12e dimanche du temps ordinaire – A – 21 juin 2026

« Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits»

(Mt 10, 27)
(Image «whispering» de Igor Kocka sur Pixabay. Libre de droit)

Pistes a suivre

> Après que Jésus a eu annoncé des persécutions, voilà qu’il poursuit son discours par un tonitruant : Ne les craignez pas ! Viennent ensuite les indications sur la conduite à tenir quant à ce qui est entendu et ce qui est dit. Ne nous dit-il pas d’aller par le monde proclamer l’Évangile ? Une mission qui peut effrayer ! Jésus propose le contre-pied de la crainte : le courage. La force est à aller chercher dans ce qui est entendu aux creux de l’oreille, dans ce rapport intime avec Celui qui est là dans les ténèbres, dans le secret, dans le dialogue priant avec Dieu (Mt 6, 6). Il déstabilise bien souvent, il éclaire Sa volonté, il donne Sa paix (Philippiens 4, 7).

> Puisque cette paix garde nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus, alors nous pouvons passer des ténèbres à son admirable lumière et proclamer sans crainte Son amour et Sa justice. N’hésitons plus que notre foi intime devienne une foi assumée et partagée.

11e dimanche du temps ordinaire – A – 14 juin 2026

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

(Mt 9,37-38)

> Ce n’est pas la seule fois que Jésus emprunte une image agricole pour parler des réalités du Royaume. D’abord celle de la moisson, puis celle du troupeau. Dans les deux, il est attristé par ce qui manque : soit les moissonneurs, soit le berger. Et là, en voyant tous ces gens laissés à eux-mêmes, son cœur de Berger est saisi de compassion. Il vient à leur secours, non pas par un soudain miracle, mais en sollicitant la participation des disciples à son “plan pastoral“. D’abord il leur demande de prier. Ensuite seulement, il les appelle chacun par son nom pour les envoyer en mission, leur donnant pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Ils n’auront pas à en tirer orgueil ni à chercher une récompense : Le Leitmotif du Maître sera le leur :

« Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

> On n’est pas si loin de la situation de nos paroisses qui se fragilisent. Ceci a pour avantage de déclencher notre créativité pastorale. En suivant la “méthode Jésus“, nous saurons commencer comme lui par solliciter la prière de la communauté. Quant aux tâches à distribuer, souvenons-nous que la gratuité est la marque de fabrique de l’agir chrétien.

Veillée Pascale – A – 4 avril 2026

« Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. »

(Matthieu 28, 6)

> À l’aube, les femmes marchent vers le tombeau pour clore une histoire douloureuse. Elles s’attendent au silence de la mort, mais elles trouvent une pierre roulée : non pas pour laisser sortir Jésus, mais pour les laisser entrer, elles, dans la lumière de la Résurrection. L’ange leur annonce alors l’incroyable : « Il n’est pas ici ». Ce vide n’est pas une absence, c’est une victoire. En ajoutant « comme il l’avait dit », l’ange rappelle que la foi ne repose pas sur un coup de théâtre, mais sur la fidélité absolue de Dieu à sa parole.

> Cette nuit, laissons-nous surprendre. Combien de fois restons-nous figés devant nos propres « tombeaux », nos échecs ou nos deuils, en pensant que tout est fini ? L’ange nous redit : « Ne cherche pas le Vivant chez les morts ». Ne laissons pas nos peurs murer notre horizon. Le Christ nous précède déjà en Galilée, c’est-à-dire au cœur de nos vies quotidiennes, là où tout peut recommencer. Que la joie de Pâques nous remette en route : l’Amour a eu le dernier mot. Joyeuses Pâques !

2e dimanche de Carême – Année A – 1e mars 2026

« Il fut transfiguré devant eux : son visage se mit à briller comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. »

(Matthieu 17.2)

> Les trois disciples qui l’accompagnent sur la montagne vivent ce que Jésus avait annoncé six jours plus tôt : « quelques-uns de ceux qui se tiennent ici ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant dans sa royauté. » (16.28) C’est bien ce qui se passe ici, le rayonnement du visage et la blancheur des vêtements expriment la gloire de Jésus, le Roi à venir, et qui d’une certaine manière est déjà là…

> Vient la nuée lumineuse et la voix du Père qui réitère l’identité de Jésus et le plaisir que le Père trouve en son Fils, suivi de l’appel à l’écouter. C’est maintenant que les disciples sont comme foudroyés, pris de crainte. Mais Jésus vient les toucher et les rassurer (voir aussi Apocalypse 1.17), il est toujours aussi humain qu’avant. Et il leur impose le silence jusqu’à ce qu’il soit ressuscité d’entre les morts.

> L’événement permet aux disciples non de comprendre tout ce qui suivra, mais d’être comme ancré dans la confiance que, quoiqu’il arrive, il ne faut pas perdre de vue ce Jésus, si humain, en qui ils fréquentent pourtant de si près la gloire de Dieu. Ils en auront bien besoin, au fur et à mesure que la croix approchera.

