3e Dimanche du temps ordinaire – A – 25 janvier 2026

« Venez à ma suite et je vous ferais pêcheurs d’hommes »

Mt 4 ,19

> J’ai beaucoup d’admiration pour Pierre, André, Jacques et Jean.
Absorbés qu’ils étaient à leur pêche, voilà que débarque un gaillard qui leur promet une autre pêche. Et ils laissent en plan leur bateau, leurs filets et même…leur père (pour Jacques et Jean) pour le suivre sur cette vague promesse : Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.
Dans un autre Evangile, il y a au moins la pêche miraculeuse pour leur donner un avant-goût de la suite et des miracles dont ils vont être témoins.
Mais dans celui de Mattieu, on ressent une décision radicale, comme si subitement leur horizon s’était élargi.
Jésus est Celui qui leur fait opérer un virage à 360° !
Désormais, puisque le Royaume des Cieux s’est approché, ils vont être mis au défi de le débusquer même dans leurs angles morts, et le champ de pêche va s’élargir …

> Voilà un texte qui m’invite à lever le nez du guidon de mes petites habitudes… pour le moins ! En ce début d’année, il me faut sortir de mes « fixettes » pour élargir mon regard et envisager que le Royaume se trouve parfois au-delà de mes œillères et que je suis invitée à partir à la pêche avec la même patience que ceux qui taquinent la truite en rivière !

Alors, bonne pêche, les amis !!

2e Dimanche du temps ordinaire  – A  – 18 janvier 2026

“Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. » 

Jean 1,34

> Nous voici encore avec Jean Baptiste, précurseur et témoin, qui nous accompagne bien au-delà de l’Avent et de Noël, jusque dans ce temps appelé “ordinaire“ où commence la vie publique de Jésus. Car oui, enfin Jean le voit, celui qu’il avait annoncé sans le connaître.

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.” – Etrange présentation.

Notre récit n’a pas pour but de raconter une rencontre entre cousins. Il nous met en présence du Messie, perçu par Jean comme cet Agneau de Pâques immolé lors de la sortie d’Egypte et la libération de l’esclavage. Il le reconnaît dans sa plénitude de Fils sur qui repose l’Esprit. La  mission du Baptiste se trouve accomplie: Être la voix qui conduit à cet Autre, plus grand que lui – et s’effacer.

> Il peut inspirer notre vie de baptisés: Aspirer à laisser toute la place à Jésus, présent dans ses frères et sœurs – les nôtres. Renoncer à vouloir tout ramener à nous-mêmes, à ce cher MOI-JE, et laisser la place, laisser la parole à l’autre, ce petit plus grand que nous. Un bonheur à découvrir en cours d’emploi.

Dimanche du Baptême du Seigneur – Année A – 11 janvier 2026

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

(Matthieu 3,17)
(Image : Qasr el Yahud, sur les rives du Jourdain, l’un des lieux traditionnellement associés au baptême de Jésus.)

> Le Jourdain n’a rien d’un fleuve majestueux. C’est une rivière étroite, aux eaux parfois troubles, que Jésus choisit pourtant pour s’y plonger. Il ne fait pas semblant : il descend vraiment. Lui, le Fils, entre dans les eaux comme un homme parmi les hommes, comme s’il voulait rejoindre ce qui est lourd, opaque, enfoui. Et soudain, les cieux s’ouvrent. Le Père parle. Non pour glorifier, mais pour aimer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » Une parole qui dit la dignité reçue, l’appartenance profonde, la joie d’un lien que rien ne peut briser.

> Il y a des semaines où les mots semblent trop fragiles, où même les silences ont du poids. Le drame de Crans-Montana, en cette nuit de fête devenue nuit de deuil, a laissé notre pays sous le choc. D’autres, ailleurs, portent aussi des pertes lourdes, des blessures profondes, des silences qui crient. Et pourtant, l’Évangile ose encore une parole : non pour effacer la peine, mais pour la traverser. Ce n’est pas parce que tout va bien que cette parole résonne. C’est parce que Dieu s’y engage. Et au cœur même des eaux sombres, une voix continue de nous rappeler : « Tu es mon enfant bien-aimé. » Que cette parole soit pour nous, en ces jours, un abri et une force. Qu’elle ravive en nous la confiance que, même là où l’on ne voit plus clair, l’Esprit descend encore, discret comme une colombe. Et que ce souffle nous relève. Amen.

