5e dimanche du temps ordinaire – B – 7 février 2021

« Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »

Marc 1, 38

> Après plusieurs miracles, Jésus a besoin de se mettre en retrait, de prendre du recul. Puis, à la demande implicite des disciples, Jésus manifeste son autorité par le choix d’une autre voie. Son but est une prédication très large de l’Evangile, non plus centrée sur une seule ville, mais sur la Galilée entière. Aux attentes de guérisons, Jésus pointe sur le message, l’Evangile, sur la Parole. Ainsi, Jésus « dézoome » en quelque sorte, il prend de la hauteur pour élargir son champ de vision, c’est pourquoi il dit aux disciples : « Allons ailleurs ».

« Allons ailleurs », comme un appel qui résonne encore aujourd’hui avec force. Allons proclamer l’Evangile, en paroles et en actes. Allons vers ceux qui sont malades. Allons vers ceux qui sont exclus. Allons vers ceux qui en ont besoin. Mais plus encore, essayons de penser à ceux à qui nous ne pensons pas d’habitude, allons… ailleurs ! Voyons plus loin, plus large, « dézoomons ». Quand nous avons la tête dans le guidon, le Christ nous invite à relever la tête, prendre de la hauteur, et aller, avec confiance, ailleurs, pour annoncer l’Evangile. Une invitation à chacune et chacun cette semaine : allons ailleurs ! 

4e dimanche du temps ordinaire – 31 janvier 2021 – B

« Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! »

Marc 1,27

> Je suis assis dans la synagogue de Capharnaüm le jour du sabbat. Je regarde Jésus entrer avec les quatre pêcheurs du coin qui venaient de tout quitter pour le suivre. Jésus lit les Écritures juives. Il enseigne avec autorité et il nous impressionne tous profondément. 

Soudain, on entend le cri aigu d’un homme, Jésus fait taire sa souffrance et expulse calmement un esprit impur. Il le rend à nouveau auteur de son existence ! L’homme se trouve relancé dans son récit de vie… C’est lui qui va à nouveau tenir la plume de son histoire.

Seigneur, abrite-moi de ton autorité pour affronter les situations déshumanisantes,
Pour faire jaillir du neuf là où je ne voyais que des impasses et de la souffrance qui criait…
Pour écrire la suite d’une histoire qui apparaissait inachevée !

3e dimanche du temps ordinaire – 24 janvier 2021 – B

« Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. »

(Marc 1, 18)

> Quel zèle tout au long de l’Évangile de ce dimanche ! Il y a un sentiment d’urgence : Jésus annonce que le règne de Dieu est tout proche (v.15). Puis, quand il s’adresse aux disciples qu’il est en train de choisir, le texte nous indique par deux fois qu’ils lâchèrent « aussitôt » ce qu’ils étaient en train de faire pour le suivre (v. 18 et v.20) ! Et sans poser questions ?! Jésus leur propose de changer de métier, de quitter leur maison, leur famille, et « hop » ils y vont ! Sans hésiter. Eh bien si les disciples laissent ainsi ce qui représente pour eux sécurité et gagne-pain c’est par la confiance que Jésus leur inspirait. Ils savaient que c’était la chose juste à faire.
Imaginez là, maintenant tout de suite, où vous êtes : Le Christ sonne à votre porte. Lâchez tout, arrêtez ce que vous faites, et partez à sa suite. Ne serions-nous pas tentés de chercher des excuses ou de gagner du temps ? « Oui mais quand même je peux pas laisser ma famille comme ça », « non mon métier c’est pêcheur, pas pêcheur d’homme… Puis ça veut dire quoi d’abord ? », « Dis, t’aurais pas pu appeler avant ou m’écrire, là ça tombe mal… ».
> Cette semaine, prenons aussi conscience de l’urgence de réfléchir à nos priorités, à l’endroit où nous insufflons notre énergie ! Redisons à Jésus que nous sommes d’accord de le suivre et de quitter notre zone de confort. Ne partons pas dans les extrêmes, il s’agit bien sûr avant tout de « la conversion de nos cœurs et de croire à la bonne nouvelle » (v. 15), de là découleront nos actions et les chemins que nous empruntons. Soyez bénis !

