Fête-Dieu – A – 7 juin 2026

Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?

(Jean 6, 52)

«  Des paroles indigestes pour une nourriture éternelle ! »

Vous est-il déjà arrivé de vous trouver devant quelqu’un qui fait preuve de mauvaise foi ? Qui a décidé que vous n’êtes pas digne de confiance voire méchant, aveuglé par un préjugé ou un autre angle mort dans son regard sur vous ?
Vous avez beau essayer par tous les moyens de la faire changer de regard, la personne vous a classé, et rien ne semble pouvoir le changer…

> Depuis tôt dans son ministère, Jésus s’est trouvé non pas devant une seule personne de ce genre, mais face à tout un groupe d’entre les responsables juifs. Prisonniers de leur perception de Jésus comme un concurrent de leur autorité religieuse, ils finiront par le faire exécuter de manière on ne peut plus injuste.

> Face à cette obstination, Jésus avance des paroles de plus en plus indigestes. Dans le contexte juif de l’époque, et à la lumière de la Loi, « manger la chair » et « boire le sang » de quelqu’un est tout simplement impensable et serait d’une impiété sans égale. C’est pourtant le menu que Jésus leur offre, en toute conscience que ces propos sont indigestes et inacceptables. Pas étonnant que ses contestataires sont de plus en plus perdus, y compris de nombreux disciples (6.60-66).

> Plus en profondeur, Jésus se présente pourtant comme la source de la vie éternelle : « C’est moi qui suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui met sa foi en moi n’aura jamais soif. » (6.35) Et : « La volonté de mon Père, en effet, c’est que quiconque voit le Fils et met sa foi en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le relèverai au dernier jour. » (6.40) Nulle part ailleurs Jésus n’insiste si fortement sur le cadeau de la vie éternelle et la certitude de la résurrection pour ceux qui croient en lui. Pourtant, à la fin du chapitre beaucoup l’abandonnent.

Nous connaissons tous des personnes qui nous sont précieuses mais qui restent fermées à l’Évangile. Reprenons courage. La puissance et la beauté du salut offert en Jésus-Christ valent bien que nous en rendions témoignage jusqu’à notre dernier souffle !

Dimanche de la Trinité – A – 31 mai 2026

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie. »

(Jean 3, 16)

> Vous aimez le monde, vous??? Moi pas trop ces temps….

Que veut dire « le monde » ici? Le mot grec est « cosmos ». Il ne désigne pas seulement la planète, mais un ordre juste et beau, un ensemble bien accordé, comme un corps où chaque membre a sa place.

En d’autres termes: non pas seulement le monde tel que nous le voyons aujourd’hui – parfois abîmé, tordu, pollué et avili – mais le projet de Dieu pour nous, son intention bonne: un monde réconcilié, solidaire, vivant.

> Dieu aime ce monde-projet. C’est pour cela que le Christ est venu: pour que nous ne nous perdions pas dans nos peurs, nos questions, nos épreuves, mais que nous recevions la vie, dès maintenant.

> Alors, comment ce monde aimé de Dieu devient-il visible? Pas par la loi du plus fort, du plus performant, du plus malin. Il apparaît quand nous choisissons la loi de l’amour.

Là où l’amour est vécu, un autre monde se dessine déjà. C’est ce que la Bible appelle le Royaume de Dieu: la présence de Dieu en Jésus-Christ, au milieu de nous, par sa grâce.

> A nos pinceaux alors!

Dimanche de Pentecôte – A – 24 mai 2026

« La paix soit avec vous ! » (Jean 20,21)

> Lorsque Jésus ressuscité apparaît aux disciples, il leur souhaite la paix – ce qu’il n’a jamais dit auparavant.

> Inutile d’écrire de longs discours sur ce que nous révèlent les journaux et les télévisions en ce printemps 2026 : la paix paraît plus que jamais un bien fragile, sinon perdu.

> Qu’en ces temps troublés, plus que jamais, les Chrétiens soient des porteurs de paix, qu’ils la souhaitent pleinement, qu’elle soit semée dans les cœurs, à l’image du souhait de notre maître.

