Dimanche du Baptême du Seigneur – Année A – 11 janvier 2026

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

(Matthieu 3,17)
(Image : Qasr el Yahud, sur les rives du Jourdain, l’un des lieux traditionnellement associés au baptême de Jésus.)

> Le Jourdain n’a rien d’un fleuve majestueux. C’est une rivière étroite, aux eaux parfois troubles, que Jésus choisit pourtant pour s’y plonger. Il ne fait pas semblant : il descend vraiment. Lui, le Fils, entre dans les eaux comme un homme parmi les hommes, comme s’il voulait rejoindre ce qui est lourd, opaque, enfoui. Et soudain, les cieux s’ouvrent. Le Père parle. Non pour glorifier, mais pour aimer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » Une parole qui dit la dignité reçue, l’appartenance profonde, la joie d’un lien que rien ne peut briser.

> Il y a des semaines où les mots semblent trop fragiles, où même les silences ont du poids. Le drame de Crans-Montana, en cette nuit de fête devenue nuit de deuil, a laissé notre pays sous le choc. D’autres, ailleurs, portent aussi des pertes lourdes, des blessures profondes, des silences qui crient. Et pourtant, l’Évangile ose encore une parole : non pour effacer la peine, mais pour la traverser. Ce n’est pas parce que tout va bien que cette parole résonne. C’est parce que Dieu s’y engage. Et au cœur même des eaux sombres, une voix continue de nous rappeler : « Tu es mon enfant bien-aimé. » Que cette parole soit pour nous, en ces jours, un abri et une force. Qu’elle ravive en nous la confiance que, même là où l’on ne voit plus clair, l’Esprit descend encore, discret comme une colombe. Et que ce souffle nous relève. Amen.

> Toute l’équipe des rédacteurs de L’Évangile à l’écran est en communion de prière avec celles et ceux qui, cette semaine, traversent l’épreuve.

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