi à venir, et qui d’une certaine manière est déjà là…

> Vient la nuée lumineuse et la voix du Père qui réitère l’identité de Jésus et le plaisir que le Père trouve en son Fils, suivi de l’appel à l’écouter. C’est maintenant que les disciples sont comme foudroyés, pris de crainte. Mais Jésus vient les toucher et les rassurer (voir aussi Apocalypse 1.17), il est toujours aussi humain qu’avant. Et il leur impose le silence jusqu’à ce qu’il soit ressuscité d’entre les morts.

> L’événement permet aux disciples non de comprendre tout ce qui suivra, mais d’être comme ancré dans la confiance que, quoiqu’il arrive, il ne faut pas perdre de vue ce Jésus, si humain, en qui ils fréquentent pourtant de si près la gloire de Dieu. Ils en auront bien besoin, au fur et à mesure que la croix approchera.

Pour nous qui nous situons au-delà de la Passion, confiants que notre Sauveur est vivant pour toujours, cet événement rappelle qu’une nouvelle venue du Fils de l’homme / de Dieu est à venir, quand le Roi non seulement viendra à la vue de tous, mais instaurera le Règne final, éternel !

Cette perspective peut-elle être rassurante dans les temps présents ? pourquoi ?
Peut-elle nous aider à rester fidèles au Roi ? comment ?

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir. Écoutez-le ! »

1e Dimanche de Carême – Année A – 22 février 2026

« Si tu es le Fils de Dieu… »
[…] « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes devant moi. »

(Mt 4, 3.6.9)

> Au baptême, Dieu avait parlé à l’indicatif : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Au désert, une autre voix se lève — et elle parle autrement. « SI tu es le Fils de Dieu… » Deux fois. Puis encore : « Tout cela, je te le donnerai, SI tu te prosternes devant moi. » Le même mot revient, comme un refrain discret : SI. Dieu affirme. Le diable conditionne. Il ne conteste pas ouvertement l’identité de Jésus ; il la met à l’épreuve. Il glisse le doute, puis il introduit le marchandage. D’abord : prouve qui tu es. Ensuite : gagne sans passer par le chemin du Père. Ce qui était donné gratuitement devient quelque chose à démontrer, puis à négocier.

> Cette petite syllabe traverse aussi nos semaines. « Si tu étais vraiment croyant… si tu étais vraiment à la hauteur… » Alors nous cherchons à prouver, à réussir, à convaincre — parfois même à faire des compromis pour obtenir plus vite ce que nous désirons. Pourtant, Dieu ne nous parle pas au conditionnel. Il dit : « Tu es mon fils, tu es ma fille. » Celui qui reçoit cette parole n’a rien à prouver et rien à vendre. En ce début de Carême, demandons la grâce de rester dans l’affirmation paisible de Dieu, sans entrer dans les marchés du doute. Que sa Parole nous suffise et nous garde fidèles. Amen.

6e Dimanche du temps ordinaire – A – 15 février 2026

«Jésus dit : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.»

(Matthieu 5, 17)

UNE MEILLEURE VISÉE

> Le XXème siècle a mis en lumière le nivellement par le bas, une manière de contourner les difficultés en ramenant tout au degré le plus bas. Pensez à la réforme du français dont les règles sont parfois (souvent) compliquées mais au fond très logiques ! Drôle de façon de régler un problème que de l’évacuer.

La Loi que Dieu a donnée à son peuple est une loi pour le libérer de l’esclavage de l’idolâtrie. Elle est exigeante, même dans son condensé titré les dix commandements. De manière sournoise, avec des airs de faux-semblants, nous cherchons à niveler par le bas les conseils de la Loi. L’obéissance, attendue par Dieu pour notre bien, nous la contournons. Il y a bien des façons de désobéir tout en se montrant obéissant. Par exemple. obéir à la lettre tout en négligeant l’esprit de la Loi.

>Jésus propose une meilleure visée : plus haut, qu’il introduit par une série de «mais moi, je vous dis…» aux exigences élevées.

>Toute personne (moi le premier) qui penserait que c’est impossible devrait se remémorer les paroles de Jérémie (31, 33) : «Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.» Haut les cœurs les amis !

« PS : Vous remarquerez peut-être une petite nouveauté sur nos images cette semaine… Notre logo fait peau neuve pour mieux illustrer notre mission : faire rayonner l’Évangile sur tous vos écrans ! »

5e Dimanche du temps ordinaire – A – 8 février 2026

« De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

(Matthieu 5,16)

> Nos dons, nos qualités, nos talents ne sont pas faits pour être cachés, exactement comme une lampe n’est pas faite pour être glissée sous un lit (sauf si l’on recherche un objet perdu en-dessous, évidemment !)

> Et pourtant ! Qu’est-ce qu’elle avait mauvaise presse, la personne qui mettait en avant ses dons, les mettait en lumière, les rendait visibles ! Pendant des siècles, on avait meilleur temps de ne surtout pas faire cela si l’on voulait passer pour un bon chrétien… Dès qu’une personne montrait ses talents, on la taxait d’égocentrisme. Cette fausse vision d’une humilité gommant toutes nos qualités n’est pas tout à fait guérie : aujourd’hui ce sont celles et ceux qui se montrent sur YouTube et les réseaux sociaux qui sont suspectés d’être de mauvais chrétiens « parce qu’on les voit trop ».

> Dieu ne nous demande pas d’être imbus de nous-mêmes. Mais il nous demande de mettre en lumière les qualités qu’il nous a données, pour qu’elles soient au service des autres, exactement comme la lumière éclaire celui qui en a besoin. Alors, sans vous croire des stars pour autant, « que votre lumière brille devant les hommes », c’est Jésus qui vous le demande.