33e dimanche – A

« Celui qui avait reçu cinq talents s’occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un creusa la terre et enfouit l’argent de son maître… » Mt 25,16-18

> Un « talent » correspond à 6’000 fois le salaire journalier d’un ouvrier, à l’époque. Ce passage est donc probablement à prendre de manière symbolique, plutôt qu’en imaginant de petites pièces comme on nous le faisait parfois dessiner dans nos jeunes années de catéchisme.

Mais alors, si c’est symbolique, que sont ces talents que le Seigneur donne « à chacun selon ses capacités », comme dit le verset précédent ? Ce sont nos charismes, nos dons, tout ce que nous avons reçu.

Pourquoi l’attitude du troisième homme va être critiquée par Jésus ? Justement parce qu’il a eu PEUR de montrer ses capacités, il a enfoui tout cela, il a caché ses dons. La peur n’est jamais bonne ! Cacher ses qualités non plus !

Quels sont les talents que nous avons reçus et que nous pourrions faire fructifier cette semaine ? Utilisons-les, non pour les mettre en avant mais pour servir notre prochain.

Dédicace de St Jean du Latran

« Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. » – Jn 2, 19-22

> Il en faut, du temps, pour démolir et pour bâtir. Il en faut, du temps, pour lâcher prise et laisser de côté de qui est usé, pour accepter la grâce de Dieu et accueillir en soi sa Présence. Il en faut, du temps, pour affirmer sa foi et « laisser braire » les détracteurs. Il y a la mort, certes. Mais il y a aussi la Résurrection !

Cette semaine, nous sommes invités à construire avec Jésus ce Temple dont il parle, c’est- à dire son corps, l’Eglise universelle. Pour cela, réfléchissons aux murs de division qui séparent les chrétiens et à la manière dont nous, nous pouvons les faire tomber au quotidien, avec nos amis, notre pasteur ou notre curé, à l’école, en famille ou simplement par la prière. La destruction vient toujours d’abord de l’intérieur de nous-mêmes… Rappelons-nous que nous ne sommes pas seuls à la tâche. C’est Jésus qui nous invite à bâtir ensemble !

Commémoration des fidèles défunts – Réformation

Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m’a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient — et c’est maintenant — où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. » (Jn 5, 24-25)

> En ce dimanche où nous commémorons les fidèles défunts chez les catholiques et la réformation chez les protestants, le texte du jour nous invite autant à penser aux défunts, aux saints, aux réformateurs, en bref au passé, qu’à notre présent. « Voici l’heure d’entrer dans la vie », dit le Christ. Autant pour ceux qui sont déjà décédés que pour nous-mêmes, le message d’espérance de la vie plus forte que la mort est le même : la résurrection est pour chacun de nous. La condition ? Ecouter Sa parole et croire, placer sa confiance, au Père qui L’a envoyé. C’est un élan qui nous est demandé, pas une foi inébranlable « assurance tout risque », mais un élan de confiance envers Celui qui nous a donné la Vie.

Cette semaine, essayons de vivre aussi cet élan de confiance : mettons-nous à l’écoute de Sa parole et plaçons notre confiance en le Père qui L’a envoyé en essayant d’être attentifs aux signes de résurrection présents autour de nous. Car la résurrection, ce n’est pas seulement pour les autres, mais elle est à vivre chaque jour, que ce soit individuellement et/ou en Eglise. Si l’Eglise est toujours à réformer (semper reformanda), la résurrection, elle, est toujours à recevoir et à vivre !

 

30e dimanche – A

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. » Mt 22, 37-40

1. Aimer Dieu, a priori, nous y travaillons, si nous lisons ça.
2. Aimer notre prochain, nous connaissons, pas toujours facile-facile, mais nous y travaillons aussi.
3. Et le « comme toi-même » alors ? Est-ce que nous évaluons assez la profondeur de l’amour de Dieu pour nous ? Il nous aime et il veut que nous le considérions, que nous nous estimions, que nous nous aimions. Nous en rappellons-nous assez quand nous nous dénigrons, nous morfondons, nous enfermons ? Nous aimer… long chemin et pourtant, c’est par là que tout commence, voilà le seul moyen pour aimer notre prochain à notre tour, le seul moyen pour aimer Dieu de tout notre cœur.

Cette semaine nous sommes invités à prendre (un tout petit peu) la mesure de cet amour de Dieu pour nous, pour qu’il nous aide à voir que nous avons du prix à ses yeux et qu’il nous aime (Is 43,4) et pour en témoigner à ceux qui nous entourent !

29e dimanche – A

Alors Jésus leur dit:  » Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.  » (Mt 22, 21)

Cette célèbre parole de Jésus est devenue une expression si habituelle qu’on oublie souvent d’où elle vient. C’est en effet une réponse que Jésus donne aux pharisiens qui essaient de le piéger en lui demandant s’il faut payer ou non l’impôt à l’empereur. Par cette réponse, Jésus nous rappelle à chacun notre responsabilité d’homme. Être croyant ne nous libère pas de réfléchir, de nous questionner, de rechercher la vérité, de travailler à éclairer notre conscience. Il ne suffit pas de dire que nous agissons au nom de Dieu pour nous décharger de toute responsabilité. Jésus nous invite ainsi à suivre son exemple, à être toujours vrai, à ne pas faire de différence entre les gens, à ne pas se laisser influencer, pour être sur le vrai chemin de Dieu (cf. v. 22, 16).

