5ème dimanche du temps ordinaire – Année C – 9 février 2025

« Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche… »

Lc 5,4

> Simon-Pierre était en colère et désespéré. Il n’avait rien pris de la nuit. Survient un charpentier, dont la pêche n’est à priori pas la spécialité. Et cet homme lui dit d’aller un peu plus loin et de lancer à nouveau le filet. On imagine le comique de la situation. Un réparateur télé qui vient suggérer à un pilote d’avion d’essayer de redécoller malgré le brouillard… un avocat qui vient expliquer à l’horloger comment réparer une montre… un informaticien qui vient montrer à l’alpiniste où se trouvent les bonnes prises sur la falaise.

> En réalité, il ne s’agit pas tout à fait de cela. Car Jésus ne vient pas expliquer à Simon comment pêcher et, si on lit bien, il ne lui demande pas non plus de prendre du poisson. Il n’est pas dans la rentabilité. Il lui demande simplement de faire ce qu’il sait faire : lancer le filet de pêche. Et il lui demande un effort, auparavant : avancer en eau profonde. Autrement dit : « sors de ta zone de confort et fais ce que tu sais faire, le reste je m’en occupe ».

> Au cœur de nos existences, Dieu ne nous demande pas de résultats. Il nous demande simplement de sortir de nos petites habitudes, de nos petits conforts, et de faire ce que nous savons faire, ce pour quoi nous avons été formés. Le résultat, c’est lui qui s’en occupe alors. Et il se pourrait bien que nous découvrions alors des miracles.

Dimanche de la Présentation du Seigneur au temple – C – 2 février 2025

« Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. »

(Luc 2,33)

> Ils sont venus en pauvres, les parents du petit garçon à présenter au Temple, n’apportant comme offrande que deux petites colombes. (Cf. Lv 12,8). Ils étaient donc censés passer inaperçus. Mais le ciel avait orchestré une magnifique mise en scène avec l’Esprit Saint comme protagoniste. Entrent alors Syméon, homme de Dieu et Anne, prophétesse, qui se mettent à proclamer devant tout le monde le sort hors commun de cet enfant : « Salut préparé à la face des peuples / lumière qui se révèle aux nations / signe de contradiction … »

> Comprenant l’étonnement des parents, sachons, nous aussi, nous étonner sans cesse à nouveau devant l’humble condition humaine qu’à pris notre grand Dieu en devenant l’un de nous. Laissons-le nous rejoindre dans nos propres vies en méditant encore cette dernière phrase : « Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »

3ème dimanche du temps ordinaire – Année C – 26 janvier 2025

« Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins. »

(Luc 1,1)

> Voilà deux textes qui nous sont proposés pour ce dimanche : Luc 1,1-4 et Luc 4,14-21. Le lien entre eux, c’est la continuité et la transmission. Jésus, au début de son ministère, ancre son message dans une relecture provocante du Livre d’Ésaïe. De son côté, Luc, en prenant la plume, compose son récit en s’appuyant sur le commencement et sur d’autres témoins et serviteurs de la Parole avant lui. Ce passage de témoin, de main en main, fait éclore une nouveauté à chaque fois : une autre Parole s’accomplit, une autre étape du dessein de Dieu se révèle.

> Est-ce ainsi que je lis la Bible ? Avec cette conscience qu’elle me donne à vivre quelque chose de neuf et qu’elle est la façon dont Dieu me pousse à marcher vers l’inédit ? Cette semaine, relevons le défi de lire la Parole comme un trésor vivant : elle porte nos vies et nous appelle à dépasser nos petits plans bien rangés pour accomplir ce que Dieu prépare pour nous. Amen.

2e dimanche du Temps ordinaire – C – 19 janvier 2025

« Tout le monde sert le bon vin en premier […] mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Jean 2, 10

> Aux noces de Cana, Jésus accomplit son premier miracle en transformant l’eau en vin. Ce geste n’est pas seulement spectaculaire : il révèle un Dieu qui ne se contente pas de répondre à nos besoins, mais qui nous offre le meilleur. L’eau ordinaire, essentielle à la vie, devient ici un vin exceptionnel, symbole de fête et de grâce. Ce miracle nous invite à reconnaître que Dieu peut transformer nos réalités les plus simples en quelque chose de précieux.