> Toute l’équipe des rédacteurs de L’Évangile à l’écran est en communion de prière avec celles et ceux qui, cette semaine, traversent l’épreuve.

Dimanche de l’Épiphanie du Seigneur – A – 4 janvier 2026

UN EXEMPLE À SUIVRE

« Ils répondirent (à Hérode) à Bethléhem de Juda … »

(Matthieu 2, 5)

> Ce récit de la visite des mages et de l’inquiétude naissante chez le roi Hérode nous donne un exemple à suivre : en toutes circonstances, l’important est de dire la vérité. L’annonce de la naissance du Roi promis par les Ecritures cause du trouble parmi le peuple, jusqu’au chez le roi lui-même. Les Juifs qui, pourtant, possèdent les Ecritures, n’en tirent pas profit. L’annonce de la délivrance y est mise en avant. Elle s’opérera par leur vrai roi, le fils de David, mais les Juifs ne l’attendent nullement. Au contraire, sa naissance les trouble au lieu de les réjouir. Le roi Hérode s’inquiète pour son trône et il interroge les « sachants » qui révèlent sans détour la vérité.

> Il devrait en aller de même pour nous : quand on nous interroge, répondons avec sincérité, sans condescendance, ni acception de personne. C’est là notre témoignage, et il peut mettre en route, souvent à notre insu, les personnes qui l’entendent. L’épiphanie, c’est la manifestions d’une réalité cachée. Montrons-la et faisons à confiance à l’Esprit pour œuvrer à salut dans les cœurs.

Bonne Année 2026 avec nous !

Dimanche de la Nativité du Seigneur – A – 25 décembre 2025

« Tous nous avons eu part à sa plénitude ; nous avons reçu un don après l’autre. Dieu nous a donné la loi par Moïse ; mais le don de la vérité est venu par Jésus-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu. Mais le Fils unique, qui est Dieu et qui vit dans l’intimité du Père, lui seul l’a fait connaître. »

Jean 1.16-18

Joyeux Noël… vu d’en-haut !

> Les Évangiles de Matthieu et Luc nous racontent la nativité tels que des témoins oculaires l’ont reportée, et nous y rencontrons la « sainte famille ». L’auteur du quatrième Évangile nous fait le cadeau de découvrir « Noël vu d’en-haut », depuis la perspective céleste, et lève ainsi un bout du voile qui nous fait entrevoir la « sainte famille céleste ».

> La forme poétique invite à la méditation, à la contemplation et à l’émerveillement. Si vous avez du temps autour de ce changement de l’an (ou décidez d’en prendre), profitez pour méditer ces 18 premiers versets de l’œuvre attribuée à Jean. C’est un vrai repas de fête spirituel : il y est question de

la Parole, la Vie, la Lumière, la Gloire, la Vérité,

autant de dons qui sont dépeints comme sur un tableau impressionniste dans ce prologue de l’Évangile. Ils seront développés tout au long du livre.

> Le plus précieux d’entre eux que Jésus vient partager, c’est l’intimité que les enfants de son Père céleste peuvent expérimenter à sa suite. Il est venu pour nous la faire connaître et nous y faire goûter à notre tour ! Laissons Jésus nous prendre par la main et nous conduire plus profondément dans cette relation d’amour avec son Père, qui est aussi notre Père (Jean 20.17) ! Et pourquoi ne pas partager la joie qui en découle avec ceux qui nous entourent.

Bon repas de fête spirituel dans l’intimité de notre Dieu !

4e dimanche de l’Avent 🕯️🕯️🕯️🕯️ – A – 21 décembre 2025

️ « Tu lui donneras le nom de Jésus, c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve. »

(Mt 1, 20)

> Nous voici tout près de Noël. En ce 21 décembre, une prière1 de l’Avent, chantée ou récitée, évoque le Sauveur comme un « Soleil levant », alors que l’Évangile nous raconte comment Joseph, l’époux de Marie, apprit en songe le nom humain du Sauveur à naître.

