Dédicace de St Jean du Latran

« Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. » – Jn 2, 19-22

> Il en faut, du temps, pour démolir et pour bâtir. Il en faut, du temps, pour lâcher prise et laisser de côté de qui est usé, pour accepter la grâce de Dieu et accueillir en soi sa Présence. Il en faut, du temps, pour affirmer sa foi et « laisser braire » les détracteurs. Il y a la mort, certes. Mais il y a aussi la Résurrection !

Cette semaine, nous sommes invités à construire avec Jésus ce Temple dont il parle, c’est- à dire son corps, l’Eglise universelle. Pour cela, réfléchissons aux murs de division qui séparent les chrétiens et à la manière dont nous, nous pouvons les faire tomber au quotidien, avec nos amis, notre pasteur ou notre curé, à l’école, en famille ou simplement par la prière. La destruction vient toujours d’abord de l’intérieur de nous-mêmes… Rappelons-nous que nous ne sommes pas seuls à la tâche. C’est Jésus qui nous invite à bâtir ensemble !

Commémoration des fidèles défunts – Réformation

Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m’a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient — et c’est maintenant — où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. » (Jn 5, 24-25)

> En ce dimanche où nous commémorons les fidèles défunts chez les catholiques et la réformation chez les protestants, le texte du jour nous invite autant à penser aux défunts, aux saints, aux réformateurs, en bref au passé, qu’à notre présent. « Voici l’heure d’entrer dans la vie », dit le Christ. Autant pour ceux qui sont déjà décédés que pour nous-mêmes, le message d’espérance de la vie plus forte que la mort est le même : la résurrection est pour chacun de nous. La condition ? Ecouter Sa parole et croire, placer sa confiance, au Père qui L’a envoyé. C’est un élan qui nous est demandé, pas une foi inébranlable « assurance tout risque », mais un élan de confiance envers Celui qui nous a donné la Vie.

Cette semaine, essayons de vivre aussi cet élan de confiance : mettons-nous à l’écoute de Sa parole et plaçons notre confiance en le Père qui L’a envoyé en essayant d’être attentifs aux signes de résurrection présents autour de nous. Car la résurrection, ce n’est pas seulement pour les autres, mais elle est à vivre chaque jour, que ce soit individuellement et/ou en Eglise. Si l’Eglise est toujours à réformer (semper reformanda), la résurrection, elle, est toujours à recevoir et à vivre !

 

24e dimanche – A

« Et comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’homme soit élevé afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle. Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 14-16)

> Dans l’épisode avec Moïse dont il est question ici, ceux qui étaient mordus par un serpent étaient sauvés s’ils levaient leur regard vers le serpent de bronze élevé sur le mât. De même Jean nous invite dans ce passage à lever notre regard vers le Fils de l’homme. Mais pour voir quoi? Une mort atroce pour apaiser la colère de Dieu? Non, c’est tout le contraire, puisque la croix est le lieu où se dévoile l’amour de Dieu.

Nous sommes invités cette semaine à lever régulièrement notre regard, pour contempler l’amour de Dieu, que ce soit dans la création, dans le visage de l’autre, etc. Lever notre regard vers le Fils de l’homme pour sortir de nos soucis quotidiens et voir le cadeau de la vie que nous fait Dieu.

Pentecôte – A

Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Jn 20, 21

> Partez ! Peut-être pas au bout du monde, peut-être même pas très loin, mais écoutez cet appel du Christ qui envoie en mission aujourd’hui pour témoigner des merveilles de Dieu avec la force reçue de l’Esprit Saint !

 

6e dimanche de Pâques – A

« L’Esprit de vérité : le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. » (Jean 14,17)

> Ces paroles de Jésus sont fortes, à la fois dures pour le monde incapable d’accueillir l’Esprit, à la fois belles pour ceux qui ont reçu l’Esprit, en qui il demeure.

Avons-nous conscience que Jésus parle de nous ? Par notre baptême, nous avons reçu l’Esprit. Que faisons-nous de cette force extraordinaire qui demeure en nous ? Cette semaine, nous sommes invités à nous mettre à l’écoute de cet Esprit, à prendre conscience de sa présence dans notre cœur, et à le laisser nous guider pour commencer ou accomplir de grandes choses !

