« Serait-ce moi, Seigneur ? »
(Matthieu 26, 22)
> La question « Serait-ce moi ? » résonne étrangement dans la bouche des disciples. Peu de temps avant, cette même inquiétude les poussait à demander : « Qui de nous est le plus grand ? ». Dans les deux cas, la formulation est similaire, mais le cœur a changé. D’abord, « Serait-ce moi ? » était un désir de supériorité, une façon de se mettre au-dessus des autres. Ici, face à l’annonce de la trahison, elle devient un examen de conscience : « Serait-ce moi capable du pire ? ». Ce glissement est capital. Jésus ne cherche pas à les culpabiliser en leur faisant peur, mais à les faire passer de l’illusion de leur propre grandeur à la vérité de leur fragilité. Comprendre que l’on peut trahir, c’est cesser de se croire intouchable et commencer à devenir humble.
> Cette semaine, utilisons cette question « Serait-ce moi ? » non pas comme un juge sévère, mais comme un outil de lucidité. Quand nous sommes tentés de juger les autres ou de nous croire meilleurs, demandons-nous : « Serait-ce moi, par orgueil, en train de m’éloigner de l’amour ? ». Reconnaître notre fragilité n’est pas un échec, c’est la condition pour accueillir la force de Dieu. Que cette prise de conscience nous rende plus indulgents envers les fautes des autres, puisque nous savons maintenant que nous aurions pu être à leur place. Que la paix du Christ, qui connaît nos cœurs mieux que nous, nous garde dans l’humilité et l’espérance. Amen.