2e dimanche de l’Avent 🕯️🕯️ – A – 7 décembre 2025

« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

(Mt 3, 2)

> Voilà plus de vingt siècles que cette voix résonne : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Et pourtant, rien ne semble venir. L’expression a souvent été récupérée par des prédicateurs de fin du monde ou des marchands de peur. Mais le mot grec utilisé dans l’Évangile signifie plutôt que le Royaume s’est approché, qu’il est déjà là, tout près — non pas dans un futur à attendre, mais dans une proximité réelle, presque géographique. Le Royaume n’est pas une échéance à redouter, mais une Présence à accueillir. Jean ne prophétise pas un calendrier divin, mais une urgence intérieure : Dieu est déjà là, à la porte de nos vies. Il ne s’agit pas d’attendre un événement lointain, mais de nous rendre présents à Celui qui est déjà proche.

> Se convertir, ce n’est pas changer d’un coup pour éviter la punition, c’est choisir de vivre autrement, parce que Quelqu’un vient — et que sa venue transforme tout. L’Avent nous invite à préparer notre cœur, non par peur, mais par espérance. Ce n’est pas la perfection qu’on attend de nous, mais une disponibilité vraie : reconnaître nos zones d’ombre, demander pardon, et désirer plus de lumière. Jean le rappelle avec force : la vraie foi se reconnaît aux fruits. Il ne suffit pas de croire ou de pratiquer : il s’agit que notre vie porte la trace de l’amour reçu. Cette semaine, choisissons de vivre « comme si » le Royaume était tout proche — parce qu’il l’est. Amen.

1er Dimanche de l’Avent 🕯️- A – 30 novembre 2025

« Les gens ne se sont doutés de rien…»

(Matthieu 24, 39)

DOUTER OU NE PAS DOUTER ?

> A l’époque de Noé, ses voisins étaient dans le doute sur la vérité des affirmations clamées par lui. De plus, ils ignoraient (dans le sens ne pas savoir) la suite des événements et donc, ils n’avaient aucune appréhension. Pourtant, à leurs dépens, ils firent les frais de leur double manquement.

Aujourd’hui, bien de nos concitoyens ne doutent de rien. Ils témoignent d’une assurance excessive en tranchant hardiment en diverses matières, entre autres en matière de religion. Dans leur esprit, bien souvent tout est carré, propre en ordre : ils se sont fait un rituel, voire un dieu, qui convient à leur conception de la vie. Ils ont oublié que Dieu est Dieu, qu’Il agit selon ses plans. Si sa venue est certaine, nul ne connaît ni le jour, ni l’heure.

> Nous qui sommes sûrs de son prochain retour, veillons et offrons à Dieu nos prières pour nos proches et nos voisins. N’est-ce pas cela aussi être prêts : rendre témoignage

Dimanche du CHRIST-ROI – C – 23 novembre 2025

« N’as-tu donc aucune crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos actes ; mais celui-ci n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume. »

(Luc 23.40-42)

> En venant dans le monde, le Fils de Dieu s’est abaissé pour se mettre à notre hauteur. C’est à la croix que nous le rencontrons face-à-face, tels les deux criminels crucifiés avec lui.

> L’un des deux se laisse entraîner par la moquerie des chefs religieux et des soldats. Il insulte Jésus, s’enfonçant ainsi plus profondément dans sa perdition.

> L’autre, dans la même situation de dénuement et de souffrance terribles, fait preuve d’un discernement incroyable : il reconnaît l’autorité de Dieu dans ce qui se passe ; il reconnaît sa culpabilité quant à sa condamnation – une manière de faire pénitence ; il reconnaît l’innocence de Jésus ; il reconnaît enfin que Jésus est Roi, et que ce Roi instaurera un jour son royaume dont il aimerait faire partie !