Dimanche 10 janvier 2021 – B – Baptême du Seigneur

« Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie ! »

Mc 1,11

> Tels sont les mots prononcés par la voix du Père au moment où Jésus remonte des eaux du baptême. Avons-nous conscience qu’à notre propre baptême, le Père nous a dit, à nous aussi, « Tu es mon fils / ma fille bien-aimé/e, en toi je trouve ma joie ? »

Nos Bibles traduisent la deuxième partie de la phrase par des expressions ampoulées du style « je me suis complu » ou « il m’a plus de te choisir » ou encore « tu as toute ma faveur ». J’aime beaucoup cette traduction toute simple de la Bible liturgique : « Je trouve ma joie », qui fait droit, d’ailleurs, au mot grec d’origine dans lequel se trouve une notion de joie, de plaisir.

Dieu met sa joie en chacun de nous. Je souhaite que cette joie soit contagieuse bien plus que le CoVid, que jamais on ne trouve de vaccin contre elle, et qu’on puisse la répandre largement autour de nous cette semaine !

2e dimanche de l’Avent – B – 6 décembre 2020

« Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;
lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

(Mc 1,8)

…réactiver l’Esprit de notre baptême…

> Jean le Baptiste précise que, si lui ne baptise que dans l’eau, Jésus baptise dans l’Esprit. Pour chacun de nous, si nous sommes baptisés, qu’est-ce que cela signifie ? Car nous avons été baptisés dans l’eau ! Y aurait-il un deuxième baptême ? Mais pourtant nous n’avons pas été baptisés en Jean-Baptiste mais bien en Jésus… donc dans l’Esprit !

> Je crois que l’Esprit est en nous comme le courant électrique circule dans ces pièces munies d’interrupteurs à petite diode orange. Le courant est bien là, la lumière orange en témoigne. Mais tant que l’on ne presse pas sur le bouton, rien ne s’allume. Et si on le fait, la lumière reste un certain temps, puis s’éteint à nouveau.

> Quelle est notre manière de réactiver l’Esprit de notre baptême, qui circule en nous ? Comment appuyons-nous sur cet interrupteur ? Nous avons chacune, chacun nos moyens pour cela. Ne laissons pas passer cette semaine sans appuyer sur le bouton !

1er dimanche de l’Avent – B – 29 novembre 2020

« Il commande au portier de veiller. »

(Marc 13, 34)

> Portier, un métier qui n’est pas de tout repos : il s’agit de travailler pendant que les autres dorment. La sécurité des endormis dépend du niveau de veille du portier. Aux heures où les paupières ont une tendance naturelle à tomber, les yeux doivent être écarquillés pour entrevoir la présence de possibles voleurs ou ennemis. La nuit tous les chats sont gris dit le proverbe. Comment distinguer entre un pauvre hère et un voleur ? Portier, vraiment ce n’est pas une sinécure. Des qualités précises sont requises : vigilance, sens du devoir et des responsabilités, discernement. Heureusement, c’est de l’histoire ancienne. De nos jours, avec l’éclairage public, les serrures automatiques, les caméras de surveillance, les natel intelligents… point n’est besoin de portier !

Pourquoi donc Jésus choisit-il de raconter cette histoire si elle n’a pas de sens pour les lecteurs du XXIème siècle ?A bien y regarder ce récit a une portée plus intemporelle qu’il n’y paraît. Nous vivons dans un monde d’endormis vis-à-vis du Christ. Veiller sur eux, n’est-ce pas les avertir de la présence d’ennemis et, en particulier, d’un capable de se changer en ange de lumière ? La distinction est encore moins évidente que de nuit. Jésus insiste sur le fait que personne ne sait ni le jour, ni l’heure. Voilà la raison de cette veille constante.

A bien y regarder ce récit a une portée plus universelle qu’il n’y paraît. Ce n’est pas le rôle d’un seul homme. Pour veiller aux portes du temple, David avait assigné cette tâche à 4000 lévites. Jésus va plus loin puisqu’Il adresse l’ordre de veiller à tous ! La responsabilité est désormais notre mission commune. Alors, Veillons les uns sur les autres. (Hébreux 10,24)

Mardi 2 juin 2020

« Jésus leur dit : ‘Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.’ »

Mc 12,17

> En ce déconfinement, essayons de laisser de côté les préoccupations matérielles, autant que nous le permet notre condition bien entendu. Laissons à César ce qui lui appartient, donc.

