1e Dimanche de Carême – Année A – 22 février 2026

« Si tu es le Fils de Dieu… »
[…] « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes devant moi. »

(Mt 4, 3.6.9)

> Au baptême, Dieu avait parlé à l’indicatif : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Au désert, une autre voix se lève — et elle parle autrement. « SI tu es le Fils de Dieu… » Deux fois. Puis encore : « Tout cela, je te le donnerai, SI tu te prosternes devant moi. » Le même mot revient, comme un refrain discret : SI. Dieu affirme. Le diable conditionne. Il ne conteste pas ouvertement l’identité de Jésus ; il la met à l’épreuve. Il glisse le doute, puis il introduit le marchandage. D’abord : prouve qui tu es. Ensuite : gagne sans passer par le chemin du Père. Ce qui était donné gratuitement devient quelque chose à démontrer, puis à négocier.

> Cette petite syllabe traverse aussi nos semaines. « Si tu étais vraiment croyant… si tu étais vraiment à la hauteur… » Alors nous cherchons à prouver, à réussir, à convaincre — parfois même à faire des compromis pour obtenir plus vite ce que nous désirons. Pourtant, Dieu ne nous parle pas au conditionnel. Il dit : « Tu es mon fils, tu es ma fille. » Celui qui reçoit cette parole n’a rien à prouver et rien à vendre. En ce début de Carême, demandons la grâce de rester dans l’affirmation paisible de Dieu, sans entrer dans les marchés du doute. Que sa Parole nous suffise et nous garde fidèles. Amen.

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