5e dimanche de Carême – Année A – 22 mars 2026

« Enlevez la pierre.»

(Jean 11, 39)

>Un Dieu rouleur de pierres, ouvreur de tombeaux?

Nos textes le suggèrent, soit Ézéchiel : “Je vais ouvrir vos tombeaux.” (37,12), soit l’Évangile, qui abonde d’ordres donnés dans ce sens: “Enlevez la pierre!” – ”Lazare, viens dehors !” – “ Déliez-le, et laissez-le aller!”

> En méditant l’histoire de Lazare aujourd’hui, nous pourrions traduire ces ordres par: “Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés !”

Car, les pierres à rouler, les tombeaux à ouvrir et les bandelettes à délier ne manquent pas dans nos vies.

Si, par le baptême, nous avons été plongés avec le Christ dans sa mort pour vivre de sa vie, notre chemin est néanmoins parsemé de “morts intermédiaires“, de failles et de chutes, dont il nous relève patiemment. Non pas par des apparitions , puisqu’elles ont pris fin avec son retour auprès du Père : désormais , c’est à nous, ses disciples, de prendre soin les uns des autres. Et c’est donc à nous de nous improviser rouleurs de pierres , ouvreurs de tombeaux délieurs de bandelettes quand le frère est en difficulté. Pas besoin de technique spéciale; une écoute, un mot de réconfort, une présence gratuite… et bien d’autres gestes permettront qu’ensemble, nous puissions avancer librement et pleins de confiance sur notre route pascale.

4e dimanche de Carême – Année A – 15 mars 2026

« Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »

(Jean 9, 21)

> Ces quelques mots sont tirés de la scène de l’aveugle-né à qui Jésus rend la vue. Les personnes qui retrouvent l’aveugle devenu voyant font preuve à leur tour d’un aveuglement sans bornes et ne croient pas son témoignage. Au point d’aller demander à ses parents s’il était bien aveugle de naissance. Les parents répondent : « Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »

> Combien de fois, dans nos vies, jasons-nous sur untel ou sur telle situation, combien de fois en parlons-nous à droite et à gauche mais en évitant soigneusement d’aller interroger la personne concernée ? « Interrogez-le… il est assez grand pour s’expliquer. »

> Et si nous prenions notre courage à deux mains pour aller trouver, cette semaine, une personne à qui l’on n’a jamais osé poser telle ou telle question ? Vous verrez, elle est assez grande pour s’expliquer… et ça vaut mieux que de parler dans son dos.

3e dimanche de Carême – Année A – 8 mars 2026

« Si tu savais le don de Dieu… »

(Jean 4, 10)

> Elle ne savait pas, cette Samaritaine, en partant au puits ce midi-là qu’elle allait rencontrer le Messie…
Elle ne savait pas qu’Il allait faire exploser tous les codes en lui parlant, en lui demandant à boire et en lui disant tout ce qu’elle avait fait, jusque dans les moindres détails de vie privée.
Elle ne savait pas qu’elle allait laisser en plan sa cruche, toute à sa joie d’avoir découvert une Source de connaissance aussi intime et profonde, de celles capables d’étancher la soif de vérité…

> Et toi: sais-tu le don de Dieu?
Si tu sais le don de Dieu, tu peux laisser aller tes faux semblants et puiser toi aussi à ce puits qui nous fait nous découvrir autrement.
Si tu sais le don de Dieu, tu peux dialoguer avec Sa Parole et y trouver cette Source promise qui jaillit jusque dans la vie éternelle.
Si tu sais le don de Dieu, tu peux le partager avec d’autres, comme un témoignage vibrant de sincérité et qui rayonne autour de toi.

Alors fais un bout de route avec d’autres!

Si on creuse vers cette Source à deux ou trois, ensemble, plus profondément… on saura!

2e dimanche de Carême – Année A – 1e mars 2026

« Il fut transfiguré devant eux : son visage se mit à briller comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. »

(Matthieu 17.2)

> Les trois disciples qui l’accompagnent sur la montagne vivent ce que Jésus avait annoncé six jours plus tôt : « quelques-uns de ceux qui se tiennent ici ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant dans sa royauté. » (16.28) C’est bien ce qui se passe ici, le rayonnement du visage et la blancheur des vêtements expriment la gloire de Jésus, le Roi à venir, et qui d’une certaine manière est déjà là…

> Vient la nuée lumineuse et la voix du Père qui réitère l’identité de Jésus et le plaisir que le Père trouve en son Fils, suivi de l’appel à l’écouter. C’est maintenant que les disciples sont comme foudroyés, pris de crainte. Mais Jésus vient les toucher et les rassurer (voir aussi Apocalypse 1.17), il est toujours aussi humain qu’avant. Et il leur impose le silence jusqu’à ce qu’il soit ressuscité d’entre les morts.

