19e dimanche du Temps Ordinaire – A – 9 août 2026

Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »

(Matthieu 14,29-30)

> Le problème de Pierre n’est pas de ne pas pouvoir marcher sur l’eau : il a commencé à le faire. Ce qui nous semble impossible est possible avec Jésus. Son problème, c’est la PEUR. C’est cela qui fait qu’il commence à s’enfoncer.

> Jésus passe son temps, notamment dans l’Evangile de Matthieu, à nous demander de ne pas avoir peur, de chasser cette émotion bien humaine mais qui paralyse aussi sûrement qu’elle empêche les miracles d’advenir.

> Lorsque nous ressentons la peur, fixons notre regard sur le Christ et chassons-la. Alors, il est bien possible que nous assistions à un miracle, pour nous ou pour autrui.

18e dimanche du Temps Ordinaire – A – 2 août 2026

« Quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. »

(Mt 14, 13)

> Cet Évangile déplace notre regard du miracle spectaculaire des pains vers ce qui le précède : Jésus apprend la mort de Jean le Baptiste. Cette nouvelle n’est pas anodine. Jean n’est pas n’importe qui pour Jésus : il est lié à lui par la parenté, mais surtout par la mission. Il a préparé sa venue et reconnu en lui l’Envoyé de Dieu. Sa mort violente annonce déjà le rejet que Jésus lui-même devra affronter. Jésus se retire alors dans un endroit désert, à l’écart. Mais la foule le rejoint, avec les malades qu’elle porte et sa faim. Et Jésus, malgré sa peine, se laisse saisir de compassion. Son cœur blessé ne se referme pas : il devient encore un lieu où Dieu donne la vie.

> Cette semaine, confions au Seigneur nos peines et ce qui nous blesse. Lui seul peut faire naître quelque chose de miraculeux là où nous ne voyons parfois qu’un poids à porter : une parole qui relève ou un geste qui nourrit. Malgré nos peines et nos blessures, que Jésus nous aide à garder le cœur ouvert en remettant tout entre les mains du Père, et à croire qu’une grâce peut encore passer par là. Amen.

17e dim. du Temps Ordinaire – A – 26 juillet 2026

« Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ… »

(Mt 13.44)

> Trois paraboles pour dire le Royaume…Un Royaume précieux mais qui requière une quête, un tri et du discernement !

> Dans la première parabole, le Royaume ne brille pas d’abord comme un coffre ouvert sur un trésor fabuleux, mais comme un champ rude, plein de pierres, de ronces et de silence.
Il faut parfois accueillir tout le champ pour recevoir le trésor, consentir à la terre lourde autant qu’à l’or caché.
Ainsi va notre vie: elle ne se laisse pas trier entre ce que nous aimons et ce que nous voudrions fuir.

> Mais au cœur même de la fragilité, Dieu enfouit une lumière que rien n’abolit. Dans la vieillesse, dans la dépendance, dans les jours pauvres en force et riches en attente, ce trésor prend souvent le visage discret de la patience, du courage, d’un regard encore offert, d’une main qui cherche une autre main.

> Et voici peut-être le plus beau renversement de la parabole: tandis que nous cherchons le trésor, Dieu lui-même cherche en chacun de nous cette part secrète que son amour reconnaît.
Même enfoui sous l’oubli, la maladie ou la peur, l’être humain demeure précieux à ses yeux.
La joie du découvreur devient alors la joie même de Dieu: contempler, sous la poussière du monde, l’inestimable trésor de chaque vie.

16e dimanche du Temps Ordinaire – A – 19 juillet 2026

« Mais les personnes qui sont fidèles à Dieu brilleront comme le soleil dans leroyaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

(Mt 13.43)

> Surprise : dans la perspective de cette parabole, le monde présent est le royaume de Dieu en croissance (v.41). Alors qu’on peut être découragé par tous les éléments ténébreux qui obscurcissent le monde présent, parfois même nos cœurs, Jésus nous rappelle que c’est bien dans notre réalité présente que son règne se développe.

> Pas de doute – en tout cas pour Jésus : ce qu’il sème produit des « justes », des femmes, hommes, enfants et aînés selon le cœur de Dieu. Il leur appartient de se concentrer sur la bonne semence, qui inclut tout ce qui est agréable à Dieu, ce qui est bon, juste et vrai. Voir et refléter la lumière plutôt que de se plaindre des ténèbres, ou pire, s’acharner contre elles.

> Que nos communautés soient des lieux où nous nous entraînons à vivre et cultiver l’Évangile, afin de pouvoir participer à la réalisation, ici et maintenant, du règne de notre Père céleste !

