25e dimanche du Temps ordinaire – C – 18 septembre 2022

« Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là,ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. »

Luc 16,9)

> Après les trois paraboles de la miséricorde adressées aux pharisiens, Jésus se tourne vers ses disciples avec une parabole encore plus déroutante. Le scénario de la parabole semble immoral. Proposée ainsi par Jésus, elle doit toutefois être porteuse d’un enseignement.

> Comment, après tout ce que son gérant a manigancé, le maître peut-il faire son éloge ? Transposé dans la logique du Royaume de Dieu, un seul petit mot peut nous indiquer la clé : amis. Faire de ces débiteurs – à la relation brisée – des amis, des êtres en relation.

> Par le pardon, rapprocher les pécheurs de leur Seigneur. Telle sera la mission des disciples et la nôtre: rendre compte de l’amitié éternelle de Dieu, lui gagner des amis jusque dans le monde impitoyable de la finance, et croire que tout est possible à notre Dieu dont la miséricorde se fraye un chemin jusque dans ces périphéries-là.

> Dans quel milieu “sans Dieu“ suis-je envoyé ?

24e dimanche du Temps ordinaire – C – 11 septembre 2022

« C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion. » 

Lc 15,7

> Voilà une phrase de Jésus qui peut nous sembler surprenante à priori. Ainsi, si l’on est juste, on procure moins de joie dans le ciel que si l’on est pécheur et que l’on se convertit. Pas facile à entendre… si l’on se croit juste, évidemment.

> Mais si l’on a conscience d’être pécheur, alors quelle joie en nous, déjà, de savoir que Jésus vient nous rechercher, comme il le fait pour la brebis égarée dans les versets qui précèdent. Et si l’on accepte de se retourner vers lui, de se convertir, alors nous créons de la joie au ciel, quel bonheur !

> Reste à prendre conscience que c’est là un travail de chaque jour. Nous avons besoin de conversion tout au long de notre vie. Et c’est fabuleux de penser combien de joie créent, dans le ciel, toutes nos petites conversions quotidiennes ! Quelle sera la prochaine de nos conversions ? Qui sera le premier à créer de la joie là-haut, en cette journée ? Au boulot !

23e dimanche du Temps ordinaire – C – 4 septembre 2022

« Si quelqu’un vient à moi… »

Luc 14, 26

ATTACHEMENT

> La parole que Christ prononce met en lumière un point essentiel de la foi : l’attachement à sa personne. Il dit : si quelqu’un vient à moi. Il n’évoque pas la loi à laquelle les juifs sont tant liés. Souvent, la foi est associée à des principes, des règles, des commandements… Ce qui induit des comptes, des coches et autres systèmes d’évaluation. Jésus souhaite nous libérer de toutes ces appréciations ; son désir est de nous mettre en marche, sur un chemin de pleine liberté. Il marche devant nous, c’est Lui qui ouvre la voie, chassant tout ennemi. Alors, engageons-nous sans crainte, à sa suite.

22e dimanche du Temps ordinaire – C – 28 août 2022

« Mon ami, avance plus haut »

Luc 14,10

> Alors que la société d’aujourd’hui met en avant la performance, le succès, la puissance, le désir d’aller toujours plus haut, en somme, l’Evangile prêché par Jésus dans cette parabole fait le mouvement inverse : pour s’élever, il faut s’abaisser.

> Sommes-nous toujours prêts à cela ? A laisser la meilleure place à l’autre pour l’élever ? A lâcher l’orgueil et le désir de puissance ? A nous ouvrir à la pauvreté et à la fragilité, et à faire de la place à celles et ceux qui sont dans le manque ? Sommes-nous toujours prêts à vivre l’humilité évangélique dans la fraternité et la solidarité envers celles et ceux qui n’ont rien ?

> Cette semaine, ce passage d’Evangile nous invite à méditer sur nos attitudes et nos gestes de tous les jours. « Mon ami, avance plus haut » : comme un appel que le Christ nous lance pour prendre le chemin de l’Evangile, celui de l’humilité qui se couple avec l’élévation de notre prochain, celui des gestes de fraternité et de solidarité. Un chemin concret, à vivre. Pour « avancer plus haut ». Et faire avancer le Royaume de Dieu.

21e dimanche du Temps ordinaire – C – 21 août 2022

« Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte,
si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant :
‘Seigneur, ouvre-nous’,
il vous répondra :
‘Je ne sais pas d’où vous êtes. ’ »

Luc 12,25

> Voilà un verset qui m’invite à penser… 

> La porte qui mène au Royaume et à ce festin promis est sûrement étroite, mais j’ai surtout l’impression que Jésus souhaite des vis-à-vis clairs et éclairés pour s’attabler avec lui ! « Je ne sais pas d’où vous êtes. », cela met le doigt sur les risques d’inconsistance et de tiédeur… « Ok tu t’es peut-être assis à la même table que moi et tu m’as entendu prêcher, mais d’où viens-tu ? quelle conviction t’amène à moi ? Quelle est l’origine de ta foi et de ce qui te fait bouger spirituellement ? »

> Il n’y aura pas de check-list pour le salut, seulement un discernement véritable sur chacune de nos personnalités et une grâce infinie pour tous ceux qui sauront admettre le flou de leurs hésitations et de leurs errances. Pour traverser le miroir à travers lequel nous ne voyons qu’obscurément et Le voir enfin face-à-face !

> Seigneur, ton regard d’Amour m’aide à sortir du flou et me dessine à neuf selon ton dessein, pour ne pas rester dehors et isolé… Merci !