Pour nous qui nous situons au-delà de la Passion, confiants que notre Sauveur est vivant pour toujours, cet événement rappelle qu’une nouvelle venue du Fils de l’homme / de Dieu est à venir, quand le Roi non seulement viendra à la vue de tous, mais instaurera le Règne final, éternel !

Cette perspective peut-elle être rassurante dans les temps présents ? pourquoi ?
Peut-elle nous aider à rester fidèles au Roi ? comment ?

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir. Écoutez-le ! »

1e Dimanche de Carême – Année A – 22 février 2026

« Si tu es le Fils de Dieu… »
[…] « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes devant moi. »

(Mt 4, 3.6.9)

> Au baptême, Dieu avait parlé à l’indicatif : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Au désert, une autre voix se lève — et elle parle autrement. « SI tu es le Fils de Dieu… » Deux fois. Puis encore : « Tout cela, je te le donnerai, SI tu te prosternes devant moi. » Le même mot revient, comme un refrain discret : SI. Dieu affirme. Le diable conditionne. Il ne conteste pas ouvertement l’identité de Jésus ; il la met à l’épreuve. Il glisse le doute, puis il introduit le marchandage. D’abord : prouve qui tu es. Ensuite : gagne sans passer par le chemin du Père. Ce qui était donné gratuitement devient quelque chose à démontrer, puis à négocier.

> Cette petite syllabe traverse aussi nos semaines. « Si tu étais vraiment croyant… si tu étais vraiment à la hauteur… » Alors nous cherchons à prouver, à réussir, à convaincre — parfois même à faire des compromis pour obtenir plus vite ce que nous désirons. Pourtant, Dieu ne nous parle pas au conditionnel. Il dit : « Tu es mon fils, tu es ma fille. » Celui qui reçoit cette parole n’a rien à prouver et rien à vendre. En ce début de Carême, demandons la grâce de rester dans l’affirmation paisible de Dieu, sans entrer dans les marchés du doute. Que sa Parole nous suffise et nous garde fidèles. Amen.

6e Dimanche du temps ordinaire – A – 15 février 2026

«Jésus dit : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.»

(Matthieu 5, 17)

UNE MEILLEURE VISÉE

> Le XXème siècle a mis en lumière le nivellement par le bas, une manière de contourner les difficultés en ramenant tout au degré le plus bas. Pensez à la réforme du français dont les règles sont parfois (souvent) compliquées mais au fond très logiques ! Drôle de façon de régler un problème que de l’évacuer.

La Loi que Dieu a donnée à son peuple est une loi pour le libérer de l’esclavage de l’idolâtrie. Elle est exigeante, même dans son condensé titré les dix commandements. De manière sournoise, avec des airs de faux-semblants, nous cherchons à niveler par le bas les conseils de la Loi. L’obéissance, attendue par Dieu pour notre bien, nous la contournons. Il y a bien des façons de désobéir tout en se montrant obéissant. Par exemple. obéir à la lettre tout en négligeant l’esprit de la Loi.

>Jésus propose une meilleure visée : plus haut, qu’il introduit par une série de «mais moi, je vous dis…» aux exigences élevées.

>Toute personne (moi le premier) qui penserait que c’est impossible devrait se remémorer les paroles de Jérémie (31, 33) : «Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.» Haut les cœurs les amis !

« PS : Vous remarquerez peut-être une petite nouveauté sur nos images cette semaine… Notre logo fait peau neuve pour mieux illustrer notre mission : faire rayonner l’Évangile sur tous vos écrans ! »

5e Dimanche du temps ordinaire – A – 8 février 2026

« De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

(Matthieu 5,16)

> Nos dons, nos qualités, nos talents ne sont pas faits pour être cachés, exactement comme une lampe n’est pas faite pour être glissée sous un lit (sauf si l’on recherche un objet perdu en-dessous, évidemment !)

> Et pourtant ! Qu’est-ce qu’elle avait mauvaise presse, la personne qui mettait en avant ses dons, les mettait en lumière, les rendait visibles ! Pendant des siècles, on avait meilleur temps de ne surtout pas faire cela si l’on voulait passer pour un bon chrétien… Dès qu’une personne montrait ses talents, on la taxait d’égocentrisme. Cette fausse vision d’une humilité gommant toutes nos qualités n’est pas tout à fait guérie : aujourd’hui ce sont celles et ceux qui se montrent sur YouTube et les réseaux sociaux qui sont suspectés d’être de mauvais chrétiens « parce qu’on les voit trop ».

> Dieu ne nous demande pas d’être imbus de nous-mêmes. Mais il nous demande de mettre en lumière les qualités qu’il nous a données, pour qu’elles soient au service des autres, exactement comme la lumière éclaire celui qui en a besoin. Alors, sans vous croire des stars pour autant, « que votre lumière brille devant les hommes », c’est Jésus qui vous le demande.