> L’événement permet aux disciples non de comprendre tout ce qui suivra, mais d’être comme ancré dans la confiance que, quoiqu’il arrive, il ne faut pas perdre de vue ce Jésus, si humain, en qui ils fréquentent pourtant de si près la gloire de Dieu. Ils en auront bien besoin, au fur et à mesure que la croix approchera.

Pour nous qui nous situons au-delà de la Passion, confiants que notre Sauveur est vivant pour toujours, cet événement rappelle qu’une nouvelle venue du Fils de l’homme / de Dieu est à venir, quand le Roi non seulement viendra à la vue de tous, mais instaurera le Règne final, éternel !

Cette perspective peut-elle être rassurante dans les temps présents ? pourquoi ?
Peut-elle nous aider à rester fidèles au Roi ? comment ?

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir. Écoutez-le ! »

1e Dimanche de Carême – Année A – 22 février 2026

« Si tu es le Fils de Dieu… »
[…] « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes devant moi. »

(Mt 4, 3.6.9)

> Au baptême, Dieu avait parlé à l’indicatif : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Au désert, une autre voix se lève — et elle parle autrement. « SI tu es le Fils de Dieu… » Deux fois. Puis encore : « Tout cela, je te le donnerai, SI tu te prosternes devant moi. » Le même mot revient, comme un refrain discret : SI. Dieu affirme. Le diable conditionne. Il ne conteste pas ouvertement l’identité de Jésus ; il la met à l’épreuve. Il glisse le doute, puis il introduit le marchandage. D’abord : prouve qui tu es. Ensuite : gagne sans passer par le chemin du Père. Ce qui était donné gratuitement devient quelque chose à démontrer, puis à négocier.

> Cette petite syllabe traverse aussi nos semaines. « Si tu étais vraiment croyant… si tu étais vraiment à la hauteur… » Alors nous cherchons à prouver, à réussir, à convaincre — parfois même à faire des compromis pour obtenir plus vite ce que nous désirons. Pourtant, Dieu ne nous parle pas au conditionnel. Il dit : « Tu es mon fils, tu es ma fille. » Celui qui reçoit cette parole n’a rien à prouver et rien à vendre. En ce début de Carême, demandons la grâce de rester dans l’affirmation paisible de Dieu, sans entrer dans les marchés du doute. Que sa Parole nous suffise et nous garde fidèles. Amen.

Dimanche des Rameaux et de la Passion – C – 13 avril 2025

« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ».

(Luc 19,38)

> Oui, il est le Béni par excellence, celui qui suscite une telle liesse à son passage, joie pourtant éphémère. Les disciples qui acclament Jésus pour ses miracles ne se doutent pas que dans très peu de jours, une foule ameutée, celle-là, criera : « Crucifie-le ! »
Comment vont-ils se positionner alors ? Parmi ses apôtres, l’un le livrera, l’autre le reniera, beaucoup s’enfuiront. II leur faudra traverser la nuit totale et s’enfermer dans la peur avant de recevoir la Force d’en-haut promise par Jésus et oser témoigner au grand jour.
> En entrant dans la Semaine Sainte, nous autres, baptisés, confirmés, renouvelons notre détermination à suivre le Christ, à être “de Lui“, malgré le risque d’être tenus pour des naïfs un peu retardés ; faisons-nous proches de nos frères et sœurs qui subissent une réelle persécution parce qu’ils n’adorent pas leurs leaders ivres de pouvoir, mais leur Seigneur crucifié.

5e dimanche de Carême – C – 6 avril 2025

« Moi non plus je ne te condamne pas. »

(Jean 8:11)
Image: Arcabas

>On la connaît cette histoire de la femme adultère et on en occulte parfois la violence et à quel point elle sert de prélude à la Passion. Les pharisiens font tout pour coincer Jesus! Lui se tait et dessine dans le sable, il temporise pour laisser à chacun des hommes présents le temps de rentrer en lui-même et de s’examiner.
> Chaque fois que j’ai envie de juger, je suis renvoyé à ma propre vie, avec une parole qui me met d’abord face à moi-même. Et si ce sont les plus âgés qui quittent d’abord la foule, c’est parce que leur expérience de vie est suffisamment dense pour savoir qu’il y a bien assez de côtés sombres en nous pour regarder d’abord à nos erreurs et non à celles des autres…
>Et si ce « Moi non plus, je ne te condamne pas », était comme un avant-goût du pardon ? Et si ce « Va » était le vrai salut pour une femme qui repart avec sa vie sauvée deux fois: de la mort et de l’accablement de la faute. Je le prends pour moi ce « va! », comme un envoi: comment puis- je parler de mes libérations?

