4e dimanche de Carême – Année A – 15 mars 2026

« Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »

(Jean 9, 21)

> Ces quelques mots sont tirés de la scène de l’aveugle-né à qui Jésus rend la vue. Les personnes qui retrouvent l’aveugle devenu voyant font preuve à leur tour d’un aveuglement sans bornes et ne croient pas son témoignage. Au point d’aller demander à ses parents s’il était bien aveugle de naissance. Les parents répondent : « Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »

> Combien de fois, dans nos vies, jasons-nous sur untel ou sur telle situation, combien de fois en parlons-nous à droite et à gauche mais en évitant soigneusement d’aller interroger la personne concernée ? « Interrogez-le… il est assez grand pour s’expliquer. »

> Et si nous prenions notre courage à deux mains pour aller trouver, cette semaine, une personne à qui l’on n’a jamais osé poser telle ou telle question ? Vous verrez, elle est assez grande pour s’expliquer… et ça vaut mieux que de parler dans son dos.

3e dimanche de Carême – Année A – 8 mars 2026

« Si tu savais le don de Dieu… »

(Jean 4, 10)

> Elle ne savait pas, cette Samaritaine, en partant au puits ce midi-là qu’elle allait rencontrer le Messie…
Elle ne savait pas qu’Il allait faire exploser tous les codes en lui parlant, en lui demandant à boire et en lui disant tout ce qu’elle avait fait, jusque dans les moindres détails de vie privée.
Elle ne savait pas qu’elle allait laisser en plan sa cruche, toute à sa joie d’avoir découvert une Source de connaissance aussi intime et profonde, de celles capables d’étancher la soif de vérité…

> Et toi: sais-tu le don de Dieu?
Si tu sais le don de Dieu, tu peux laisser aller tes faux semblants et puiser toi aussi à ce puits qui nous fait nous découvrir autrement.
Si tu sais le don de Dieu, tu peux dialoguer avec Sa Parole et y trouver cette Source promise qui jaillit jusque dans la vie éternelle.
Si tu sais le don de Dieu, tu peux le partager avec d’autres, comme un témoignage vibrant de sincérité et qui rayonne autour de toi.

Alors fais un bout de route avec d’autres!

Si on creuse vers cette Source à deux ou trois, ensemble, plus profondément… on saura!

2e Dimanche du temps ordinaire  – A  – 18 janvier 2026

“Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. » 

Jean 1,34

> Nous voici encore avec Jean Baptiste, précurseur et témoin, qui nous accompagne bien au-delà de l’Avent et de Noël, jusque dans ce temps appelé “ordinaire“ où commence la vie publique de Jésus. Car oui, enfin Jean le voit, celui qu’il avait annoncé sans le connaître.

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.” – Etrange présentation.

Notre récit n’a pas pour but de raconter une rencontre entre cousins. Il nous met en présence du Messie, perçu par Jean comme cet Agneau de Pâques immolé lors de la sortie d’Egypte et la libération de l’esclavage. Il le reconnaît dans sa plénitude de Fils sur qui repose l’Esprit. La  mission du Baptiste se trouve accomplie: Être la voix qui conduit à cet Autre, plus grand que lui – et s’effacer.

> Il peut inspirer notre vie de baptisés: Aspirer à laisser toute la place à Jésus, présent dans ses frères et sœurs – les nôtres. Renoncer à vouloir tout ramener à nous-mêmes, à ce cher MOI-JE, et laisser la place, laisser la parole à l’autre, ce petit plus grand que nous. Un bonheur à découvrir en cours d’emploi.

32e dimanche du temps ordinaire – C – 9 novembre 2025

« Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

Jn 2,16

> En ce dimanche, la liturgie catholique donne préférence à la fête de la dédicace du Latran, soulignant l’importance de nos lieux de culte pour notre vie de foi. Nous l’avons tous expérimenté : La Beauté nous porte à la contemplation, à la louange et nous rend meilleurs ; toute laideur, par contre, abîme quelque chose au-dedans de l’homme.

Le texte choisi pour cette fête se trouve au tout début de l’Evangile de Jean. Jésus, arrivant de Galilée, a dû encaisser le choc de voir le lieu saint transformé en marché de bétail, “maison de commerce“. Nous connaissons sa réaction.

Cet épisode, en quoi nous parle-t-il aujourd’hui, alors que dans nos dans nos lieux de prière, nous trouvons tout au plus une modeste boutique ?