L’histoire de ce couple n’est pas ce qu’il y a de plus glorieux pour l’époque en Orient : La fiancée est enceinte avant le mariage, et ceci de “père inconnu“ ! C’est le déshonneur pour tous les deux et, en conséquence, la répudiation de la jeune femme.

L’histoire du salut, elle, se situe à un tout autre niveau. Il fallait une dose de foi extraordinaire à Marie comme à Joseph pour adhérer au dessein de Dieu. Alors que Marie, ne connaissant pas d’homme, avait dit son : « Qu’il me soit fait selon ta parole », Joseph, de son côté, ayant déjà formé son projet à lui (v.20 a), applique sans discuter ce que l’ange lui avait prescrit. La consigne : « Tu lui donneras le nom de Jésus », lui confère clairement l’autorité paternelle sur l’enfant qui naîtra de son épouse.

> Son nom est Jésus, c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve. La naissance de l’Enfant-Dieu était en quelque sorte suspendue à l’obéissance de foi d’un jeune couple de gens à l’apparence toute ordinaire. Voilà comment Dieu s’y prend pour mettre en route le salut du monde. L’invitation est lancée à lui ouvrir, nous aussi, avec foi, notre simple quotidien pour qu’il y réalise son dessein d’amour.

  1. (Les antiennes O sont de courtes prières utilisées dans la prière des Heures, plus précisément aux Vêpres (la prière du soir), durant les derniers jours avant Noël. Elles commençent toutes par « ô ») ↩︎

️3e dimanche de l’Avent 🕯️🕯️🕯️ – A – 14 décembre 2025

« Es-tu celui qui vient ? ou devons-nous en attendre un autre ? »

(Mt 11, 3)

> Je m’imagine Jean- Baptiste au fond de son cachot, rongé par le.doute….
Il avait annoncé un Messie qui s’imposerait par la.force, qui nettoierait la.place par le feu et la fourche… et voilà que les échos qui lui parviennent ne correspondent pas à cette image! Jésus guérit, aime ses ennemis et pardonne même aux pêcheurs acoquinés avec les Romains!!
Alors il remet en question ses intuitions: es-tu VRAIMENT celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre? Il est mis au défi de changer sa théologie et d’accueillir un Messie tourné vers la douceur et la ienveillance.

> Combien de fois m’arrive-t-il de douter du charisme des personnes que je côtoie parce qu’ils me déçoivent…? J’attendais leur brio, leur courage, une manière de faire qui transformerait radicalement le réel et c’est comme s’ils n’étaient pas à la hauteur de mes espoirs!
Lorsque cela arrive: me souvenir de la juste attitude de Jean-Baptiste qui est de parler directement à Jésus de sa déception et il peut recevoir une réponse claire: le Royaume n’est pas là où il l’attendait !!
Jésus fabrique le Royaume dans le corps-à-corps avec ceux qu’il rencontre, il épouse leur chair et les rend à la Vie.
J’espère que Jean-Baptiste aura dépassé ses doutes et aura eu cette conviction: oui, amen, Jésus était bien celui qui devait venir!

> Bonne dernière ligne droite avant Noël!!!

2e dimanche de l’Avent 🕯️🕯️ – A – 7 décembre 2025

« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

(Mt 3, 2)

> Voilà plus de vingt siècles que cette voix résonne : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Et pourtant, rien ne semble venir. L’expression a souvent été récupérée par des prédicateurs de fin du monde ou des marchands de peur. Mais le mot grec utilisé dans l’Évangile signifie plutôt que le Royaume s’est approché, qu’il est déjà là, tout près — non pas dans un futur à attendre, mais dans une proximité réelle, presque géographique. Le Royaume n’est pas une échéance à redouter, mais une Présence à accueillir. Jean ne prophétise pas un calendrier divin, mais une urgence intérieure : Dieu est déjà là, à la porte de nos vies. Il ne s’agit pas d’attendre un événement lointain, mais de nous rendre présents à Celui qui est déjà proche.

