3e dimanche de Pâques – A – 19 avril 2026

«Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux.»

(Luc 24.31)

> Comme je les aime ces disciples qui sont arrivés à Emmaüs!!
Après avoir promené leur chagrin avec cet étranger et avoir pu déverser leurs regrets, leurs sentiments d’injustice et leur tristesse, les voilà attablés avec lui.
On imagine aisément combien la fraction du pain est le moment-clef de leur journée, celui qui leur permet de la relire avec les yeux du cœur et de goûter a posteriori la saveur des Écritures que l’étranger leur a si bien expliquées.
Et voilà que, ô surprise, il disparaît de leurs yeux, insaisissable ami de toujours qui s’envole à nouveau vers d’autres apparitions!!

>La chaise basculée dans le tableau d’Arcabas évoque bien qu’on ne peut jamais s’asseoir sur ses lauriers avec Jésus!! Toujours invité.es à se remettre en route dans la quête de sa Présence et du bon goût que prend grâce à Lui la communion au Verbe, ainsi qu’au pain et au vin que nous tenons de Lui…
Dans ce temps d’après Pâques, me souvenir de chercher ces instants de communion, de les chérir et de les proposer à d’autres, car le bonheur double s’il est partagé!!

« Nous avons marché ensemble vers Emmaüs
et nous croyons que tu es le pèlerin invisible parmi nous.
Toi, le Ressuscité, tu nous ouvres les uns aux autres
et tu fais monter en nous une joie et une force nouvelles.
Désormais dans nos Emmaüs de chaque jour,
nous ne voulons plus marcher sans toi
mais en tout, suivre le chemin que tu nous as tracé.
Chemin de justice et de paix, de vérité et de fidélité,
chemin qui nous conduit vers le Père et vers le cœur de chacun. »

(Prière de Martin Hoegger)

2e dimanche de Pâques – A – 12 avril 2026

Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

(Jean 20, 28)

> On a trop souvent vu Thomas comme l’incrédule de service. Et il y a de quoi : il prétendait lui-même qu’il ne pourrait pas croire s’il ne mettait pas le doigt dans les plaies du Christ. Mais lorsque le Christ est devant lui et lui propose d’avancer son doigt, Thomas s’exclame seulement « Mon Seigneur et mon Dieu ! », ce faisant il fait une profession de foi bien supérieure aux autres disciples qui l’entourent !

> Ce serait si triste, si la science expliquait tout. Notre foi n’aurait plus la même valeur si toutes ses composantes étaient prouvées scientifiquement. Ce qui est beau, c’est précisément de croire sans avoir besoin de preuves. C’est un élan du cœur et de l’esprit.

> Cette semaine, trouvons le bon moment pour nous exclamer nous aussi, comme Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! », que ce soit devant un magnifique paysage, devant un événement particulier, bref devant la présence de Dieu qui surgit dans la lumière pascale, à sa façon, dans nos journées.

Veillée Pascale – A – 4 avril 2026

« Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. »

(Matthieu 28, 6)

> À l’aube, les femmes marchent vers le tombeau pour clore une histoire douloureuse. Elles s’attendent au silence de la mort, mais elles trouvent une pierre roulée : non pas pour laisser sortir Jésus, mais pour les laisser entrer, elles, dans la lumière de la Résurrection. L’ange leur annonce alors l’incroyable : « Il n’est pas ici ». Ce vide n’est pas une absence, c’est une victoire. En ajoutant « comme il l’avait dit », l’ange rappelle que la foi ne repose pas sur un coup de théâtre, mais sur la fidélité absolue de Dieu à sa parole.

> Cette nuit, laissons-nous surprendre. Combien de fois restons-nous figés devant nos propres « tombeaux », nos échecs ou nos deuils, en pensant que tout est fini ? L’ange nous redit : « Ne cherche pas le Vivant chez les morts ». Ne laissons pas nos peurs murer notre horizon. Le Christ nous précède déjà en Galilée, c’est-à-dire au cœur de nos vies quotidiennes, là où tout peut recommencer. Que la joie de Pâques nous remette en route : l’Amour a eu le dernier mot. Joyeuses Pâques !

