3e dimanche de Pâques – A – 19 avril 2026

«Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux.»

(Luc 24.31)

> Comme je les aime ces disciples qui sont arrivés à Emmaüs!!
Après avoir promené leur chagrin avec cet étranger et avoir pu déverser leurs regrets, leurs sentiments d’injustice et leur tristesse, les voilà attablés avec lui.
On imagine aisément combien la fraction du pain est le moment-clef de leur journée, celui qui leur permet de la relire avec les yeux du cœur et de goûter a posteriori la saveur des Écritures que l’étranger leur a si bien expliquées.
Et voilà que, ô surprise, il disparaît de leurs yeux, insaisissable ami de toujours qui s’envole à nouveau vers d’autres apparitions!!

>La chaise basculée dans le tableau d’Arcabas évoque bien qu’on ne peut jamais s’asseoir sur ses lauriers avec Jésus!! Toujours invité.es à se remettre en route dans la quête de sa Présence et du bon goût que prend grâce à Lui la communion au Verbe, ainsi qu’au pain et au vin que nous tenons de Lui…
Dans ce temps d’après Pâques, me souvenir de chercher ces instants de communion, de les chérir et de les proposer à d’autres, car le bonheur double s’il est partagé!!

« Nous avons marché ensemble vers Emmaüs
et nous croyons que tu es le pèlerin invisible parmi nous.
Toi, le Ressuscité, tu nous ouvres les uns aux autres
et tu fais monter en nous une joie et une force nouvelles.
Désormais dans nos Emmaüs de chaque jour,
nous ne voulons plus marcher sans toi
mais en tout, suivre le chemin que tu nous as tracé.
Chemin de justice et de paix, de vérité et de fidélité,
chemin qui nous conduit vers le Père et vers le cœur de chacun. »

(Prière de Martin Hoegger)

Dimanche du CHRIST-ROI – C – 23 novembre 2025

« N’as-tu donc aucune crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos actes ; mais celui-ci n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume. »

(Luc 23.40-42)

> En venant dans le monde, le Fils de Dieu s’est abaissé pour se mettre à notre hauteur. C’est à la croix que nous le rencontrons face-à-face, tels les deux criminels crucifiés avec lui.

> L’un des deux se laisse entraîner par la moquerie des chefs religieux et des soldats. Il insulte Jésus, s’enfonçant ainsi plus profondément dans sa perdition.

> L’autre, dans la même situation de dénuement et de souffrance terribles, fait preuve d’un discernement incroyable : il reconnaît l’autorité de Dieu dans ce qui se passe ; il reconnaît sa culpabilité quant à sa condamnation – une manière de faire pénitence ; il reconnaît l’innocence de Jésus ; il reconnaît enfin que Jésus est Roi, et que ce Roi instaurera un jour son royaume dont il aimerait faire partie !

> Jésus-Christ, qui n’a pas connu le péché mais que Dieu a fait pour nous péché afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu (2 Corinthiens 5.21), accueille l’homme repentant et lui promet une bonheur plus proche encore que ce qu’il aurait pu imaginer : « Amen, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » (Luc 23.43)

C’est à la croix que le Christ-Roi me rencontre face-à-face, et dans un cœur-à-cœur il me dit :

  • Je me suis abaissé pour me mettre à ta hauteur.
  • Ici, à la croix, j’ai pris sur moi tes péchés, ta culpabilité et ta honte.
  • Tu peux, comme celui sur un côté, te détourner de moi et rester avec ton fardeau.
  • Tu peux, comme celui sur l’autre côté, reconnaître ton fardeau, et le déposer à mes pieds.
  • Ceux qui m’accueillent ainsi comme Roi et me suivent, ne marcheront plus dans les ténèbres, mais ils auront la lumière de la vie. (Jean 8.12)
  • Comment lui réponds-tu ?

Et si tout ceci t’est déjà bien connu, prie pour ceux qui, autour de toi, l’ignorent encore.

33e dimanche du temps ordinaire – année C – 16 novembre 2025

« Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. » Lc 21,13-14

> Il s’agit d’être témoins et non pas avocats de la défense, voilà ce que Jésus essaie de nous dire.  