Veillée Pascale – A – 4 avril 2026

« Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. »

(Matthieu 28, 6)

> À l’aube, les femmes marchent vers le tombeau pour clore une histoire douloureuse. Elles s’attendent au silence de la mort, mais elles trouvent une pierre roulée : non pas pour laisser sortir Jésus, mais pour les laisser entrer, elles, dans la lumière de la Résurrection. L’ange leur annonce alors l’incroyable : « Il n’est pas ici ». Ce vide n’est pas une absence, c’est une victoire. En ajoutant « comme il l’avait dit », l’ange rappelle que la foi ne repose pas sur un coup de théâtre, mais sur la fidélité absolue de Dieu à sa parole.

> Cette nuit, laissons-nous surprendre. Combien de fois restons-nous figés devant nos propres « tombeaux », nos échecs ou nos deuils, en pensant que tout est fini ? L’ange nous redit : « Ne cherche pas le Vivant chez les morts ». Ne laissons pas nos peurs murer notre horizon. Le Christ nous précède déjà en Galilée, c’est-à-dire au cœur de nos vies quotidiennes, là où tout peut recommencer. Que la joie de Pâques nous remette en route : l’Amour a eu le dernier mot. Joyeuses Pâques !

Dimanche du Baptême du Seigneur – Année A – 11 janvier 2026

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

(Matthieu 3,17)
(Image : Qasr el Yahud, sur les rives du Jourdain, l’un des lieux traditionnellement associés au baptême de Jésus.)

> Le Jourdain n’a rien d’un fleuve majestueux. C’est une rivière étroite, aux eaux parfois troubles, que Jésus choisit pourtant pour s’y plonger. Il ne fait pas semblant : il descend vraiment. Lui, le Fils, entre dans les eaux comme un homme parmi les hommes, comme s’il voulait rejoindre ce qui est lourd, opaque, enfoui. Et soudain, les cieux s’ouvrent. Le Père parle. Non pour glorifier, mais pour aimer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » Une parole qui dit la dignité reçue, l’appartenance profonde, la joie d’un lien que rien ne peut briser.

> Il y a des semaines où les mots semblent trop fragiles, où même les silences ont du poids. Le drame de Crans-Montana, en cette nuit de fête devenue nuit de deuil, a laissé notre pays sous le choc. D’autres, ailleurs, portent aussi des pertes lourdes, des blessures profondes, des silences qui crient. Et pourtant, l’Évangile ose encore une parole : non pour effacer la peine, mais pour la traverser. Ce n’est pas parce que tout va bien que cette parole résonne. C’est parce que Dieu s’y engage. Et au cœur même des eaux sombres, une voix continue de nous rappeler : « Tu es mon enfant bien-aimé. » Que cette parole soit pour nous, en ces jours, un abri et une force. Qu’elle ravive en nous la confiance que, même là où l’on ne voit plus clair, l’Esprit descend encore, discret comme une colombe. Et que ce souffle nous relève. Amen.

> Toute l’équipe des rédacteurs de L’Évangile à l’écran est en communion de prière avec celles et ceux qui, cette semaine, traversent l’épreuve.

Dimanche du CHRIST-ROI – C – 23 novembre 2025

« N’as-tu donc aucune crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos actes ; mais celui-ci n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume. »

(Luc 23.40-42)

> En venant dans le monde, le Fils de Dieu s’est abaissé pour se mettre à notre hauteur. C’est à la croix que nous le rencontrons face-à-face, tels les deux criminels crucifiés avec lui.

> L’un des deux se laisse entraîner par la moquerie des chefs religieux et des soldats. Il insulte Jésus, s’enfonçant ainsi plus profondément dans sa perdition.

> L’autre, dans la même situation de dénuement et de souffrance terribles, fait preuve d’un discernement incroyable : il reconnaît l’autorité de Dieu dans ce qui se passe ; il reconnaît sa culpabilité quant à sa condamnation – une manière de faire pénitence ; il reconnaît l’innocence de Jésus ; il reconnaît enfin que Jésus est Roi, et que ce Roi instaurera un jour son royaume dont il aimerait faire partie !