> Ce qui n’empêche que la mauvaise herbe existe, semée par le diable. Ce n’est pas à nous de l’éliminer, nous risquerions de faire des dégâts. Jésus dit qu’il y aura un moment où le tri se fera, ce qui est plutôt une bonne nouvelle si nous souffrons de voir le mal proliférer ou des méchants prospérer. En attendant, soyons patients, comme Dieu est patient, lui « qui veut que tous les humains soient sauvés, et qu’ils parviennent à
connaître la vérité. » (1 Timothée 2.4)

Questions

  • En quoi la promesse que Jésus s’occupera lui-même de la mauvaise herbe le moment venu peut-elle influencer positivement notre engagement pour lui et son règne ?
  • Ceux « qui sont fidèles à Dieu brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père » – comment réagissez-vous à cette promesse ?

15e dimanche du Temps ordinaire – A – 12 juillet 2026

« À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. »

(Matthieu 13, 12)

DRÔLE DE JUSTICE !

> Voilà une parole de Jésus qui surprend ! Où est la justice dans cette affirmation ? Où se cache l’amour dans un tel absolu ? Encore une fois, Jésus invite à reconsidérer notre manière « sage » de différencier ce qui est juste de ce qui ne l’est pas. Notre manière de faire est chevillée à notre esprit, mais Jésus ouvre d’autres perspectives. A travers ces propos, ne cherche-t-il pas à réveiller son Eglise ? Il y a ceux qui se vantent d’être au bénéfice des lumières que la Réformation a apporté, et ceux qui campent sur la Tradition. L’important est ailleurs : l’objet de notre foi, n’est-ce pas Christ et sa Parole ?

> Aux personnes qui reconnaissent en Christ leur Sauveur et Seigneur, Jésus promet de leur donner davantage. Cette parole de Jésus semble injuste, pourtant, elle est un appel à la responsabilité. Elle enseigne que les dons spirituels – comme la foi, l’amour – se multiplient lorsqu’ils sont partagés et mis en pratique. À l’inverse, l’immobilisme spirituel entraîne la perte de ce qui n’a pas été cultivé. Alors, n’hésitons pas à partager ce que nous recevons de Christ, il nous révélera d’autres trésors.

14e dimanche du Temps ordinaire – A – 5 juillet 2026

« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

(Matthieu 11,25)

> Lorsqu’on écoute les enfants parler de Dieu, ce verset prend tout son sens. Ils le connaissent bien mieux que les adultes et, dans la simplicité et la pureté de leur cœur, savent parfaitement parler de Lui.

> Je me souviens, ainsi, d’un petit bonhomme qui demandait ce que signifie « Notre Père qui es aux Cieux ». Quand on lui a expliqué que le mot « Cieux » signifiait « Ciel », il a froncé les sourcils et regardé le sol. « Le ciel, m’a-t-il dit, ça commence… juste là, juste au-dessus du sol, n’est-ce pas ? Tout ça, autour de moi, c’est le ciel, il n’y a que mes pieds qui touchent le sol, c’est juste ? » – « Oui, tu as raison. » – « Alors si Dieu est au Ciel, c’est qu’il est là, tout autour de nous, pas seulement tout là-haut. »

> Écoutons les enfants nous parler de Dieu, ça vaut tous les traités de théologie du monde !

13e dimanche du Temps ordinaire – A – 28 juin 2026

« Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. »

(Mt 10, 38)

> Quand même, quand on y pense, il y a quelque chose de fou dans cette histoire de « prendre sa croix »… Jésus prononce ces mots avant sa crucifixion ! Pour les disciples, la croix n’est pas encore chargée du sens que nous lui donnons à la lumière de Pâques et de la résurrection. À cette époque, la croix évoque le condamné conduit publiquement vers sa mort. Par cette image extrême, Jésus avertit ses disciples : le suivre peut coûter cher, jusqu’à faire perdre l’approbation de sa famille ou des autres, sa sécurité, voire sa vie… Et ce n’est sans doute pas pour rien que Jésus emploie une image aussi forte, lui qui sait ce qu’elle signifiera bientôt pour lui.

> « Prendre sa croix », c’est choisir de suivre le Christ là où il appelle, même lorsque cela coûte. Cette semaine, demandons-nous : y a-t-il quelque chose que je retiens par peur de perdre l’approbation, la sécurité ou le regard des autres ? Qu’il nous donne la confiance de marcher à sa suite même lorsque son chemin nous demande de lâcher ce que nous voudrions garder. Amen.