> Jésus-Christ, qui n’a pas connu le péché mais que Dieu a fait pour nous péché afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu (2 Corinthiens 5.21), accueille l’homme repentant et lui promet une bonheur plus proche encore que ce qu’il aurait pu imaginer : « Amen, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » (Luc 23.43)

C’est à la croix que le Christ-Roi me rencontre face-à-face, et dans un cœur-à-cœur il me dit :

  • Je me suis abaissé pour me mettre à ta hauteur.
  • Ici, à la croix, j’ai pris sur moi tes péchés, ta culpabilité et ta honte.
  • Tu peux, comme celui sur un côté, te détourner de moi et rester avec ton fardeau.
  • Tu peux, comme celui sur l’autre côté, reconnaître ton fardeau, et le déposer à mes pieds.
  • Ceux qui m’accueillent ainsi comme Roi et me suivent, ne marcheront plus dans les ténèbres, mais ils auront la lumière de la vie. (Jean 8.12)
  • Comment lui réponds-tu ?

Et si tout ceci t’est déjà bien connu, prie pour ceux qui, autour de toi, l’ignorent encore.

33e dimanche du temps ordinaire – année C – 16 novembre 2025

« Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. » Lc 21,13-14

> Il s’agit d’être témoins et non pas avocats de la défense, voilà ce que Jésus essaie de nous dire.  

> Pourtant, quand on me demande ma religion, ne suis-je pas assez systématiquement et immédiatement sur la défensive ? Voire dans des explications abracadabrantesques, du genre : « Je suis chrétien, mais réformé / catholique, en fait j’ai été baptisé dans telle confession mais j’ai changé ensuite après mon mariage mixte… » Quand ce n’est pas le célébrissime « je suis croyant mais non-pratiquant », comme si on pouvait être skieur non-pratiquant, musicien non-pratiquant ou francophone non-pratiquant.

> La pratique, c’est d’abord le témoignage. Pas besoin de se défendre de quoi que ce soit, alors : « Ma religion ? C’est celle du Christ. Dont je rends témoignage en essayant – à ma toute petite échelle – de passer sur cette terre en répandant le bien autour de moi. »

32e dimanche du temps ordinaire – C – 9 novembre 2025

« Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

Jn 2,16

> En ce dimanche, la liturgie catholique donne préférence à la fête de la dédicace du Latran, soulignant l’importance de nos lieux de culte pour notre vie de foi. Nous l’avons tous expérimenté : La Beauté nous porte à la contemplation, à la louange et nous rend meilleurs ; toute laideur, par contre, abîme quelque chose au-dedans de l’homme.

Le texte choisi pour cette fête se trouve au tout début de l’Evangile de Jean. Jésus, arrivant de Galilée, a dû encaisser le choc de voir le lieu saint transformé en marché de bétail, “maison de commerce“. Nous connaissons sa réaction.

Cet épisode, en quoi nous parle-t-il aujourd’hui, alors que dans nos dans nos lieux de prière, nous trouvons tout au plus une modeste boutique ?

Jésus parle d’un autre sanctuaire, celui de son Corps ; Paul, il nous rappelle que nous sommes les “temples de l’Esprit Saint “ (1 Co 6,19), alors que Maurice Zundel affirme :

« Le vrai sanctuaire, c’est l’être-humain ! »

> Nous sommes donc invités à garder de la profanation aussi ce sanctuaire-là, à veiller sur nous-mêmes et sur notre prochain, spécialement le plus vulnérable. Oser nous montrer intransigeants lorsqu’on se moque de lui et mettre en lumière sa beauté unique. Voilà ce qui pourrait être notre part de soin apportée à la maison où Dieu demeure, dans ses temples de chair autant que derrière des murs de pierre.

Dimanche de la Commémoration de tous les fidèles défunts – C – 2 novembre 2025

« Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort »

(Jean 11, 21)

Elle est poignante cette exclamation de Marthe, ce reproche qui sort de sa bouche de sœur qui a vu mourir son frère, alors … qu’elle avait fait prévenir Jésus !