4e dimanche de Pâques – A

Jésus dit : « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10, 9-10)

> Jésus nous le dit avec simplicité et force: il est la porte qui nous ouvre à la vraie liberté et à la vie en abondance.

Le Christ nous rappelle par cette parabole l’essentiel : pour avoir la vie en abondance, pas besoin de clé spéciale, de connaissance extraordinaire, de foi inébranlable, mais simplement l’envie d’ouvrir son cœur à son message. Alors cette semaine, ouvrons nos cœurs au message du Christ dans notre quotidien. Soyons porteurs de vie auprès de ceux qui nous entourent, qu’en passant par la porte du Christ, ce soit l’amour qui nous porte et que l’on apporte !

2e dimanche de Pâques – A

 » Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient car ils avaient peur des chefs juifs. Jésus vint et leur dit : ‘La paix soit avec vous !’  » Jean 20,19

> Jésus nous rejoint jusque dans nos faiblesses, au profond de nos angoisses, jusque dans nos cœurs verrouillés par la peur. Et il nous apporte la paix.

Alors, dites-moi, et si nous nous laissions rejoindre par la paix de Jésus, qu’est-ce que ça donnerait ? Si nous le laissions habiter nos cœurs, entrer jusque dans nos peurs, nos angoisses, nos tristesses, nos deuils, nos difficultés ? Si nous le laissions prendre notre place sur les croix de notre vie pour nous laisser ressusciter avec lui ? Essayons, laissons-lui la place… c’est la paix que nous trouverons.

Vendredi Saint

« Est ce que je vais refuser la coupe que le Père m’a donnée à boire? » (Jean 18,11b)

> Tous nous avons notre croix à porter. Parfois insoutenable, souvent incompréhensible, elle est partie intégrante de toute vie humaine.

En ce vendredi saint, et à la lumière de l’espérance de la résurrection, essayons d’embrasser pleinement cette croix et de la confier au Père pour mieux la porter et de nous unir à celles portées par nos frères et soeurs.

Jeudi Saint

Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (Jn 13,12-15)

> Jésus se fait serviteur. Lui, le maître, il accomplit un geste qui peut nous paraître humiliant ou déshonorant : laver les pieds des autres. Les disciples n’y ont rien compris. Ce qui est humble n’est pas forcément humiliant.

Je crois que Jésus nous appelle nous aussi à nous mettre au service de notre prochain, humblement, même si ce n’est pas toujours facile. Il nous a fait ce cadeau d’un geste tout simple, à nous d’inventer d’autres gestes de services dans le monde d’aujourd’hui. Se mettre au service des autres, c’est à notre portée, aussi. A nous de jouer, en ces jours de Pâques !

Lundi Saint

Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. – Jn 12,8

> Cette phrase de Jésus peut paraître énigmatique au premier abord. Judas est gêné par le fait d’utiliser un parfum si cher pour oindre Jésus et pense qu’on aurait mieux fait de le vendre pour faire l’aumône aux pauvres. D’un point de vue horizontal strict, ce n’est pas faux. Cependant, Jésus nous le dit : des pauvres, il y a en aura toujours et partout… Mais sa présence à lui parmi les humains est tellement furtive, fragile voire subtile, qu’il s’agit d’abord de s’arrêter, se tourner vers lui, de l’aimer et de l’adorer.

Et nous, aujourd’hui ? Choisissons-nous d’être comme Marie, prenant soin de Jésus, ici et maintenant, tout proche de nous avant que nous ne vaquions à nos occupations ? Ou comme Judas, lançant des idées pour donner un peu d’argent à celui qui mendie dans la rue ? Les deux attitudes ne sont de loin pas incompatibles et l’une n’est pas supérieure à l’autre. Mais Jésus nous demande d’agir en son nom, et l’urgence, pour nous aujourd’hui, est de soigner celui qui va souffrir pour nous sur la croix en l’adorant en silence – quelques minutes sont mieux que pas du tout ! Ensuite seulement, nous pourrons accomplir de bonnes œuvres dans le monde, dans la charité chrétienne !