> Pourtant, quand on me demande ma religion, ne suis-je pas assez systématiquement et immédiatement sur la défensive ? Voire dans des explications abracadabrantesques, du genre : « Je suis chrétien, mais réformé / catholique, en fait j’ai été baptisé dans telle confession mais j’ai changé ensuite après mon mariage mixte… » Quand ce n’est pas le célébrissime « je suis croyant mais non-pratiquant », comme si on pouvait être skieur non-pratiquant, musicien non-pratiquant ou francophone non-pratiquant.

> La pratique, c’est d’abord le témoignage. Pas besoin de se défendre de quoi que ce soit, alors : « Ma religion ? C’est celle du Christ. Dont je rends témoignage en essayant – à ma toute petite échelle – de passer sur cette terre en répandant le bien autour de moi. »

29e dimanche du Temps Ordinaire – C – 19 octobre 2025

« Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra,

trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Luc 18.8

La parabole dite du juge inique se termine par une question : à son retour, Jésus trouvera-t-il la foi sur terre ?

Jésus vient bientôt. La question nous concerne donc au premier chef : avons-nous la foi ?

S’il y a bien quelqu’un qui peut la trouver, c’est Dieu, car il crée tout et sait où la chercher ; pourtant, elle est si rare que même lui, dont les yeux peuvent détecter la foi aussi petite qu’un grain de sénevé, a du mal à la trouver. Il y a trop peu de foi véritable dans le monde. Triste constat : combien nous faisons peu confiance à notre Dieu ! Avons-nous oublié qu’un grain de sénevé de foi déplace des montagnes ?

Souvenons-nous de l’instante prière des apôtres conscients de leur état. Que leur prière devienne la nôtre : Seigneur, augmente-nous la foi. (Luc 17, 5).

28e dimanche du Temps Ordinaire – C – 12 octobre 2025

« L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à pleine voix. Il tomba face contre terre aux pieds de Jésus et lui rendit grâce. C’était un Samaritain. »

Luc 17.15-16

> En bordure d’un village, dans une zone située entre deux régions aux populations hostiles l’une envers l’autre, Jésus se fait approcher par une « communauté de destin » bien particulière, car ses membres sont unis par une maladie infectieuse qui les met au ban de la société. Alors que Samaritains et Galiléens s’évitent pour des raisons religieuses, le groupe semble bien inclure des représentants des deux populations. C’est un peu comme si lors d’une hospitalisation en chambre commune, vous vous trouviez avec des personnes qui se situent à des endroits différents du vôtre, que ce soit par rapport à leur métier, leur idéologie, leur allégeance politique, ou encore leur spiritualité. Il est d’ailleurs possible que les dix malades ne soient ensemble que temporairement, le temps de venir demander la guérison à celui qui peut les restaurer dans leur santé.

> Trois observations :

La parole d’envoi vers les prêtres, chargés par la Loi de constater la guérison de la lèpre, était du même coup une parole de guérison efficace, dans la mesure où les malades y donnèrent suite – ce qu’ils firent tous.

Comme d’habitude, le but des miracles que Jésus accomplit est de manifester que le règne de Dieu est arrivé avec lui (voir Luc 17.20-21), et c’est le fait de reconnaître qu’il est l’envoyé et le représentant de Dieu qui apporte, au-delà de la guérison physique, un salut plus grand (17.19).

Enfin, à tous ceux qui vivent de la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ, cet épisode rappelle que l’action de grâce est une dimension essentielle de notre relation avec Dieu.

Quel contraste entre l’appel initial à la compassion des dix et la glorification à pleine voix du Samaritain qui exprime sa gratitude. Le psychothérapeute suisse Manfred Engeli a dit : « C’est par la reconnaissance que nous arrosons ce que Dieu a planté. » Nous en avons une belle illustration ici.

Pour quoi et pour qui pouvez-vous dire « Merci » à Dieu aujourd’hui ?