Pourquoi donc Jésus a-t-il pétouillé ??

Pas envie de revenir à un endroit où les Juifs le lapidaient, crainte d’une escalade des représailles contre sa renommée grandissante qui fait ombrage aux grands prêtres?

Ou volonté de faire ce miracle qui relève Lazare du tombeau et qui témoigne de la Résurrection? C’est quand même sur ce miracle que nous pouvons nous appuyer aujourd’hui pour affirmer qu’Il est la Vie, plus forte que la mort!

Mais je garde comme légitime ce reproche face à tous les décès brusques qui jalonnent nos vies, face à la mort des enfants ou de jeunes adultes qui laissent un vide abyssal et le sentiment que le ciel est vide….

Puissions-nous trouver les mots qui accompagnent dans ces circonstances!

30e dimanche du temps ordinaire – Année C – 26 octobre 2025

« En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes… »

(Luc 18,9)

> Jésus s’adresse à ceux « qui étaient convaincus d’être justes ». Sa parabole ne parle pas seulement de prière, mais de notre manière de nous situer les uns par rapport aux autres. Aujourd’hui, la polarisation traverse tout : les débats futiles — ananas sur la pizza, café sans sucre, train ou voiture — jusqu’aux fractures profondes : vaccins, climat, Israël-Palestine. Chaque camp se croit juste, souvent sincèrement. Mais plus on cherche à prouver sa justice, plus on ferme la porte à la rencontre. Le pharisien du récit prie, mais sa prière nourrit la séparation. Le publicain, lui, se tait, s’expose à la lumière, et dans cette vérité partagée avec Dieu, il retrouve la fraternité perdue.

> L’Évangile n’invite pas à fuir le désaccord, mais à le vivre autrement : l’humilité, reconnaître que ma vision n’est pas tout, que Dieu seul voit clair. Cette posture intérieure transforme le regard et, peu à peu, nos relations. Là où la logique du monde oppose, la prière humble relie. Cette semaine, portons dans notre prière ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord. Que la miséricorde reçue de Dieu nous apprenne à regarder l’autre non comme un adversaire, mais comme un frère en chemin. Alors, vraiment, « qui s’abaisse sera élevé. » Amen.

29e dimanche du Temps Ordinaire – C – 19 octobre 2025

« Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra,

trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Luc 18.8

La parabole dite du juge inique se termine par une question : à son retour, Jésus trouvera-t-il la foi sur terre ?

Jésus vient bientôt. La question nous concerne donc au premier chef : avons-nous la foi ?

S’il y a bien quelqu’un qui peut la trouver, c’est Dieu, car il crée tout et sait où la chercher ; pourtant, elle est si rare que même lui, dont les yeux peuvent détecter la foi aussi petite qu’un grain de sénevé, a du mal à la trouver. Il y a trop peu de foi véritable dans le monde. Triste constat : combien nous faisons peu confiance à notre Dieu ! Avons-nous oublié qu’un grain de sénevé de foi déplace des montagnes ?

Souvenons-nous de l’instante prière des apôtres conscients de leur état. Que leur prière devienne la nôtre : Seigneur, augmente-nous la foi. (Luc 17, 5).

28e dimanche du Temps Ordinaire – C – 12 octobre 2025

« L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à pleine voix. Il tomba face contre terre aux pieds de Jésus et lui rendit grâce. C’était un Samaritain. »

Luc 17.15-16

> En bordure d’un village, dans une zone située entre deux régions aux populations hostiles l’une envers l’autre, Jésus se fait approcher par une « communauté de destin » bien particulière, car ses membres sont unis par une maladie infectieuse qui les met au ban de la société. Alors que Samaritains et Galiléens s’évitent pour des raisons religieuses, le groupe semble bien inclure des représentants des deux populations. C’est un peu comme si lors d’une hospitalisation en chambre commune, vous vous trouviez avec des personnes qui se situent à des endroits différents du vôtre, que ce soit par rapport à leur métier, leur idéologie, leur allégeance politique, ou encore leur spiritualité. Il est d’ailleurs possible que les dix malades ne soient ensemble que temporairement, le temps de venir demander la guérison à celui qui peut les restaurer dans leur santé.