> Sortons de ce temps de pandémie avec un petit supplément d’âme plutôt qu’un supplément sur notre compte bancaire. Retrouvons le goût des choses de l’esprit, laissons du temps pour la prière au milieu de nos nouvelles journées, émerveillons-nous d’une fleur, d’un papillon, du visage de nos prochains. Pas celui qui est gravé sur nos pièces de monnaie, celui que nous rencontrons vraiment.

> Que l’Esprit de la Pentecôte continue de souffler sur notre déconfinement !

Vendredi 20 mars 2020

« Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « tu n’es pas loin du royaume de Dieu. Et personne n’osait plus l’interroger. »

Marc 12, 34

> Tu n’es pas loin du Royaume ! Que dois-je faire de plus ? J’ai tout suivi, comme le jeune homme riche qui s’en va tout triste de ne pas pouvoir donner tous ses biens. Malgré sa fidélité aux commandements.

Mais… si je ne suis pas loin, c’est que je suis sur le bon chemin.

Méditons donc sur le manque, le presque.  Donnons, acceptons, offrons et partageons le peu qui nous reste. Notre cœur, notre personne.  Que Dieu prenne forme dans l’humain que nous rencontrons : toi, lui, elle et que nous l’aimions à travers le visible de Sa créature.

Mais, m’aimer MOI ? Avec respect pour Qui je représente ou avec idolâtrie pour l’image que je voudrais donner ? Ai-je de la patience, de la compassion et de la délicatesse pour cet enfant que je suis : prétentieux et fragile à la fois. Jésus s’est montré bienveillant vis-à-vis d’un scribe éveillé et cependant, Il se méfiait de leurs manipulations…. Tous méritent la grâce de Dieu, il suffit de se laisser transformer à l’image du Christ… Tout un programme de Carême et d’une vie.

33e dimanche du temps ordinaire – B

« Sachez que le Fils de l’homme est proche, qu’il est à vos portes. » (Mc 13, 29)

> Comment Jésus parle-t-il de sa proximité? A première vue, je l’associe à la fin des temps, à la fin du monde, et je nourris mes peurs avec pessimisme, défaitisme, découragement et amertume.

Pourtant, Jésus nous met en garde: au sujet de la fin de temps, vous n’en savez rien. Sortez de la peur pour entrer dans une attitude de veille. Gardez mes paroles, car elles sont solides et ne passent pas. Mes paroles qui parlent de prendre soin. Des humains, de la nature, du monde.

La proximité de Jésus, elle se découvre lorsque l’on sort de la temporalité passé-futur pour entrer dans le cadeau du présent. C’est ce que raconte l’image du soleil et de la lune qui rythment le temps: ils disparaissent.

La proximité de Jésus, elle se découvre lorsque l’on cesse de chercher le sens de la vie dans les étoiles et que nos yeux redescendent pour voir ce qui nous entoure. C’est ce que raconte la chute des étoiles.

La proximité de Jésus, elle se découvre lorsque nous sommes rassemblés des quatre coins du monde de nos différences pour ne faire qu’un, que nous découvrons cette unité du vivant. C’est ce que raconte les anges qui rassemblent.

Enfin, la proximité de Jésus, elle se découvre dans cette puissance de vie qui se déploie toujours à nouveau et crée du beau, du neuf, de l’espérance, de l’amour. C’est ce que raconte la gloire du Fils de l’homme.

 

32e dimanche du temps ordinaire – B

« Cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence: elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » (Mc 12, 43-44)

> Il est beau ce passage de l’Evangile, il illustre si bien son message entier.

Il balaye les riches hypocrites et élève les humbles.

La veuve que Jesus cite en exemple fait preuve d’un don entier de sa personne, pour plus pauvre encore, une confiance en Dieu qui pourvoit à nos besoins, un souci urgent et inscrit dans la chair au point de se priver de l’essentiel pour plus petit que soi.

On aimerait tant l’imiter, on se dit qu’on n’est pas riche, qu’on ne ressemble pas à ceux qui cherchent les premières places… et pourtant ! On mesure rarement assez à quel point on est attaché à nos biens et à quel point finalement on accepte de ne donner que le superflu la plupart du temps. Mais c’est bien au don de ce qui nous est essentiel que nous sommes appelés à notre tour !

Cette semaine nous proposons de réfléchir à ce que nous ne sommes pas capables de donner. Ce dont nous ne pouvons pas nous séparer, pour notre frère ou pour Dieu et à réfléchir à la manière cela peut nous emprisonner.