Dimanche des Rameaux et de la Passion – A – 29 mars 2026

« Serait-ce moi, Seigneur ? »

(Matthieu 26, 22)

> La question « Serait-ce moi ? » résonne étrangement dans la bouche des disciples. Peu de temps avant, cette même inquiétude les poussait à demander : « Qui de nous est le plus grand ? ». Dans les deux cas, la formulation est similaire, mais le cœur a changé. D’abord, « Serait-ce moi ? » était un désir de supériorité, une façon de se mettre au-dessus des autres. Ici, face à l’annonce de la trahison, elle devient un examen de conscience : « Serait-ce moi capable du pire ? ». Ce glissement est capital. Jésus ne cherche pas à les culpabiliser en leur faisant peur, mais à les faire passer de l’illusion de leur propre grandeur à la vérité de leur fragilité. Comprendre que l’on peut trahir, c’est cesser de se croire intouchable et commencer à devenir humble.

> Cette semaine, utilisons cette question « Serait-ce moi ? » non pas comme un juge sévère, mais comme un outil de lucidité. Quand nous sommes tentés de juger les autres ou de nous croire meilleurs, demandons-nous : « Serait-ce moi, par orgueil, en train de m’éloigner de l’amour ? ». Reconnaître notre fragilité n’est pas un échec, c’est la condition pour accueillir la force de Dieu. Que cette prise de conscience nous rende plus indulgents envers les fautes des autres, puisque nous savons maintenant que nous aurions pu être à leur place. Que la paix du Christ, qui connaît nos cœurs mieux que nous, nous garde dans l’humilité et l’espérance. Amen.

5e dimanche de Carême – Année A – 22 mars 2026

« Enlevez la pierre.»

(Jean 11, 39)

>Un Dieu rouleur de pierres, ouvreur de tombeaux?

Nos textes le suggèrent, soit Ézéchiel : “Je vais ouvrir vos tombeaux.” (37,12), soit l’Évangile, qui abonde d’ordres donnés dans ce sens: “Enlevez la pierre!” – ”Lazare, viens dehors !” – “ Déliez-le, et laissez-le aller!”

> En méditant l’histoire de Lazare aujourd’hui, nous pourrions traduire ces ordres par: “Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés !”

Car, les pierres à rouler, les tombeaux à ouvrir et les bandelettes à délier ne manquent pas dans nos vies.

Si, par le baptême, nous avons été plongés avec le Christ dans sa mort pour vivre de sa vie, notre chemin est néanmoins parsemé de “morts intermédiaires“, de failles et de chutes, dont il nous relève patiemment. Non pas par des apparitions , puisqu’elles ont pris fin avec son retour auprès du Père : désormais , c’est à nous, ses disciples, de prendre soin les uns des autres. Et c’est donc à nous de nous improviser rouleurs de pierres , ouvreurs de tombeaux délieurs de bandelettes quand le frère est en difficulté. Pas besoin de technique spéciale; une écoute, un mot de réconfort, une présence gratuite… et bien d’autres gestes permettront qu’ensemble, nous puissions avancer librement et pleins de confiance sur notre route pascale.

4e dimanche de Carême – Année A – 15 mars 2026

« Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »

(Jean 9, 21)

> Ces quelques mots sont tirés de la scène de l’aveugle-né à qui Jésus rend la vue. Les personnes qui retrouvent l’aveugle devenu voyant font preuve à leur tour d’un aveuglement sans bornes et ne croient pas son témoignage. Au point d’aller demander à ses parents s’il était bien aveugle de naissance. Les parents répondent : « Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »

> Combien de fois, dans nos vies, jasons-nous sur untel ou sur telle situation, combien de fois en parlons-nous à droite et à gauche mais en évitant soigneusement d’aller interroger la personne concernée ? « Interrogez-le… il est assez grand pour s’expliquer. »

> Et si nous prenions notre courage à deux mains pour aller trouver, cette semaine, une personne à qui l’on n’a jamais osé poser telle ou telle question ? Vous verrez, elle est assez grande pour s’expliquer… et ça vaut mieux que de parler dans son dos.