> Trois observations :

La parole d’envoi vers les prêtres, chargés par la Loi de constater la guérison de la lèpre, était du même coup une parole de guérison efficace, dans la mesure où les malades y donnèrent suite – ce qu’ils firent tous.

Comme d’habitude, le but des miracles que Jésus accomplit est de manifester que le règne de Dieu est arrivé avec lui (voir Luc 17.20-21), et c’est le fait de reconnaître qu’il est l’envoyé et le représentant de Dieu qui apporte, au-delà de la guérison physique, un salut plus grand (17.19).

Enfin, à tous ceux qui vivent de la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ, cet épisode rappelle que l’action de grâce est une dimension essentielle de notre relation avec Dieu.

Quel contraste entre l’appel initial à la compassion des dix et la glorification à pleine voix du Samaritain qui exprime sa gratitude. Le psychothérapeute suisse Manfred Engeli a dit : « C’est par la reconnaissance que nous arrosons ce que Dieu a planté. » Nous en avons une belle illustration ici.

Pour quoi et pour qui pouvez-vous dire « Merci » à Dieu aujourd’hui ?

Dans ces jours qui viennent, cherchez à cultiver une attitude de gratitude. Il ne s’agit pas d’inventer des choses ou d’appeler « bien » ce qui ne l’est pas. Mais de discerner des petites ou grandes étincelles de la grâce de Dieu, et de l’en remercier !

27e dimanche du Temps Ordinaire – C – 5 octobre 2025

« De même vous aussi, quand vous avez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir »

(Luc 17, 10)

> Les disciples demandent à Jésus : « Augmente en nous la foi ! »

Comme s’ils sentaient que ce qui leur est demandé dépasse leurs forces. Jésus ne leur donne pas une formule magique. Il répond en parlant d’un service humble, celui d’un serviteur qui, après une journée de travail, continue encore à servir, sans attendre de récompense particulière.

Ce passage peut sembler sévère. Mais il révèle une chose essentielle : la foi véritable ne se mesure pas à des exploits spirituels, mais à la capacité d’aimer et de servir sans condition, sans attente de retour. Une foi vivante se reconnaît à sa capacité à traverser le quotidien, à se faire proche, à s’engager dans l’ordinaire.

> Ce texte trouve un écho profond dans la vie des proches aidants : ceux et celles qui accompagnent un parent malade, un conjoint affaibli, un enfant en difficulté. Leur mission est souvent silencieuse, continue, sans horaires fixes. Ils donnent sans compter, soutiennent sans relâche, souvent sans reconnaissance visible.

Comme le serviteur de la parabole, ils pourraient dire : « Nous n’avons fait que notre devoir. » Mais ce « devoir » n’est pas banal : il est tissé de fidélité, de tendresse, de courage quotidien. Il est une forme d’amour incarné, patient, persévérant.

Le 30 octobre, ce sera la journée des proches aidants : dans leurs mains, dans leurs gestes, dans leur présence, c’est l’Évangile qui se fait chair.

Seigneur Jésus,
Toi qui t’es fait serviteur,
regarde avec tendresse ceux qui, jour après jour,
prennent soin d’un être cher dans la fragilité.
Donne-leur la force quand ils sont fatigués,
la paix quand ils se sentent seuls,
et la lumière quand ils ne voient plus le sens.
Qu’ils sachent qu’à travers leur fidélité,
c’est ton amour qui agit, silencieux mais puissant.
Soutiens-les dans leur mission cachée,
et rappelle-leur que tu es avec eux,
chaque jour, dans chaque geste.