Dimanche de la Commémoration de tous les fidèles défunts – C – 2 novembre 2025

« Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort »

(Jean 11, 21)

Elle est poignante cette exclamation de Marthe, ce reproche qui sort de sa bouche de sœur qui a vu mourir son frère, alors … qu’elle avait fait prévenir Jésus !

Pourquoi donc Jésus a-t-il pétouillé ??

Pas envie de revenir à un endroit où les Juifs le lapidaient, crainte d’une escalade des représailles contre sa renommée grandissante qui fait ombrage aux grands prêtres?

Ou volonté de faire ce miracle qui relève Lazare du tombeau et qui témoigne de la Résurrection? C’est quand même sur ce miracle que nous pouvons nous appuyer aujourd’hui pour affirmer qu’Il est la Vie, plus forte que la mort!

Mais je garde comme légitime ce reproche face à tous les décès brusques qui jalonnent nos vies, face à la mort des enfants ou de jeunes adultes qui laissent un vide abyssal et le sentiment que le ciel est vide….

Puissions-nous trouver les mots qui accompagnent dans ces circonstances!

30e dimanche du temps ordinaire – Année C – 26 octobre 2025

« En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes… »

(Luc 18,9)

> Jésus s’adresse à ceux « qui étaient convaincus d’être justes ». Sa parabole ne parle pas seulement de prière, mais de notre manière de nous situer les uns par rapport aux autres. Aujourd’hui, la polarisation traverse tout : les débats futiles — ananas sur la pizza, café sans sucre, train ou voiture — jusqu’aux fractures profondes : vaccins, climat, Israël-Palestine. Chaque camp se croit juste, souvent sincèrement. Mais plus on cherche à prouver sa justice, plus on ferme la porte à la rencontre. Le pharisien du récit prie, mais sa prière nourrit la séparation. Le publicain, lui, se tait, s’expose à la lumière, et dans cette vérité partagée avec Dieu, il retrouve la fraternité perdue.

> L’Évangile n’invite pas à fuir le désaccord, mais à le vivre autrement : l’humilité, reconnaître que ma vision n’est pas tout, que Dieu seul voit clair. Cette posture intérieure transforme le regard et, peu à peu, nos relations. Là où la logique du monde oppose, la prière humble relie. Cette semaine, portons dans notre prière ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord. Que la miséricorde reçue de Dieu nous apprenne à regarder l’autre non comme un adversaire, mais comme un frère en chemin. Alors, vraiment, « qui s’abaisse sera élevé. » Amen.

29e dimanche du Temps Ordinaire – C – 19 octobre 2025

« Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra,

trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Luc 18.8

La parabole dite du juge inique se termine par une question : à son retour, Jésus trouvera-t-il la foi sur terre ?

Jésus vient bientôt. La question nous concerne donc au premier chef : avons-nous la foi ?

S’il y a bien quelqu’un qui peut la trouver, c’est Dieu, car il crée tout et sait où la chercher ; pourtant, elle est si rare que même lui, dont les yeux peuvent détecter la foi aussi petite qu’un grain de sénevé, a du mal à la trouver. Il y a trop peu de foi véritable dans le monde. Triste constat : combien nous faisons peu confiance à notre Dieu ! Avons-nous oublié qu’un grain de sénevé de foi déplace des montagnes ?

Souvenons-nous de l’instante prière des apôtres conscients de leur état. Que leur prière devienne la nôtre : Seigneur, augmente-nous la foi. (Luc 17, 5).

28e dimanche du Temps Ordinaire – C – 12 octobre 2025

« L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à pleine voix. Il tomba face contre terre aux pieds de Jésus et lui rendit grâce. C’était un Samaritain. »

Luc 17.15-16

> En bordure d’un village, dans une zone située entre deux régions aux populations hostiles l’une envers l’autre, Jésus se fait approcher par une « communauté de destin » bien particulière, car ses membres sont unis par une maladie infectieuse qui les met au ban de la société. Alors que Samaritains et Galiléens s’évitent pour des raisons religieuses, le groupe semble bien inclure des représentants des deux populations. C’est un peu comme si lors d’une hospitalisation en chambre commune, vous vous trouviez avec des personnes qui se situent à des endroits différents du vôtre, que ce soit par rapport à leur métier, leur idéologie, leur allégeance politique, ou encore leur spiritualité. Il est d’ailleurs possible que les dix malades ne soient ensemble que temporairement, le temps de venir demander la guérison à celui qui peut les restaurer dans leur santé.