> Se convertir, ce n’est pas changer d’un coup pour éviter la punition, c’est choisir de vivre autrement, parce que Quelqu’un vient — et que sa venue transforme tout. L’Avent nous invite à préparer notre cœur, non par peur, mais par espérance. Ce n’est pas la perfection qu’on attend de nous, mais une disponibilité vraie : reconnaître nos zones d’ombre, demander pardon, et désirer plus de lumière. Jean le rappelle avec force : la vraie foi se reconnaît aux fruits. Il ne suffit pas de croire ou de pratiquer : il s’agit que notre vie porte la trace de l’amour reçu. Cette semaine, choisissons de vivre « comme si » le Royaume était tout proche — parce qu’il l’est. Amen.

1er Dimanche de l’Avent 🕯️- A – 30 novembre 2025

« Les gens ne se sont doutés de rien…»

(Matthieu 24, 39)

DOUTER OU NE PAS DOUTER ?

> A l’époque de Noé, ses voisins étaient dans le doute sur la vérité des affirmations clamées par lui. De plus, ils ignoraient (dans le sens ne pas savoir) la suite des événements et donc, ils n’avaient aucune appréhension. Pourtant, à leurs dépens, ils firent les frais de leur double manquement.

Aujourd’hui, bien de nos concitoyens ne doutent de rien. Ils témoignent d’une assurance excessive en tranchant hardiment en diverses matières, entre autres en matière de religion. Dans leur esprit, bien souvent tout est carré, propre en ordre : ils se sont fait un rituel, voire un dieu, qui convient à leur conception de la vie. Ils ont oublié que Dieu est Dieu, qu’Il agit selon ses plans. Si sa venue est certaine, nul ne connaît ni le jour, ni l’heure.

> Nous qui sommes sûrs de son prochain retour, veillons et offrons à Dieu nos prières pour nos proches et nos voisins. N’est-ce pas cela aussi être prêts : rendre témoignage

Dimanche du CHRIST-ROI – C – 23 novembre 2025

« N’as-tu donc aucune crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos actes ; mais celui-ci n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume. »

(Luc 23.40-42)

> En venant dans le monde, le Fils de Dieu s’est abaissé pour se mettre à notre hauteur. C’est à la croix que nous le rencontrons face-à-face, tels les deux criminels crucifiés avec lui.

> L’un des deux se laisse entraîner par la moquerie des chefs religieux et des soldats. Il insulte Jésus, s’enfonçant ainsi plus profondément dans sa perdition.

> L’autre, dans la même situation de dénuement et de souffrance terribles, fait preuve d’un discernement incroyable : il reconnaît l’autorité de Dieu dans ce qui se passe ; il reconnaît sa culpabilité quant à sa condamnation – une manière de faire pénitence ; il reconnaît l’innocence de Jésus ; il reconnaît enfin que Jésus est Roi, et que ce Roi instaurera un jour son royaume dont il aimerait faire partie !

> Jésus-Christ, qui n’a pas connu le péché mais que Dieu a fait pour nous péché afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu (2 Corinthiens 5.21), accueille l’homme repentant et lui promet une bonheur plus proche encore que ce qu’il aurait pu imaginer : « Amen, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » (Luc 23.43)

C’est à la croix que le Christ-Roi me rencontre face-à-face, et dans un cœur-à-cœur il me dit :

  • Je me suis abaissé pour me mettre à ta hauteur.
  • Ici, à la croix, j’ai pris sur moi tes péchés, ta culpabilité et ta honte.
  • Tu peux, comme celui sur un côté, te détourner de moi et rester avec ton fardeau.
  • Tu peux, comme celui sur l’autre côté, reconnaître ton fardeau, et le déposer à mes pieds.
  • Ceux qui m’accueillent ainsi comme Roi et me suivent, ne marcheront plus dans les ténèbres, mais ils auront la lumière de la vie. (Jean 8.12)
  • Comment lui réponds-tu ?

Et si tout ceci t’est déjà bien connu, prie pour ceux qui, autour de toi, l’ignorent encore.