Dans ces jours qui viennent, cherchez à cultiver une attitude de gratitude. Il ne s’agit pas d’inventer des choses ou d’appeler « bien » ce qui ne l’est pas. Mais de discerner des petites ou grandes étincelles de la grâce de Dieu, et de l’en remercier !

27e dimanche du Temps Ordinaire – C – 5 octobre 2025

« De même vous aussi, quand vous avez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir »

(Luc 17, 10)

> Les disciples demandent à Jésus : « Augmente en nous la foi ! »

Comme s’ils sentaient que ce qui leur est demandé dépasse leurs forces. Jésus ne leur donne pas une formule magique. Il répond en parlant d’un service humble, celui d’un serviteur qui, après une journée de travail, continue encore à servir, sans attendre de récompense particulière.

Ce passage peut sembler sévère. Mais il révèle une chose essentielle : la foi véritable ne se mesure pas à des exploits spirituels, mais à la capacité d’aimer et de servir sans condition, sans attente de retour. Une foi vivante se reconnaît à sa capacité à traverser le quotidien, à se faire proche, à s’engager dans l’ordinaire.

> Ce texte trouve un écho profond dans la vie des proches aidants : ceux et celles qui accompagnent un parent malade, un conjoint affaibli, un enfant en difficulté. Leur mission est souvent silencieuse, continue, sans horaires fixes. Ils donnent sans compter, soutiennent sans relâche, souvent sans reconnaissance visible.

Comme le serviteur de la parabole, ils pourraient dire : « Nous n’avons fait que notre devoir. » Mais ce « devoir » n’est pas banal : il est tissé de fidélité, de tendresse, de courage quotidien. Il est une forme d’amour incarné, patient, persévérant.

Le 30 octobre, ce sera la journée des proches aidants : dans leurs mains, dans leurs gestes, dans leur présence, c’est l’Évangile qui se fait chair.

Seigneur Jésus,
Toi qui t’es fait serviteur,
regarde avec tendresse ceux qui, jour après jour,
prennent soin d’un être cher dans la fragilité.
Donne-leur la force quand ils sont fatigués,
la paix quand ils se sentent seuls,
et la lumière quand ils ne voient plus le sens.
Qu’ils sachent qu’à travers leur fidélité,
c’est ton amour qui agit, silencieux mais puissant.
Soutiens-les dans leur mission cachée,
et rappelle-leur que tu es avec eux,
chaque jour, dans chaque geste.

26e dimanche du Temps Ordinaire – C – 28 septembre 2025

« Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. »

(Luc 16, 22)
(photo : Abbaye Saint-Pierre de Moissac, Tarn-et-Garonne.)
(photo : Abbaye Saint-Pierre de Moissac, Tarn-et-Garonne.)

> Que dire, en quelques lignes, d’un texte aussi riche et complexe ? Car, non, il ne s’agit pas d’un traité de justice sociale. La parabole nous met devant l’unique fait incontournable de nos existences.

Que l’on ait vécu dans le lin et la pourpre, ou couvert d’ulcères, mendiant à la porte des autres, personne n’échappe à cet ultime moment de vérité : la mort qui fixe l’homme définitivement dans ses choix. C’est donc avant qu’il aurait dû ouvrir les yeux. Et, quand, depuis le séjour des morts, il lève enfin les yeux et voit Lazare dans le sein d’Abraham, l’abîme qui les sépare est désormais infranchissable. Il lui aurait fallu non seulement ouvrir les yeux, mais aussi le portail de sa maison, alors qu’il était encore temps. Même s’il essaie de se rattraper en voulant aider ses frères, les jeux sont faits : “Rien ne va plus. “ Eux, « ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! »

> Ainsi, par cette parabole – unique à Luc – Jésus ne nous incite pas d’abord aux œuvres de miséricorde. C’est sa miséricorde qu’il met à l’œuvre pour nous, afin de nous rappeler que c’est maintenant ou jamais qu’il s’agit de conformer notre vie à sa Parole. N’attendons pas des messages de revenants, ouvrons l’Evangile, traité de justice sociale, si l’on veut, mais bien plus : Parole qui donne vie, qui nous apprend à servir la vie.