> Essayons cette semaine de demander à Jésus ce discernement, de lui demander de nous aider à grandir sur ce chemin de Dieu, chemin de liberté et donc de responsabilité.

28e dimanche – A

Alors il dit à ses serviteurs : « Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. » (Mt 22,8-9)

> Le maître du repas dont parle Jésus avait invité bien des gens, mais tous ont refusé, prétextant d’autres choses à faire, quand ils n’ont pas violenté les serviteurs qui les invitaient. Le maître décide alors d’inviter tous les autres, tous ceux auxquels on n’avait pas pensé, tous ceux qui – à priori – n’avaient pas place à ce repas.

L’église offre un repas chaque dimanche près de chez nous. C’est un repas un peu particulier – gratuit, d’ailleurs – auquel nous sommes invités nous aussi. Faisons-nous partie des gens qui déclineront l’invitation de Dieu, le maître du repas, faisons-nous partie de ceux qui critiquent les serviteurs de ce repas qu’on appelle pasteurs ou prêtres, ou, au contraire, allons-nous, nous aussi, partir à la croisée des chemins pour inviter d’autres personnes à venir avec nous à ce repas ? Essayons…

27e dimanche – A

Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux !’  » – Mt 21, 42

> Ce passage célèbre de la parabole des vignerons meurtriers nous rappelle que suivre Jésus n’est pas toujours une affaire joyeuse et facile. Parfois nous faisons la douloureuse expérience d’être rejetés pour notre foi en Christ, plus ou moins violemment si l’on pense aux minorités chrétiennes orientales actuellement persécutées. Ce dont nous assure Jésus, c’est qu’en dépit de toutes ces critiques, si nous bâtissons sur lui et à partir de lui tout en allant vers lui, c’est là une « merveille » ! Une merveille si éclatante que les bâtisseurs-critiques sont éblouis et incapables de la voir sans cligner des yeux!

Et si cette semaine, fort de la présence de Jésus à nos côtés, nous osions manifester la merveille de notre foi en lui, d’une manière particulière ou à quelqu’un à qui nous n’en avons encore jamais parlé ? Si nous devenions « passeurs » de la Bonne Nouvelle ? Peut-être qu’une seule personne sur notre chemin se laissera émerveiller et ouvrira petit à petit les yeux. Et ce sera assurément là « l’oeuvre du Seigneur » !

26e dimanche – A

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » (Mt 21, 28-30)

> Répondant aux piques des grands prêtres et des anciens par cette étrange parabole, Jésus vient nous interpeller, nous aussi, par l’attitude des deux fils. A l’ordre donné par le père, le premier refuse d’abord d’obéir puis change d’avis, « pris de remords » et s’en va, prenant son propre chemin en y allant (littéralement « il s’éloigna » v.19). Le second fils, à l’inverse, semble d’abord suivre l’ordre de son père, mais, divisé intérieurement (le « Oui Seigneur ! » du v. 30 pourrait aussi être traduit par une interrogation « moi Seigneur ? »), il n’y va finalement pas.

Cette semaine, nous sommes invités à réfléchir à cette volonté du Père exprimée dans sa Parole et à notre réponse à celle-ci. Qu’est-ce que cela signifie pour nous « aller travailler à sa vigne » ?

« Que ton OUI soit OUI et ton NON soit NON », dit Jésus ailleurs dans l’Evangile de Saint Matthieu (5,37). Pourtant bien souvent, dans nos vies, nous sommes divisés, comme ces fils. P’têtre ben qu’oui, p’têtre ben qu’non, dirait un Normand. Alors, si nous prenions le temps cette semaine de penser à une décision, un choix à prendre, pour y discerner la volonté du Père et oser dire fermement OUI ou NON, sachant que le chemin au Père n’est jamais barré à celui qui croit et qui se repentit…

25e dimanche – A

« Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? » Mt 20, 14-15

> La justice de Dieu n’a rien à voir avec la justice des hommes. Elle explose tous nos systèmes et pourtant elle existe bien cette justice divine : il a bien fallu que Jésus meure sur la croix en rémission de nos péchés. Mais justement cette justice a quelque chose de scandaleux à nos pauvres yeux d’hommes, habitués à une rétribution en fonction du mérite. Et pourtant, qui pourrait se targuer de mériter ce don absolu de Dieu ? Qui pourrait se vanter d’être à la hauteur de l’amour que Dieu donne ?

Ouvrir nos yeux et notre cœur à cette justice divine si extraordinaire, voilà ce qu’on pourrait apprendre cette semaine… Réajuster nos grands idéaux de justice aux piliers de la justice divine : don de soi et miséricorde !

24e dimanche – A

« Et comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’homme soit élevé afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle. Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 14-16)

> Dans l’épisode avec Moïse dont il est question ici, ceux qui étaient mordus par un serpent étaient sauvés s’ils levaient leur regard vers le serpent de bronze élevé sur le mât. De même Jean nous invite dans ce passage à lever notre regard vers le Fils de l’homme. Mais pour voir quoi? Une mort atroce pour apaiser la colère de Dieu? Non, c’est tout le contraire, puisque la croix est le lieu où se dévoile l’amour de Dieu.

Nous sommes invités cette semaine à lever régulièrement notre regard, pour contempler l’amour de Dieu, que ce soit dans la création, dans le visage de l’autre, etc. Lever notre regard vers le Fils de l’homme pour sortir de nos soucis quotidiens et voir le cadeau de la vie que nous fait Dieu.