> Le maître du repas s’étonne que le meilleur vin ait été gardé pour la fin. Cette inversion est une belle métaphore : Dieu réserve le meilleur pour l’avenir. Mais cette transformation commence dès maintenant, dans nos jours ordinaires. L’eau de nos vies peut devenir le vin de sa grâce. Sommes-nous prêts à lui confier ce que nous avons, aussi modeste soit-il, pour qu’il le transforme ? Belle marche dans la joie et l’espérance !

Le Baptême du Seigneur – C – 12 janvier 2025

« Et comme le peuple était dans l’attente. »

(Luc 3, 15)

> Voilà un peuple bien au fait du cours que devait prendre l’histoire. Pendant des décennies, même des siècles, ce peuple avait été nourri de textes prophétiques. Il les avait ressassés, scrutés, sondés… D’une génération à une autre génération, le message était passé qu’un sauveur devait venir. Bien que cette promesse n’ait pas trouvé d’issue favorable jusque-là, la certitude de son accomplissement restait vive, et chacun se tenait aux aguets, guettant le moindre signe d’un début de réalisation.
> Pourtant, malgré des indications précises concernant ce sauveur, certes dispersées dans les écrits de différents prophètes, le peuple commet une erreur sur la personne. Un détail aurait dû les mettre sur la bonne voie : le lieu de naissance du sauveur. Jean doit les remettre sur le bon chemin.
> Les choses n’ont guère changé aujourd’hui. La Bible n’a pas changé d’un iota : le sauveur annoncé vient bientôt. Est-ce vraiment lui que nous attendons, avec ferveur ? Sommes-nous prêts à aller au désert pour y faire la rencontre de Celui qui « n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et dont l’aspect n’avait rien pour nous plaire » (Esaïe 53,2) ? Sommes-nous prêts à nous laisser enseigner toutes choses par l’Esprit-Saint (Jean 14, 26) ?

Fête de la Sainte Famille – C – 29 décembre 2024

« C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple. »

(Lc 2, 46)

> Ces trois jours où Jésus est resté à Jérusalem marquent une étape importante de détachement et de croissance. Ce moment, où il affirme sa mission d’être « chez son Père », évoque une transition, presque une résurrection symbolique : un passage vers une nouvelle étape de sa vie. Comme un écho à sa mort et sa résurrection, ce temps de séparation annonce déjà la mission qu’il accomplira pleinement.

> En cette fin d’année, ce récit nous invite à entrer dans la nouvelle avec espérance. Chaque transition est une occasion de grandir « en sagesse, en taille et en grâce ». Que cette année nouvelle soit pour nous une résurrection spirituelle, un temps pour retrouver la lumière et avancer dans le projet de Dieu pour nos vies. Bonne marche vers cette nouvelle année pleine de promesses !

MERCI DE VOTRE FIDELITE, BONNE ANNEE !

Fête de la Nativité – C – 25 décembre 2024

« Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. »

(Luc 2,20)

> On ne s’imagine pas de Noël sans les bergers, gens rustres pourtant, marginaux mêmes, ne fréquentant ni les villes, ni le temple. Cependant, en cette nuit, le ciel vient à eux, la candeur de leur cœur étant ajustée à la plus importante, la plus joyeuse nouvelle jamais délivrée sur terre : « Un Sauveur vous est né ! » – Une fois secouée la crainte, les voici qui se bougent et qui courent aller voir ce qui leur avait été dit. Si n’était le caractère céleste de l’événement, ce qu’ils découvrent là pourrait paraître banal : De jeunes parents avec leur nouveau-né couché dans une mangeoire, comme annoncé par l’ange.
Rien ne nous est livré dans la suite du récit sur ce qui s’est passé entre eux et la sainte famille. Les poètes et les peintres de tous les siècles à venir s’en chargeront.
> En méditant cet évangile, glissons-nous dans l’image pour contempler et adorer. Et pour repartir nous aussi en joyeux bergers- messagers.