4e Dimanche du temps ordinaire – A – 1e février 2026

« Heureux celles et ceux qui … »

Mt 5 ,3-10

> Jésus a réussi ! Une énorme foule de toute la Galilée et des régions avoisinantes le suit. Il les appelle à se repentir, changer de vie, découvrir le règne qui vient avec lui, dont les guérisons et délivrances qu’il réalise sont des signes spectaculaires.

> Ces gens sont sans doute heureux de découvrir un tel guide. Ou du moins, ils peuvent le devenir, car c’est précisément ce qu’il leur promet ici sur la montagne : le bonheur. Seulement, le bonheur de son Évangile est à coup sûr très différent de tant de « bonheurs » qu’on a pu leur promettre, ou qu’on nous promet aujourd’hui, par-ci par-là :

« Heureux ceux qui sont humbles de cœur,
car le royaume des cieux est à eux !
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés !
Heureux ceux qui sont doux,
car ils recevront la terre en héritage !
Heureux ceux qui ont faim et soif d’un monde juste,
car ils seront comblés !
Heureux ceux qui sont pleins de bonté pour les autres,
car on sera plein de bonté pour eux !
Heureux ceux qui ont le cœur pur,
car ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés enfants de Dieu !
Heureux ceux qu’on persécute à cause de leur combat pour la justice,
car le royaume des cieux est à eux ! »

> Envie d’être heureux comme ça ? Alors embrassons de tout notre cœur et de toutes nos forces cette vision du bonheur, et suivons Jésus, le Roi du royaume des cieux, qui nous guide, jour après jour, à vivre comme lui. Voici le bonheur que Jésus nous promet !

3e Dimanche du temps ordinaire – A – 25 janvier 2026

« Venez à ma suite et je vous ferais pêcheurs d’hommes »

Mt 4 ,19

> J’ai beaucoup d’admiration pour Pierre, André, Jacques et Jean.
Absorbés qu’ils étaient à leur pêche, voilà que débarque un gaillard qui leur promet une autre pêche. Et ils laissent en plan leur bateau, leurs filets et même…leur père (pour Jacques et Jean) pour le suivre sur cette vague promesse : Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.
Dans un autre Evangile, il y a au moins la pêche miraculeuse pour leur donner un avant-goût de la suite et des miracles dont ils vont être témoins.
Mais dans celui de Mattieu, on ressent une décision radicale, comme si subitement leur horizon s’était élargi.
Jésus est Celui qui leur fait opérer un virage à 360° !
Désormais, puisque le Royaume des Cieux s’est approché, ils vont être mis au défi de le débusquer même dans leurs angles morts, et le champ de pêche va s’élargir …

> Voilà un texte qui m’invite à lever le nez du guidon de mes petites habitudes… pour le moins ! En ce début d’année, il me faut sortir de mes « fixettes » pour élargir mon regard et envisager que le Royaume se trouve parfois au-delà de mes œillères et que je suis invitée à partir à la pêche avec la même patience que ceux qui taquinent la truite en rivière !

Alors, bonne pêche, les amis !!

Dimanche du Baptême du Seigneur – Année A – 11 janvier 2026

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

(Matthieu 3,17)
(Image : Qasr el Yahud, sur les rives du Jourdain, l’un des lieux traditionnellement associés au baptême de Jésus.)

> Le Jourdain n’a rien d’un fleuve majestueux. C’est une rivière étroite, aux eaux parfois troubles, que Jésus choisit pourtant pour s’y plonger. Il ne fait pas semblant : il descend vraiment. Lui, le Fils, entre dans les eaux comme un homme parmi les hommes, comme s’il voulait rejoindre ce qui est lourd, opaque, enfoui. Et soudain, les cieux s’ouvrent. Le Père parle. Non pour glorifier, mais pour aimer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » Une parole qui dit la dignité reçue, l’appartenance profonde, la joie d’un lien que rien ne peut briser.

> Il y a des semaines où les mots semblent trop fragiles, où même les silences ont du poids. Le drame de Crans-Montana, en cette nuit de fête devenue nuit de deuil, a laissé notre pays sous le choc. D’autres, ailleurs, portent aussi des pertes lourdes, des blessures profondes, des silences qui crient. Et pourtant, l’Évangile ose encore une parole : non pour effacer la peine, mais pour la traverser. Ce n’est pas parce que tout va bien que cette parole résonne. C’est parce que Dieu s’y engage. Et au cœur même des eaux sombres, une voix continue de nous rappeler : « Tu es mon enfant bien-aimé. » Que cette parole soit pour nous, en ces jours, un abri et une force. Qu’elle ravive en nous la confiance que, même là où l’on ne voit plus clair, l’Esprit descend encore, discret comme une colombe. Et que ce souffle nous relève. Amen.

> Toute l’équipe des rédacteurs de L’Évangile à l’écran est en communion de prière avec celles et ceux qui, cette semaine, traversent l’épreuve.