> Trois observations :

La parole d’envoi vers les prêtres, chargés par la Loi de constater la guérison de la lèpre, était du même coup une parole de guérison efficace, dans la mesure où les malades y donnèrent suite – ce qu’ils firent tous.

Comme d’habitude, le but des miracles que Jésus accomplit est de manifester que le règne de Dieu est arrivé avec lui (voir Luc 17.20-21), et c’est le fait de reconnaître qu’il est l’envoyé et le représentant de Dieu qui apporte, au-delà de la guérison physique, un salut plus grand (17.19).

Enfin, à tous ceux qui vivent de la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ, cet épisode rappelle que l’action de grâce est une dimension essentielle de notre relation avec Dieu.

Quel contraste entre l’appel initial à la compassion des dix et la glorification à pleine voix du Samaritain qui exprime sa gratitude. Le psychothérapeute suisse Manfred Engeli a dit : « C’est par la reconnaissance que nous arrosons ce que Dieu a planté. » Nous en avons une belle illustration ici.

Pour quoi et pour qui pouvez-vous dire « Merci » à Dieu aujourd’hui ?

Dans ces jours qui viennent, cherchez à cultiver une attitude de gratitude. Il ne s’agit pas d’inventer des choses ou d’appeler « bien » ce qui ne l’est pas. Mais de discerner des petites ou grandes étincelles de la grâce de Dieu, et de l’en remercier !

27e dimanche du Temps Ordinaire – C – 5 octobre 2025

« De même vous aussi, quand vous avez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir »

(Luc 17, 10)

> Les disciples demandent à Jésus : « Augmente en nous la foi ! »

Comme s’ils sentaient que ce qui leur est demandé dépasse leurs forces. Jésus ne leur donne pas une formule magique. Il répond en parlant d’un service humble, celui d’un serviteur qui, après une journée de travail, continue encore à servir, sans attendre de récompense particulière.

Ce passage peut sembler sévère. Mais il révèle une chose essentielle : la foi véritable ne se mesure pas à des exploits spirituels, mais à la capacité d’aimer et de servir sans condition, sans attente de retour. Une foi vivante se reconnaît à sa capacité à traverser le quotidien, à se faire proche, à s’engager dans l’ordinaire.

> Ce texte trouve un écho profond dans la vie des proches aidants : ceux et celles qui accompagnent un parent malade, un conjoint affaibli, un enfant en difficulté. Leur mission est souvent silencieuse, continue, sans horaires fixes. Ils donnent sans compter, soutiennent sans relâche, souvent sans reconnaissance visible.

Comme le serviteur de la parabole, ils pourraient dire : « Nous n’avons fait que notre devoir. » Mais ce « devoir » n’est pas banal : il est tissé de fidélité, de tendresse, de courage quotidien. Il est une forme d’amour incarné, patient, persévérant.

Le 30 octobre, ce sera la journée des proches aidants : dans leurs mains, dans leurs gestes, dans leur présence, c’est l’Évangile qui se fait chair.

Seigneur Jésus,
Toi qui t’es fait serviteur,
regarde avec tendresse ceux qui, jour après jour,
prennent soin d’un être cher dans la fragilité.
Donne-leur la force quand ils sont fatigués,
la paix quand ils se sentent seuls,
et la lumière quand ils ne voient plus le sens.
Qu’ils sachent qu’à travers leur fidélité,
c’est ton amour qui agit, silencieux mais puissant.
Soutiens-les dans leur mission cachée,
et rappelle-leur que tu es avec eux,
chaque jour, dans chaque geste.