12e dimanche du temps ordinaire – A – 21 juin 2026

« Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits»

(Mt 10, 27)
(Image «whispering» de Igor Kocka sur Pixabay. Libre de droit)

Pistes a suivre

> Après que Jésus a eu annoncé des persécutions, voilà qu’il poursuit son discours par un tonitruant : Ne les craignez pas ! Viennent ensuite les indications sur la conduite à tenir quant à ce qui est entendu et ce qui est dit. Ne nous dit-il pas d’aller par le monde proclamer l’Évangile ? Une mission qui peut effrayer ! Jésus propose le contre-pied de la crainte : le courage. La force est à aller chercher dans ce qui est entendu aux creux de l’oreille, dans ce rapport intime avec Celui qui est là dans les ténèbres, dans le secret, dans le dialogue priant avec Dieu (Mt 6, 6). Il déstabilise bien souvent, il éclaire Sa volonté, il donne Sa paix (Philippiens 4, 7).

> Puisque cette paix garde nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus, alors nous pouvons passer des ténèbres à son admirable lumière et proclamer sans crainte Son amour et Sa justice. N’hésitons plus que notre foi intime devienne une foi assumée et partagée.

11e dimanche du temps ordinaire – A – 14 juin 2026

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

(Mt 9,37-38)

> Ce n’est pas la seule fois que Jésus emprunte une image agricole pour parler des réalités du Royaume. D’abord celle de la moisson, puis celle du troupeau. Dans les deux, il est attristé par ce qui manque : soit les moissonneurs, soit le berger. Et là, en voyant tous ces gens laissés à eux-mêmes, son cœur de Berger est saisi de compassion. Il vient à leur secours, non pas par un soudain miracle, mais en sollicitant la participation des disciples à son “plan pastoral“. D’abord il leur demande de prier. Ensuite seulement, il les appelle chacun par son nom pour les envoyer en mission, leur donnant pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Ils n’auront pas à en tirer orgueil ni à chercher une récompense : Le Leitmotif du Maître sera le leur :

« Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

> On n’est pas si loin de la situation de nos paroisses qui se fragilisent. Ceci a pour avantage de déclencher notre créativité pastorale. En suivant la “méthode Jésus“, nous saurons commencer comme lui par solliciter la prière de la communauté. Quant aux tâches à distribuer, souvenons-nous que la gratuité est la marque de fabrique de l’agir chrétien.

Fête-Dieu – A – 7 juin 2026

Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?

(Jean 6, 52)

«  Des paroles indigestes pour une nourriture éternelle ! »

Vous est-il déjà arrivé de vous trouver devant quelqu’un qui fait preuve de mauvaise foi ? Qui a décidé que vous n’êtes pas digne de confiance voire méchant, aveuglé par un préjugé ou un autre angle mort dans son regard sur vous ?
Vous avez beau essayer par tous les moyens de la faire changer de regard, la personne vous a classé, et rien ne semble pouvoir le changer…

> Depuis tôt dans son ministère, Jésus s’est trouvé non pas devant une seule personne de ce genre, mais face à tout un groupe d’entre les responsables juifs. Prisonniers de leur perception de Jésus comme un concurrent de leur autorité religieuse, ils finiront par le faire exécuter de manière on ne peut plus injuste.

> Face à cette obstination, Jésus avance des paroles de plus en plus indigestes. Dans le contexte juif de l’époque, et à la lumière de la Loi, « manger la chair » et « boire le sang » de quelqu’un est tout simplement impensable et serait d’une impiété sans égale. C’est pourtant le menu que Jésus leur offre, en toute conscience que ces propos sont indigestes et inacceptables. Pas étonnant que ses contestataires sont de plus en plus perdus, y compris de nombreux disciples (6.60-66).

> Plus en profondeur, Jésus se présente pourtant comme la source de la vie éternelle : « C’est moi qui suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui met sa foi en moi n’aura jamais soif. » (6.35) Et : « La volonté de mon Père, en effet, c’est que quiconque voit le Fils et met sa foi en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le relèverai au dernier jour. » (6.40) Nulle part ailleurs Jésus n’insiste si fortement sur le cadeau de la vie éternelle et la certitude de la résurrection pour ceux qui croient en lui. Pourtant, à la fin du chapitre beaucoup l’abandonnent.

Nous connaissons tous des personnes qui nous sont précieuses mais qui restent fermées à l’Évangile. Reprenons courage. La puissance et la beauté du salut offert en Jésus-Christ valent bien que nous en rendions témoignage jusqu’à notre dernier souffle !