2e dimanche de Carême – C – 16 mars 2025

Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » (Luc 9,35)

(Luc 9,35)

> Nous avons tous, peu ou prou, une autre phrase en tête : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… », phrase que les deux autres évangiles synoptiques font dire au Père dans la nuée. Luc est le seul à parler de « Fils que j’ai choisi » (en réalité de « Fils élu » si l’on s’en tient au grec). Au sortir d’une semaine d’élection au plus haut niveau du pays, en Suisse, reconnaissons que le vocabulaire de l’ « élu » n’est pas forcément notre tasse de thé. Celui du « peuple élu » autant que celui de « l’élu providentiel » d’ailleurs.

> La fine pointe de la compréhension se trouve dans les deux points qui séparent « que j’ai choisi » et « écoutez-le ». C’est parce que le Père l’a choisi qu’il nous faut écouter et suivre le Fils, assurément. Le regard est à porter davantage sur « écoutez-le » que sur l’élection.

> En ce temps de Carême, relisons les paroles du Christ à travers les Evangiles et essayons de l’écouter non seulement avec les oreilles mais surtout avec le cœur.

1er dimanche de Carême – C – 9 mars 2025

« Après son baptême, Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert. »

(Luc 4,1)

> Encore dans la joie de la voix du Père, l’appelant Fils bien aimé, Jésus, toujours sous la conduite de l’Esprit, se rend au désert. Lieu biblique par excellence de la rencontre avec Dieu. C’est là qu’il jeûne et prie son Père « dans le secret. »
Mais, il en a un qui est jaloux de ce bonheur filial. Au moment où Jésus est fragilisé par la faim, le Diviseur s’approche et essaie de le faire douter : « SI tu es le Fils de Dieu… ». “Si “, le mot de trop ! La suite du récit nous donne en Jésus le modèle du comportement filial. Sans entrer discussion, il s’appuie sur la Parole de Dieu seule.
> Cet Evangile assez étrange est bel et bien écrit pour nous. Jésus nous apprend à garder en toute situation le lien avec notre Dieu et Père. Sommes-nous troublés, tentés, désécurisés dans notre foi ? Ouvrons l’Evangile. Ne nous noyons pas dans un brainstorming personnel, mais prenons appui sur la Parole d’un Autre : notre Dieu.  Et nous retrouverons la terre ferme.

Dimanche des Rameaux – B – 24 mars 2024

« On essaya de l’arrêter. Mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu. »

(Marc 14, 51-52)

> Dans ce passage de la Passion du Seigneur, un jeune homme suit Jésus, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap. Lorsqu’on essaie de l’arrêter, il lâche le drap et s’enfuit tout nu. Cette image de l’homme nu pourrait symboliser la honte que pouvait ressentir ce jeune homme, il a eu peur d’affirmer sa foi face à ceux qui cherchent à arrêter Jésus – en on peut le comprendre ! Dans le récit de la Passion de ce dimanche, Jésus est arrêté et abandonné par ses disciples, il est seul face à ses accusateurs. Mais il accepte de faire la volonté de son Père et de se sacrifier pour le salut de tous les hommes.

> Cette semaine, souvenons-nous que nous pouvons parfois nous sentir vulnérables face aux épreuves et aux tentations que nous rencontrons dans l’affirmation de notre foi, en particulier dans une société qui semble de plus en plus jugeante et méfiante envers les religions. Dans ces moments-là, n’ayons pas peur de nous tourner vers Jésus, qui a lui-même connu la souffrance et l’abandon – raison de plus pour nous de tenir bon, de rester fidèles et de prier avec persévérance. Prions également pour ceux qui sont persécutés pour leur foi dans le monde entier. Le Seigneur nous bénisse et encourage dans notre fidélité à Jésus. Soyons fiers de proclamer notre foi en lui, et prêts à témoigner de son amour dans notre vie quotidienne, même si cela peut être difficile. Amen