Dimanche de la Trinité – A – 31 mai 2026

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie. »

(Jean 3, 16)

> Vous aimez le monde, vous??? Moi pas trop ces temps….

Que veut dire « le monde » ici? Le mot grec est « cosmos ». Il ne désigne pas seulement la planète, mais un ordre juste et beau, un ensemble bien accordé, comme un corps où chaque membre a sa place.

En d’autres termes: non pas seulement le monde tel que nous le voyons aujourd’hui – parfois abîmé, tordu, pollué et avili – mais le projet de Dieu pour nous, son intention bonne: un monde réconcilié, solidaire, vivant.

> Dieu aime ce monde-projet. C’est pour cela que le Christ est venu: pour que nous ne nous perdions pas dans nos peurs, nos questions, nos épreuves, mais que nous recevions la vie, dès maintenant.

> Alors, comment ce monde aimé de Dieu devient-il visible? Pas par la loi du plus fort, du plus performant, du plus malin. Il apparaît quand nous choisissons la loi de l’amour.

Là où l’amour est vécu, un autre monde se dessine déjà. C’est ce que la Bible appelle le Royaume de Dieu: la présence de Dieu en Jésus-Christ, au milieu de nous, par sa grâce.

> A nos pinceaux alors!

Dimanche de Pentecôte – A – 24 mai 2026

« La paix soit avec vous ! » (Jean 20,21)

> Lorsque Jésus ressuscité apparaît aux disciples, il leur souhaite la paix – ce qu’il n’a jamais dit auparavant.

> Inutile d’écrire de longs discours sur ce que nous révèlent les journaux et les télévisions en ce printemps 2026 : la paix paraît plus que jamais un bien fragile, sinon perdu.

> Qu’en ces temps troublés, plus que jamais, les Chrétiens soient des porteurs de paix, qu’ils la souhaitent pleinement, qu’elle soit semée dans les cœurs, à l’image du souhait de notre maître.

7e dimanche de Pâques – A – 17 mai 2026

« Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

(Jean 17, 11a)

> Nous sommes entre l’Ascension et la Pentecôte. Jésus retourne vers le Père, mais ses disciples, eux, demeurent dans le monde. Ce n’est pas un détail : c’est leur mission. Le Christ ne les retire pas des réalités humaines, des fragilités, des tensions ou des combats de ce monde ; il les y envoie pour y porter sa présence. Son départ n’est donc pas un abandon. Celui qui prie pour les siens promet aussi : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Être dans le monde, pour un disciple, ce n’est pas être livré à soi-même : c’est être confié au Père, accompagné par le Christ, porté par la mémoire de sa Résurrection et bientôt fortifié par l’Esprit Saint.

> Cette semaine, nous pouvons habiter ce temps d’attente avec confiance. Il y a parfois dans notre foi des moments où Dieu semble moins visible, moins sensible, moins évident. Pourtant, le Christ prie pour nous. Nous ne sommes pas orphelins. Comme les disciples entre l’Ascension et la Pentecôte, nous sommes invités à rester unis, à garder sa parole, à prier, et à attendre l’Esprit Saint avec un cœur ouvert. Que le Seigneur nous apprenne à reconnaître sa présence même lorsqu’elle se fait discrète, et qu’il prépare en nous la joie renouvelée de la Pentecôte. Amen.

6e Dimanche de Pâques – A – 10 mai 2026

« Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. »

(Jean 14, 18)

Qu’est-ce à dire ?

> Le Seigneur vient d’annoncer la venue de l’Esprit Saint. Le départ du Seigneur ne signifie pas que les disciples allait perdre une personne divine et qu’ils en recevraient une autre. Ce n’est pas la promesse d’une substitution qui exclurait la présence de Christ. Au contraire, quand le Consolateur est là, Christ n’est pas loin. Il nous fait éprouver la présence de Christ à nos côtés, C’est pourquoi le Seigneur ajoute : « vous me verrez » ; « vous vivrez » ; « vous connaîtrez ».

> La présence de Christ devient intérieure, permanente et vivante dans le croyant. La perception de Christ ne passe plus par la vue mais devient, par la foi, spirituelle. La vie même du Christ ressuscité devient la source de la vie du croyant. Il entre dans la connaissance vivante de son union avec Christ et de sa relation avec le Père. L’œuvre de l’Esprit consiste à révéler Christ, à le rendre précieux au cœur. Quelle heureuse nouvelle !

5e Dimanche de Pâques – A – 3 mai 2026

« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

(Jean 14, 6)

>Lorsque, comme Thomas, nous pensons avoir perdu nos repères, la voix du Seigneur nous rassure : « JE SUIS LE CHEMIN. »
Notre texte nous situe au soir du dernier repas, et il y a de quoi être bouleversé : Jésus vient de poser son geste d’un abaissement déroutant ; Judas sort dans la nuit pour le trahir, alors qu’à Pierre, il est prédit qu’il le renierait.
On est donc loin d’une paisible soirée d’adieux entre amis. Jésus s’en va vers sa Passion – qui ne sera pas la fin de tout, mais la plus belle perspective d’avenir : « Je pars vous préparer une place ; je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » Ce lieu où nous sommes avec lui, n’est-il pas déjà en nous ?
L’au-delà, non comme un ailleurs, mais inhérent à notre plus concret quotidien.
Le Chemin vient lui-même à nous, car le ciel est au-dedans de nous, disait Maurice Zundel.

> Quand cela me paraît terriblement abstrait, quand je m’imagine que Jésus nous a préparé une sorte d’EMS céleste, il me dit de croire, du moins à cause de ses œuvres.

> Et ses œuvres, où les voir, sinon dans le bien qui se fait par d’innombrables personnes souvent discrètes, ses amis qui mettent en pratique le commandement de l’amour.

> Alors, ma foi devient louange.