Jésus parle d’un autre sanctuaire, celui de son Corps ; Paul, il nous rappelle que nous sommes les “temples de l’Esprit Saint “ (1 Co 6,19), alors que Maurice Zundel affirme :

« Le vrai sanctuaire, c’est l’être-humain ! »

> Nous sommes donc invités à garder de la profanation aussi ce sanctuaire-là, à veiller sur nous-mêmes et sur notre prochain, spécialement le plus vulnérable. Oser nous montrer intransigeants lorsqu’on se moque de lui et mettre en lumière sa beauté unique. Voilà ce qui pourrait être notre part de soin apportée à la maison où Dieu demeure, dans ses temples de chair autant que derrière des murs de pierre.

Dimanche de la Fête de la Croix glorieuse – C – 14 septembre 2025

*** « En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème… »

(Jean 3, 13-17)

> Avant même les paroles célèbres sur l’amour de Dieu et le salut du monde, l’Évangile nous dit ceci : Jésus disait à Nicodème. Pas à une foule. Pas dans un temple. Mais à un homme, de nuit, dans le secret d’une conversation. Le salut se révèle dans la lenteur d’un échange vrai, à hauteur humaine. Jean 3,16 — si souvent cité — est le fruit d’un long cheminement intérieur, d’un dialogue discret où Nicodème peut poser ses questions, ses doutes, et ouvrir peu à peu son cœur (cf. Jean 3 en entier).

>Jean 3, 16… Il ne suffit pas de proclamer ce verset du haut des toits : il faut d’abord en vivre la démarche. Prendre le temps d’écouter, de rencontrer, de tisser des liens réels. Cette semaine, ne cherchons pas à convaincre à tout prix : cherchons à aimer, à être présents, à créer ces espaces de confiance où la Parole peut naître. Amen.

Dimanche de la Trinité – C – 15 juin 2025

« Ce qu’il aura entendu, il le dira. »

(Jean 16, 13)

UN RAPPORTEUR FIDÈLE

> En politique et dans les institutions inter-gouvernementales, il existe des rapporteurs. Ils sont chargés de raconter de manière précise les débats auxquels ils ont assisté et leurs conclusions.
Nous avons nous aussi notre rapporteur. Il ne s’agit rien moins que la troisième personne divine : l’Esprit-Saint. Il est présent dans l’intimité qui est de mise entre le Père et le Fils. Ce qu’il est chargé de nous rapporter est de la plus haute importance, car les conversations entre Dieu et Jésus portent sur les projets que Dieu a formés pour nous. Il s’agit de projets de paix et non de malheur (Jérémie 29,11).

> L’Esprit Saint connaît notre avenir, et désire nous mettre sur la bonne voie.
Saurons-nous nous rendre disponibles pour entendre les propos de ce rapporteur fidèle?

7e dimanche de Pâques – C – 1er juin 2025

Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. (Jean 17,23)

> « Que tous soient UN » dit Jésus, juste avant. Ce qui est intéressant, c’est la conséquence prévisible de cette unité : « qu’ils soient parfaitement un afin que le monde sache ». L’unité non seulement des Chrétiens mais de tous ceux qui ont été confiés à Jésus par son Père (l’humanité tout entière ?) aura pour conséquence que le monde comprendra enfin que Dieu aime chacune et chacun et qu’il a envoyé son Fils pour sauver ce monde.

> Depuis bientôt 14 ans, l’Evangile à l’Ecran vous propose fidèlement chaque semaine une piste rédigée par des catholiques et des réformés, qui ne signent jamais pour ne pas mettre leur nom en avant mais bien la seule parole de Dieu. L’unité de notre équipe s’est agrandie il y a quelques semaines puisque nous accueillons désormais une plume évangélique parmi les rédacteurs de l’Evangile à l’Ecran !

> Nous avons pris ce chemin ensemble pour vous. Parce que nous sommes convaincus que l’unité des Chrétiens, c’est ici et maintenant que cela se passe, que cela dépend de chacune et chacun, et que les projets les plus simples sont souvent les plus durables. La preuve. N’oublions pas que l’enjeu est immense : alors le monde saura… Faites donc connaître l’Evangile à l’Ecran autour de vous !

6e Dimanche de Pâques – C – 25 mai 2025

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. »

(Jn 14,23)
«Christ enseignant, Catacombes de Domitilla, Ve s.»