🌟JOYEUX NOEL !🎄

4e dimanche de l’Avent – C – 22 décembre 2024

« Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni ! »

(Lc 1,42)

> Ce verset est employé comme 2e partie du « Je vous salue Marie », la 3e n’étant pas biblique mais beaucoup plus tardivement ajoutée (15e siècle). Bien souvent, dans les versions modernes de cette prière, on remplace « le fruit de tes entrailles » par « ton enfant » ou « le fruit de ton sein », le mot « entrailles » sonnant mal en français.
> Pourtant, c’est un très beau mot en hébreu, et très important : les « RaHaMîM », entrailles féminines et maternelles, sont aussi appliquées à Dieu qui en possède donc. Ce sont ses entrailles à lui qui frémissent lorsque sa créature est en danger, attaquée.
> Cette semaine, souvenons-nous que Dieu a lui aussi des entrailles maternelles, soyons certains qu’elles frémissent lorsque nous crions vers lui… et bénissons celles de Marie qui nous offrent Jésus !

3e dimanche de l’Avent – C – 15 décembre 2024

UNE QUESTION A PROPOS

« Et nous, que devons-nous faire ? »

(Luc 3, 10, 12 ou 14)

> La renommée de Jean le Baptiste est grande dans la contrée puisque des personnes de différents horizons sociaux ou culturels viennent à lui. Elles ne viennent pas en spectateurs pour voir le « phénomène » du moment, elles viennent pour être baptisées – c’est-à-dire purifier par immersion dans l’eau -. Toutefois, ces personnes ont conscience que cet acte n’est pas suffisant et elles posent la question juste : Que devons-nous faire ?
La réponse de Jean le Baptiste est multiple. Il n’a pas une réponse type, unique. Elle est adaptée à la personne qui interroge. Pour certains, il s’agit de partager ; pour d’autres, il s’agit de ne pas outrepasser ses droits. C’est là l’essentiel de la Bonne Nouvelle et l’évangéliste ne rapporte pas d’autres exhortations de Jean.
Il y a une mise en résonnance des paroles de Jean avec notre vécu. Certes, nous pouvons être baptisés, mais le Seigneur désire que nous soyons en mouvement.
>Il est temps de faire nôtre la question à propos : Et moi que dois-je faire ?
Nul doute que la réponse viendra et qu’elle nous mettra en route.

2e dimanche de l’Avent – C – 8 décembre 2024

«Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits, les chemins raboteux seront nivelés et tous verront le salut de Dieu.»

(Luc 3.6)

> Voilà un mot bien étrange qui m’interpelle, « raboteux ». Larousse nous en donne la définition : « Dont la surface est inégale et présente des aspérités. » Et des aspérités dans les chemins tortueux de l’existence….Dieu sait que nous en rencontrons!
Dieu envoie son propre Fils pour combler les vallées de nos difficultés, pour abaisser toute montagne qui divise, pour redresser les moments tortueux de notre vie, pour aplanir les chemins raboteux de nos relations, comment pourrait-il aujourd’hui ne plus se préoccuper de nous?
Ouvrir sa vie au Dieu de Jésus-Christ, c’est s’ouvrir à des chemins jusqu’alors inconnus, des chemins d’apaisement jusqu’au plus profond de la souffrance; des chemins d’espérance même quand tout espoir semble perdu.
> Pour l’Avent qui s’en vient, je veux me souvenir que Dieu est le Dieu de bien des possibilités et que l’inviter dans ma vie et mes relations humaines, c’est être prêt.e à le laisser combler les fossés et polir les aspérités même les plus tenaces, pour travailler à nous faire voir le salut / la santé retrouvée de nos liens même les plus compliqués.