> Jésus-Christ, qui n’a pas connu le péché mais que Dieu a fait pour nous péché afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu (2 Corinthiens 5.21), accueille l’homme repentant et lui promet une bonheur plus proche encore que ce qu’il aurait pu imaginer : « Amen, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » (Luc 23.43)

C’est à la croix que le Christ-Roi me rencontre face-à-face, et dans un cœur-à-cœur il me dit :

  • Je me suis abaissé pour me mettre à ta hauteur.
  • Ici, à la croix, j’ai pris sur moi tes péchés, ta culpabilité et ta honte.
  • Tu peux, comme celui sur un côté, te détourner de moi et rester avec ton fardeau.
  • Tu peux, comme celui sur l’autre côté, reconnaître ton fardeau, et le déposer à mes pieds.
  • Ceux qui m’accueillent ainsi comme Roi et me suivent, ne marcheront plus dans les ténèbres, mais ils auront la lumière de la vie. (Jean 8.12)
  • Comment lui réponds-tu ?

Et si tout ceci t’est déjà bien connu, prie pour ceux qui, autour de toi, l’ignorent encore.

32e dimanche du temps ordinaire – C – 9 novembre 2025

« Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

Jn 2,16

> En ce dimanche, la liturgie catholique donne préférence à la fête de la dédicace du Latran, soulignant l’importance de nos lieux de culte pour notre vie de foi. Nous l’avons tous expérimenté : La Beauté nous porte à la contemplation, à la louange et nous rend meilleurs ; toute laideur, par contre, abîme quelque chose au-dedans de l’homme.

Le texte choisi pour cette fête se trouve au tout début de l’Evangile de Jean. Jésus, arrivant de Galilée, a dû encaisser le choc de voir le lieu saint transformé en marché de bétail, “maison de commerce“. Nous connaissons sa réaction.

Cet épisode, en quoi nous parle-t-il aujourd’hui, alors que dans nos dans nos lieux de prière, nous trouvons tout au plus une modeste boutique ?

Jésus parle d’un autre sanctuaire, celui de son Corps ; Paul, il nous rappelle que nous sommes les “temples de l’Esprit Saint “ (1 Co 6,19), alors que Maurice Zundel affirme :

« Le vrai sanctuaire, c’est l’être-humain ! »

> Nous sommes donc invités à garder de la profanation aussi ce sanctuaire-là, à veiller sur nous-mêmes et sur notre prochain, spécialement le plus vulnérable. Oser nous montrer intransigeants lorsqu’on se moque de lui et mettre en lumière sa beauté unique. Voilà ce qui pourrait être notre part de soin apportée à la maison où Dieu demeure, dans ses temples de chair autant que derrière des murs de pierre.

Dimanche de la Fête de la Croix glorieuse – C – 14 septembre 2025

*** « En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème… »

(Jean 3, 13-17)

> Avant même les paroles célèbres sur l’amour de Dieu et le salut du monde, l’Évangile nous dit ceci : Jésus disait à Nicodème. Pas à une foule. Pas dans un temple. Mais à un homme, de nuit, dans le secret d’une conversation. Le salut se révèle dans la lenteur d’un échange vrai, à hauteur humaine. Jean 3,16 — si souvent cité — est le fruit d’un long cheminement intérieur, d’un dialogue discret où Nicodème peut poser ses questions, ses doutes, et ouvrir peu à peu son cœur (cf. Jean 3 en entier).

>Jean 3, 16… Il ne suffit pas de proclamer ce verset du haut des toits : il faut d’abord en vivre la démarche. Prendre le temps d’écouter, de rencontrer, de tisser des liens réels. Cette semaine, ne cherchons pas à convaincre à tout prix : cherchons à aimer, à être présents, à créer ces espaces de confiance où la Parole peut naître. Amen.

Dimanche de la Trinité – C – 15 juin 2025

« Ce qu’il aura entendu, il le dira. »

(Jean 16, 13)

UN RAPPORTEUR FIDÈLE

> En politique et dans les institutions inter-gouvernementales, il existe des rapporteurs. Ils sont chargés de raconter de manière précise les débats auxquels ils ont assisté et leurs conclusions.
Nous avons nous aussi notre rapporteur. Il ne s’agit rien moins que la troisième personne divine : l’Esprit-Saint. Il est présent dans l’intimité qui est de mise entre le Père et le Fils. Ce qu’il est chargé de nous rapporter est de la plus haute importance, car les conversations entre Dieu et Jésus portent sur les projets que Dieu a formés pour nous. Il s’agit de projets de paix et non de malheur (Jérémie 29,11).

> L’Esprit Saint connaît notre avenir, et désire nous mettre sur la bonne voie.
Saurons-nous nous rendre disponibles pour entendre les propos de ce rapporteur fidèle?