3e dimanche de Carême – Année A – 8 mars 2026

« Si tu savais le don de Dieu… »

(Jean 4, 10)

> Elle ne savait pas, cette Samaritaine, en partant au puits ce midi-là qu’elle allait rencontrer le Messie…
Elle ne savait pas qu’Il allait faire exploser tous les codes en lui parlant, en lui demandant à boire et en lui disant tout ce qu’elle avait fait, jusque dans les moindres détails de vie privée.
Elle ne savait pas qu’elle allait laisser en plan sa cruche, toute à sa joie d’avoir découvert une Source de connaissance aussi intime et profonde, de celles capables d’étancher la soif de vérité…

> Et toi: sais-tu le don de Dieu?
Si tu sais le don de Dieu, tu peux laisser aller tes faux semblants et puiser toi aussi à ce puits qui nous fait nous découvrir autrement.
Si tu sais le don de Dieu, tu peux dialoguer avec Sa Parole et y trouver cette Source promise qui jaillit jusque dans la vie éternelle.
Si tu sais le don de Dieu, tu peux le partager avec d’autres, comme un témoignage vibrant de sincérité et qui rayonne autour de toi.

Alors fais un bout de route avec d’autres!

Si on creuse vers cette Source à deux ou trois, ensemble, plus profondément… on saura!

2e dimanche de Carême – Année A – 1e mars 2026

« Il fut transfiguré devant eux : son visage se mit à briller comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. »

(Matthieu 17.2)

> Les trois disciples qui l’accompagnent sur la montagne vivent ce que Jésus avait annoncé six jours plus tôt : « quelques-uns de ceux qui se tiennent ici ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant dans sa royauté. » (16.28) C’est bien ce qui se passe ici, le rayonnement du visage et la blancheur des vêtements expriment la gloire de Jésus, le Roi à venir, et qui d’une certaine manière est déjà là…

> Vient la nuée lumineuse et la voix du Père qui réitère l’identité de Jésus et le plaisir que le Père trouve en son Fils, suivi de l’appel à l’écouter. C’est maintenant que les disciples sont comme foudroyés, pris de crainte. Mais Jésus vient les toucher et les rassurer (voir aussi Apocalypse 1.17), il est toujours aussi humain qu’avant. Et il leur impose le silence jusqu’à ce qu’il soit ressuscité d’entre les morts.

> L’événement permet aux disciples non de comprendre tout ce qui suivra, mais d’être comme ancré dans la confiance que, quoiqu’il arrive, il ne faut pas perdre de vue ce Jésus, si humain, en qui ils fréquentent pourtant de si près la gloire de Dieu. Ils en auront bien besoin, au fur et à mesure que la croix approchera.

Pour nous qui nous situons au-delà de la Passion, confiants que notre Sauveur est vivant pour toujours, cet événement rappelle qu’une nouvelle venue du Fils de l’homme / de Dieu est à venir, quand le Roi non seulement viendra à la vue de tous, mais instaurera le Règne final, éternel !

Cette perspective peut-elle être rassurante dans les temps présents ? pourquoi ?
Peut-elle nous aider à rester fidèles au Roi ? comment ?

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir. Écoutez-le ! »

1e Dimanche de Carême – Année A – 22 février 2026

« Si tu es le Fils de Dieu… »
[…] « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes devant moi. »

(Mt 4, 3.6.9)

> Au baptême, Dieu avait parlé à l’indicatif : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Au désert, une autre voix se lève — et elle parle autrement. « SI tu es le Fils de Dieu… » Deux fois. Puis encore : « Tout cela, je te le donnerai, SI tu te prosternes devant moi. » Le même mot revient, comme un refrain discret : SI. Dieu affirme. Le diable conditionne. Il ne conteste pas ouvertement l’identité de Jésus ; il la met à l’épreuve. Il glisse le doute, puis il introduit le marchandage. D’abord : prouve qui tu es. Ensuite : gagne sans passer par le chemin du Père. Ce qui était donné gratuitement devient quelque chose à démontrer, puis à négocier.

> Cette petite syllabe traverse aussi nos semaines. « Si tu étais vraiment croyant… si tu étais vraiment à la hauteur… » Alors nous cherchons à prouver, à réussir, à convaincre — parfois même à faire des compromis pour obtenir plus vite ce que nous désirons. Pourtant, Dieu ne nous parle pas au conditionnel. Il dit : « Tu es mon fils, tu es ma fille. » Celui qui reçoit cette parole n’a rien à prouver et rien à vendre. En ce début de Carême, demandons la grâce de rester dans l’affirmation paisible de Dieu, sans entrer dans les marchés du doute. Que sa Parole nous suffise et nous garde fidèles. Amen.