4e dimanche du Temps ordinaire – A – 29 janvier 2023

« Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. »

Matthieu 5, 1

SEPT, HUIT, NEUF…
> La plupart des dictionnaires déclarent que les vertus exaltées par le Christ, dans le Sermon sur la montagne, sont au nombre de huit. Le comptage n’est pas le fort des académiciens. La péricope contient neuf fois le mot Makarios traduit par Bienheureux. La première et la huitième béatitudes ont le même résultat : le royaume des cieux est aux pauvres en esprit et à ceux qui sont persécutés pour la justice. Si j’applique la règle mathématique de l’égalité, je ne compte donc que sept béatitudes. Plutôt que d’ergoter sur le nombre des béatitudes (Luc n’en cite que quatre), je vous renvoie à la pléthore de livres qui traite de ce sujet et je m’arrête sur le contexte du Sermon sur la montagne, cette première prédication de Jésus. Jésus voit, Jésus monte, Jésus s’assied. A première vue, quelle curieuse manière d’être pour enseigner ! La foule que Jésus voit lui donne-t-elle le désir de s’éloigner d’elle ou de trouver un lieu propice pour que sa voix porte ? Monter sur une colline n’est pas la solution à ce problème acoustique : tous les théâtres placent la scène en bas et les spectateurs sur une pente. S’assoir alors que l’on est entouré d’une foule revient à se cacher.

> L’attitude de Jésus a un objectif : nous attirer à Lui. Au milieu de la foule, Il te voit toi. Il monte pour te retirer de l’agitation du monde. Il s’assied afin que tu puisses t’approcher de Lui.Car, Jésus n’aime rien moins que d’avoir les siens près de Lui. Là, Il t’expliquera le sens des Béatitudes.

3e dimanche du Temps ordinaire – A – 22 janvier 2023

« Jésus les appela.»

(Mt 4,21)

> Dans ce récit bien connu, Jésus appelle des hommes simples à le suivre. Il leur adresse une nouvelle vocation. Il les appelle à laisser leurs filets (pour Simon et André), leur barque et leur père (pour Jean et Jacques), en somme à quitter leur train-train quotidien pour se mettre en route à sa suite avec confiance. Aujourd’hui encore, Jésus continue à appeler des hommes et des femmes à le suivre. Tous et toutes, il nous appelle. L’ai-je entendu, cet appel pour ma vie ?

> En ce début d’année, nous pouvons donc écouter, méditer, revisiter cet appel du Christ à le suivre qui nous est fait. Et avec confiance, se mettre en marche, à sa suite.

2e dimanche du Temps ordinaire – A – 15 janvier 2023

En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu ! »

Jean 1, 29

> « Voici l’agneau de Dieu ! » : rien qu’à voir passer Jésus, dans la foule de ce jour, Jean-Baptiste a cette révélation…Voilà une mission qui est encore celle des baptisés aujourd’hui : révéler à l’autre qui il est vraiment, révéler au monde ce que cet autre peut lui apporter, son caractère unique, ses charismes propres et aussi ce qui le transcende… sa parcelle d’étincelle divine et de grâce. Mais de manière paradoxale, la source de la connaissance de Jean-Baptiste est… la confession de non-savoir. « Et moi, je ne le connaissais pas… ».(v.31 et 33). En prononçant ces mots forts au sujet d’un cousin dont il est supposé être familier, Jean-Baptiste reconnaît que notre connaissance immédiate de l’autre ne suffit pas pour savoir qui il est vraiment. Ni les liens familiaux, ni les appartenances religieuses, ni les renseignements accumulés sur quelqu’un (sur Google !?) ne sont suffisants pour croire le connaître…

> Pour 2023, essayons d’annoncer le Christ EN tout homme ? Pour cela, nous aurons besoin que des « Jean-Baptiste » élèvent la voix avec nous, pour manifester la véritable dignité de ceux que personne ne remarque. Nous aurons besoin d’un regard qui discerne au-delà des apparences dans la posture humble de ne pas nous limiter à ce que nous croyons savoir des personnes que nous rencontrons. Je nous souhaite ce regard doux…comme celui d’un agneau !

L’Épiphanie du Seigneur – A – 8 janvier 2023

« Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.»

(Mt 2,11)

> Les savants – qui étaient certes mages mais pas forcément rois, redisons-le… – viennent de partout se prosterner devant l’enfant de la crèche. L’universalité du salut offert en Christ est d’abord et avant tout le message de l’Épiphanie : il n’y a plus un peuple élu, tous sont associés au même héritage.On sait la symbolique des trois cadeaux : l’or pour le roi des rois, l’encens pour le Dieu, la myrrhe qui annonce déjà la mort de Jésus, mais aussi l’or pour la charité avec laquelle exercer toute royauté, l’encens – parfum qui monte comme la prière dit un psaume – pour la foi en Dieu, la myrrhe pour l’espérance en la vie éternelle.

> Mais derrière cette fête, la galette, la fève, la couronne, les cadeaux (qui devrait être échangé ce jour-là plutôt que le 25 décembre), laissons-nous toucher par ces mages qui ont tout quitté pour aller se prosterner devant l’enfant-Jésus. Qu’allons-nous quitter, cette semaine, pour lui donner la première place ?