25e dimanche du Temps Ordinaire – C – 21 septembre 2025

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent… »

Lc 16,13

> « Rien n’est trop beau pour Dieu » me disait encore récemment un défenseur des belles dentelles et des calices en or massif. Je lui ai rappelé cette phrase de l’Evangile.

> Le contexte est pourtant délicat car Jésus dit cette phrase après avoir raconté la parabole de l’intendant qui ruse avec l’argent. Comment comprendre que Jésus nous invite à être rusé, parfois, avec l’argent ? L’argent n’est qu’un moyen, qui passe. On pourrait reformuler légèrement notre verset en affirmant : « Vous pouvez VOUS SERVIR de l’argent, mais jamais VOUS SERVIR de Dieu. »> La question, à méditer dans nos vies, devient alors celle-ci : est-ce que je me sers de l’argent… ou est-ce que je suis au service de l’argent ? Est-ce que je me sers de Dieu ou est-ce que je suis à son service ? Voilà, je crois, un chemin de réflexion pour notre semaine.

23e dimanche du Temps Ordinaire – C – 7 septembre 2025

« Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

(Luc 14, 33)

PRIORITÉ

> Les « prestations » de Jésus ont fait de Lui l’homme du moment et beaucoup le suivent. Voilà que Jésus s’arrête, se retourne et il pose le cadre de la marche avec Lui. Ses propos sont sans appel : renoncer à tout pour être disciple. Renoncer c’est choisir, c’est établir des priorités. Or, Dieu devrait être la priorité absolue de ses disciples. Choisir Dieu, c’est choisir la vie. C’est d’ailleurs son conseil : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance (Deutéronome 30, 19).

> Pour aider dans ce choix, gardons à l’esprit que Dieu a formé pour nous des projets de paix et non de malheur afin de nous donner un avenir et une espérance (Jérémie 29, 11). N’oublions pas surtout que Dieu nous a choisi dès avant la fondation du monde et que nous sommes sa priorité absolue, même si nous ne le voyons pas toujours.

22e dimanche du Temps Ordinaire – Année C – 31 août 2025

« Mais lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place… En effet, quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »

(Luc 14.10a, 11b)
(Illustration : Pieter Brueghel l’Ancien – Le repas de Noces)

> Je suis invité à m’asseoir à table lors du grand festin à venir, quand le Royaume sera là dans sa plénitude (Luc 14.15), après la résurrection des morts (Luc 14.14), avec tous ceux qui suivent Jésus fidèlement dans le présent.
Si j’ai répondu à son appel, en tant qu’enfant du Père céleste parmi d’autres de ses enfants, je peux tranquillement m’asseoir « à la dernière place ». Là où l’amour-don-de-soi est le mot d’ordre, nous apprenons à nous libérer des ambitions et jalousies qui règnent facilement parmi nous autres humains – vous connaissez ?
À « la dernière place » on est assis dans l’assurance de notre identité d’enfant de Dieu, d’où on peut chercher à aimer et servir nos proches, nos frères et sœurs dans la foi, notre voisin qui peut-être ne connaît pas encore Dieu, mais est aussi appelé à la table du grand festin à venir.

« La dernière place » est un bon endroit pour repérer ceux qui n’ont pas encore reçu cette invitation, y compris les estropiés, les aveugles et les infirmes (Luc 14.21), pour la leur transmettre, en n’oubliant pas que ceux de la classe moyenne et les riches sont également invités. Plus facile à dire qu’à faire ?

« La dernière place », c’est celle qu’a choisi le Fils de Dieu, en s’abaissant et devenant serviteur, jusqu’à la mort à la croix (Philippiens 2.4-8).

> Dans ces jours qui viennent, situez-vous de manière conséquente à « la dernière place », et

  • repérez ceux qui n’ont pas encore reçu d’invitation au repas, pour la leur offrir
  • réjouissez-vous des dons, talents et succès de vos frères et sœurs dans la foi

Tout ceci dans l’attente joyeuse du grand festin du Royaume qui vient !