13e dimanche du temps ordinaire – B – 27 juin 2021

« Elle sut, dans son corps, qu’elle était guérie de son mal. Jésus sut aussitôt, en lui même, qu’une force était sortie de lui. »

Marc 5,29-30

> Étrange économie des sensations: au milieu de toute cette foule qui l’entraîne vers la maison de Jairus pour une urgence de vie ou de mort, voilà que Jésus s’arrête pour un banal effleurement… et qu’il ressent dans sa chair le message clair que quelque chose est sorti de lui! Un message qui fait écho au tressaillement de la femme qui, de son coté, sait dans son corps qu’elle est guérie.

Est ce que je sais écouter les messages de mon corps? Les décoder pour y déceler les signaux d’alarme ou les appels que ce corps me lance? Et si Dieu me parlait … à travers mon corps ?

Malgré les sollicitations de toute part, porter attention à des détails qui n’en sont pas, à l’intuition qui m’enjoint à être sensible à l’essentiel, à ce qui se passe sous les apparences. Voilà un beau défi à l’heure où nous pouvons gentiment commencer à tomber les masques !

Lundi de la semaine Sainte – B

« Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture. Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours.  » (Jean 12, 7-8)


> Trois Evangiles racontent, chacun à leur manière, cet épisode d’une femme qui parfume Jésus et fait flotter une bonne odeur au beau milieu d’un repas de convives, à moins d’une semaine de la mort de Jésus. Parfum de scandale… Il n’a pas fallu attendre Dior ou Chanel, le parfum s’est toujours vendu très cher! Ce qui est frappant dans ce passage, c’est à quel point le corps est mis au centre: Marie verse ce parfum sur les pieds de Jésus, puis elle les frotte avec ses propres cheveux. Et à quel point cela touche Jésus, puisqu’il balaie les objections de Judas, qui touchent à l’éthique et aux finances… Il les balaie pour élever le geste de Marie au rang de rituel qui honore en avance son corps qui souffrira le Vendredi Saint et qui sera enseveli… »Vous ne m’avez pas toujours »…


« En ce début de semaine sainte, un homme et une femme unis manifestent comment la chair traverse l’accusation et la férocité du monde pour apparaître dans son éternelle beauté » (Ph. Lefevre) Dans notre semaine Sainte, comment pouvons-nous mettre le corps à l’honneur? Ce corps que nous trimbalons, qui nous fait parfois souffrir, ce corps dont nous oublions parfois de prendre soin? Et le corps des autres?? Comment nous l’honorons ? Par des gestes de tendresse, par des soins que nous limitons bien souvent aux corps de nos enfants?


Un défi: ne pas oublier nos corps pétris d’humanité durant la semaine sainte, avant de pouvoir goûter dimanche à celui du Christ Ressuscité!