> Quand un ami nous fait une confidence ou une recommandation, nous conservons ses paroles avec soin, et nous agissons selon ce qui lui tient à cœur. Ainsi pour Jésus, ami s’il en est un, dont chaque parole est un trésor à garder précieusement. De quoi nous parle-t-il, en ces dimanches après Pâques ? Dans son “discours après la Cène“, (Jn 13-17), Jésus prépare ses disciples à ce qui sera leur vie sans sa présence physique, tangible, visible.

Nous l’avons remarqué, un mot, un nom, revient sans cesse dans son discours d’adieu, c’est celui de “Père“. Pour Jésus, tout se tient et se résume dans sa relation au Père ; en prenant congé des siens, il les y introduit, ouvrant cette intimité à nous aussi, qui l’aimons et gardons sa parole :« Nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. »

> C’est énorme, cela nous dépasse… N’ayons crainte, tout a été prévu : « l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». Il ne nous reste plus qu’à rendre grâce.

4e dimanche de Pâques – C – 11 mai 2025

« Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront. »

(Jean 10, 28)

> Entendre Jésus dire « jamais elles ne périront » peut sembler difficile. Autour de nous, la mort, la maladie, les injustices sont bien réelles. Est-ce une fausse promesse ? Une illusion pour se rassurer ? Non : c’est une promesse plus forte que toutes nos pertes visibles. Jésus, le Bon Pasteur, connaît la fragilité de ses brebis ; il sait que les chemins sont parfois sombres. Mais il assure que rien — ni l’épreuve, ni la mort — ne pourra arracher ses brebis de sa main (cf. Romains 8, 39 : « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ »). Ce lien d’amour, tissé par le Père, est plus solide que nos peurs. C’est une vie éternelle qui commence dès aujourd’hui, dans l’écoute de sa voix.

> Cette semaine, même si nous croisons l’ombre du doute ou du mal, rappelons-nous que nous ne marchons pas seuls. Notre Berger veille, même quand nous ne le voyons pas (cf. Psaume 23, 1 : « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer »). Ne laissons pas les ténèbres nous voler la confiance dans sa parole. Avec Lui, nous avons déjà reçu la vie que rien ne pourra briser. Seigneur Jésus, notre espérance, garde-nous tout près de ton cœur. Amen.

2e dimanche de Pâques – Année C – 25 avril 2025

« Parce que tu m’as vu, tu crois ! lui dit Jésus. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

(Jean 20.29)

> Mon ami d’études s’identifiait beaucoup avec le disciple Thomas, puisqu’il luttait régulièrement avec le doute. Un séminaire sur la spiritualité chrétienne lui a permis d’approfondir le portrait de ce disciple et d’aller au fond de ses propres questionnements. Par la suite, j’ai perdu de vue mon ami à deux reprises pendant des années, mais l’ai à chaque fois retrouvé, croyant, cheminant avec son Seigneur et son Dieu.
Ce qui m’a touché dans son parcours : plusieurs fois durant le cours de sa carrière médicale, il a consacré un certain temps pour approfondir et renouveler sa réflexion chrétienne, et ainsi enrichir sa relation avec Dieu.
> Thomas savait ce qu’il voulait : avoir le même privilège que ses co-disciples, voir le Ressuscité et vérifier tactilement que c’était bien lui, autrement il ne croirait pas.
Jésus prend la peine de revenir exprès pour répondre à son besoin, et Thomas le lui rend bien : il n’a pas besoin de toucher Jésus, et se trouve être le premier dans cet Évangile à confesser de manière on ne peut plus claire Jésus comme faisant partie de l’identité divine (« Mon Seigneur et mon Dieu ! »,Jean 20.28).
> Nous arrive-t-il d’avoir des doutes ? L’auteur de l’Évangile nous offre son œuvre, reconnue comme parole de Dieu, pour nous aider à croire. Et cette parole nous met en relation avec celui qui est la Parole, la lumière et la vérité. L’accueillir revient à entrer dans la vie nouvelle d’enfants de Dieu (Jean 1.1-18).
Tout comme Jésus est venu au secours du défi de foi de Thomas, il vient à notre rencontre pour nous fortifier dans notre foi. Dans des moments de doute, sommes-nous seulement prêts à nous arrêter et à accueillir sa présence avec nous ? Car c’est le bonheur principal de ceux qui « croient sans voir ». Bonne communion avec lui !