20e dimanche du Temps ordinaire – C – 14 août 2022

Je suis venu jeter un feu sur la terre ; comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

(Luc 12, 49)

> L’Évangile de cette semaine est dur à première vue. Il parle de division dans la famille, de guerre. On est loin du « je vous donne ma paix » dont on a l’habitude de se souvenir. Il parle aussi de feu sur la terre, et les images d’incendies de ces dernières semaines nous donnent encore plus de peine à comprendre le message. Cet évangile fait suite à une série de conseil de Jésus sur comment se comporter en l’absence du Maître, comment être dans l’attente et prêt à le recevoir. Le feu qui brûle les impuretés et réchauffe le cœur, c’est celui-ci que nous devons par l’Esprit Saint transmettre. Et s’il est vrai que certains vont accepter ce feu, beaucoup sont heurtés par le message du Christianisme, c’est peut-être cette division dont il est question.
> Soyons des porteurs d’espérance et si cela divise autour de nous, demandons à l’Esprit la force de tenir bon. Soyez bénis !

19e dimanche du Temps ordinaire – C – 7 août 2022

« Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux »

Luc 12,33

> Ne pas craindre, rester en tenue de service, garder sa lampe allumée et avoir pour unique trésor le Christ et sa Parole. Il est vaste, le programme de vie du disciple, tel que nous le présente le texte très riche de ce dimanche. Que retenir de tout cela, comment agir ? Ou mieux : Comment être ? 

> Confiants en même temps que vigilants. Confiants en ce Père qui a trouvé bon de nous donner le Royaume (cf. v. 32). Vigilants dans l’attente de la venue du Christ, ce Maître qui prendra lui-même la tenue de service (cf. v.37). 

> Lui devenir semblables en prenant souci du frère, de la sœur. Et découvrir le bonheur véritable lorsque, les mains vides, ayant investi ce que nous avons et ce que nous sommes dans son projet de salut, seul titre en bourse équitable et durable : “Un trésor inépuisable dans les cieux“.

18e dimanche du Temps ordinaire C – 31 juillet 2022

« Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?’ Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

Luc 12, 20-21

> La traduction de ce verset peut surprendre, mais la langue grecque originale de Luc est imparable : « riche en vue de Dieu, pour Dieu » dit le texte. On peut dès lors se poser la question : qu’est-ce que la richesse « en vue de Dieu » ?

> Pour ma part, il me semble nécessaire d’amasser paix, amour, bonheur, joie, charité, espérance en vue de Dieu. Et totalement inutile d’amasser des possessions matérielles. Les linceuls n’ont pas de poches !

> Et si nous commencions cette semaine à nous préoccuper d’amasser davantage de paix et d’amour (y compris envers nous-mêmes) plutôt que d’augmenter notre compte en banque ? Ce serait un beau chemin « en vue de Dieu »…

17e dimanche du Temps ordinaire C – 24 juillet 2022

« Remets-nous nos péchés, car nous-mêmes aussi nous remettons à tous ceux qui nous doivent… »

Luc 11, 4 – Trad. Darby

Remise …

> La plupart des exégètes choisisse la traduction bien connue : pardonne-nous (Aphiemi) nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous a offensé. M. Darby propose de mettre en avant un des autres sens du verbe grec : remettre une dette. Voilà que le Notre Père prend une autre coloration. L’offense est une action qui blesse quelqu’un. Il est vrai que, bien souvent, nos actions blessent notre créateur. Dans son immense amour, Il considère comme non avenue cette offense. A celle ou celui qui a choisi Christ comme Sauveur, le Père n’en tient pas rigueur et Il n’en garde aucun ressentiment. Remettre une dette c’est faire grâce à quelqu’un d’une peine. Cela correspond à l’attitude de Dieu. Jésus attire notre attention sur le fait que nous considérons que les autres sont nos débiteurs. En posant comme un état de fait que nous remettons à tous ceux qui nous doivent, Jésus recadre la perspective : c’est parce qu’Il a souffert pour moi, et qu’Il m’a conduit à la liberté que je suis invité à être bienveillant, à me montrer secourable à autrui et plein de tendresse. 

> Combien le secours de l’Esprit-Saint (v. 13) nous est nécessaire pour entrer dans cette dynamique. Ô Seigneur change nos cœurs de pierre en cœur de chair et met en nous un Esprit nouveau afin que nous remettions à tous ceux qui nous doivent.

16e dimanche du Temps ordinaire C – 17 juillet 2022

« Marie a choisi la meilleure part »

Luc 10, 42

> Avec cette histoire bien connue, une question m’est posée : que choisir pour ma vie ? Le service ou la contemplation ? Les deux sont nécessaires, mais la meilleure part, nous dit le texte, est bien celle de l’écoute de la Parole. Quelle place celle-ci prend-elle dans ma vie ? 

> Il y a un temps pour le service, et un temps pour la contemplation. Un temps pour l’agitation pratique, et un temps pour l’écoute de la Parole. Et dans ma vie, comment se joue cet équilibre entre ces différents temps ? 

> En cette semaine estivale, le temps nous est donné… pour prendre le temps. Prendre le temps simplement de cueillir le jour et de faire des choses que nous n’avons peut-être pas le temps de faire d’ordinaire : un geste envers des proches, une prière, une proposition, un service, un temps de silence, méditer un texte biblique, etc. Un temps donné avec Christ… à déguster, comme la meilleure part.