Vendredi Saint – 2016

« Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt, un coq chanta. » (Jn 18,27)

> Combien de coqs entendons-nous chanter distraitement au cours de nos journées ? A une table de bistrot lorsqu’on ajoute notre critique aux autres voix : « De toutes façon, il l’a bien cherché… », « Ah ça, c’est bien vrai… », « Faudrait tous les tuer… », « Ma foi, avec ce qu’ont fait certains curés… », « En tout cas, moi, ça, je ne pardonnerai jamais… »

Combien de fois par jour renions-nous le Christ sans vraiment nous en rendre compte ? Ecoutons chanter le coq en ce jour où le Christ meurt pour nous, et cultivons le silence en cette journée.

Avent 2015 – Jour 8

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. (Lc3, 1-2)

> Loin des feux de l’actualité politique, du show-business, des mondanités et des célébrités, Dieu nous parle dans le désert… En ce début d’Avent, sachons faire de la place autour de nous et en nous, pour que nous puissions recevoir la Bonne Nouvelle que Dieu nous adresse ! Sachons prendre un moment de recueillement, de lecture, de silence, de méditation, de prière, de balade dans la nature, de rien… Alors que le monde se tend, se stresse, s’agite, sachons nous faire silence et repos : Dieu guette notre désert pour y venir chuchoter.

25e dimanche – B

 » Ils (les disciples et Jésus) allèrent à Capharnaüm. Une fois à la maison, Jésus leur demandait:  » De quoi discutiez-vous en chemin ?  » Mais ils se taisaient, car, en chemin, ils s’étaient querellés pour savoir qui était le plus grand. » (Mc 9, 33-34)

> Dans l’évangile de ce dimanche, les disciples se taisent à deux reprises. La première fois, Jésus commence par leur annoncer sa mort et sa résurrection. Mais les disciples se taisent, car ils ne comprennent pas et surtout ils n’osent pas interroger Jésus. Puis viennent les deux versets cités ci-dessus, où les disciples n’osent pas lui dire qu’ils cherchaient à savoir qui était le plus grand. Ils sentent bien qu’ils sont à côté de la plaque. Mais quelle attitude est-elle le plus à côté de la plaque: se poser des questions et peut-être se tromper ou ne pas comprendre ce qui est en jeu ou ne pas se risquer à en parler à Jésus ?

> Si Jésus s’est incarné, c’est bien pour rejoindre chacun de nous dans ce que nous vivons. Alors cette semaine, nous sommes invités à tout oser dire à Jésus. Tout… c’est-à-dire nos joies, nos demandes, mais aussi nos incompréhensions, nos révoltes…

5e dimanche de Carême – B

« Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » – Jn 12,32

> Cette parole de Jésus renferme tout le paradoxe de la foi chrétienne. En Christ crucifié, souffrant, élevé, glorifié, se manifeste l’amour inconditionnel, celui qui vient de Dieu le Père, par l’Esprit Saint. Source de vie, de vie plus forte que la mort, Jésus nous attire à lui pour que nous puisions en lui confiance, espérance et amour, chaque jour.

Cette semaine, il nous est proposé de nous arrêter un instant devant la croix du Christ, soyons dans la prière, soyons dans une église ou encore dans la nature. Nous nous demanderons si nous nous sentons attirés par Jésus, et comment. En dernier lieu lors de ce moment de méditation et de communion avec le Seigneur, nous pouvons essayer de distinguer ce que cela change, ou pourrait changer, pour nous dans notre vie de tous les jours, de sentir que le Christ est là avec nous dans chaque moment, heureux ou difficile. Au creux de la vague, puissions-nous nous accrocher à un bout de sa croix et nous laisser attirer par lui dans son amour, avec la certitude qu’il ne nous abandonnera pas.

Semaine de l’Unité – Jour 5

Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? (Jean 4,11)

> Le Petit Prince disait que ce qui embellit le désert c’est qu’il cache un puits quelque part…

Ma source d’eau vive, personnellement, est dans le désert du silence dans lequel je retrouve Dieu.

Jésus lui aussi se retirait parfois dans des endroits déserts pour être en lien avec Dieu son Père.

Dans nos vies saturées de bruit, du mp3 à la TV en passant par les klaxons et les sirènes de la rue, essayons nous aussi de vivre des temps de silence dans notre journée d’aujourd’hui. N’ayons pas peur, le silence n’est pas angoissant, on y entend mieux la voix de notre cœur, et donc celle de Dieu.

Avent 2014 – Jour 20

« Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision » (Lc 1,22)

> Nous pourrions appeler cela l’éloquence du silence : les gens voient Zacharie silencieux et comprennent alors que quelque chose de mystérieux s’est produit : une rencontre dans le temple qui a changé son comportement, sa vie. Il est bon que nos gestes, nos regards et même nos paroles soient toujours accompagnés de ce silence issu de la rencontre avec Dieu dans notre temple intérieur, là où le Seigneur habite à l’intime de nous-mêmes… C’est ainsi que l’on devient témoin de ce monde qui ne passe pas dans ce monde qui passe.

Avent 2014 – Jour 1

« Ce que je vous dis là, je le dis à tous : veillez ! » (Mc 13,37)

> Veiller c’est attendre quelqu’un qu’on aime.
Veiller ce n’est ni surveiller ni épier ni prolonger indûment sa journée.
Veiller c’est répéter souvent : « Viens, Seigneur Jésus ».
Veiller c’est aussi s’endormir en sachant que le cœur ne dort jamais : « Je dors, mais mon cœur veille… » Ct 5,2

Puissions-nous au cours de notre journée ne pas sur-veiller mais veiller-sur les autres.
Puissions-nous décider de veiller cinq minutes en silence, pour le Seigneur lui-même.

Avent 2013 – Jour 23

« Il ( Zacharie) demanda une tablette et écrivit ces mots : « Son nom est Jean »; et tous furent étonnés. A l’instant, sa bouche et sa langue furent libérés et il parlait, bénissant DIeu. » (Luc 1, 63-64).

> En toute rigueur exégétique, le mutisme de Zacharie était une punition de son incrédulité à l’annonce, par l’ange Gabriel, de la naissance de son fils (cf 1, 20). Il me plaît à croire cependant que, dans ce silence imposé, Dieu faisait à Zacharie la grâce … d’être dispensé de parler!

Du reste, le nom même qu’il devait écrire, avant que de pouvoir enfin le dire, ne signifie-t-il pas, justement, « Dieu fait grâce » (Yohanan)?

Prendre le temps, nous aussi, de nous taire – fut-ce le temps d’une grossesse – pour mieux entendre la promesse à laquelle nous peinions à croire…

Avent 2013 – Jour 18

« Quand Zacharie sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire. Il leur faisait des signes, car il demeurait muet. » (Luc 1,22)

> Le silence de Zacharie, preuve pour la foule (quelle sagesse !) qu’il a rencontré Dieu. Zacharie ne le dit pas en mots, mais en signes.

A l’inverse (quelle sottise !) je suis parfois tenté de penser que ceux qui connaissent Dieu sont ceux qui en parlent. Je me morfonds, du coup, sur un monde qui me semble perdre la foi. Beaucoup, cependant, font dans leur vie l’EXPERIENCE de Dieu, de sa Vie à l’œuvre, sans forcément vouloir en parler, sans forcément avoir les mots pour cela.

Réjouissons-nous, aujourd’hui, que Dieu visite chacune et chacun de nous, même si notre foi paraît muette, ou même si nous n’en parlons pas dans notre langage. Tentons, aujourd’hui, de reconnaître en quoi chacune et chacun est un signe de Dieu pour nous, bien au-delà des mots.