2e dimanche de l’Avent – C – 8 décembre 2024

«Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits, les chemins raboteux seront nivelés et tous verront le salut de Dieu.»

(Luc 3.6)

> Voilà un mot bien étrange qui m’interpelle, « raboteux ». Larousse nous en donne la définition : « Dont la surface est inégale et présente des aspérités. » Et des aspérités dans les chemins tortueux de l’existence….Dieu sait que nous en rencontrons!
Dieu envoie son propre Fils pour combler les vallées de nos difficultés, pour abaisser toute montagne qui divise, pour redresser les moments tortueux de notre vie, pour aplanir les chemins raboteux de nos relations, comment pourrait-il aujourd’hui ne plus se préoccuper de nous?
Ouvrir sa vie au Dieu de Jésus-Christ, c’est s’ouvrir à des chemins jusqu’alors inconnus, des chemins d’apaisement jusqu’au plus profond de la souffrance; des chemins d’espérance même quand tout espoir semble perdu.
> Pour l’Avent qui s’en vient, je veux me souvenir que Dieu est le Dieu de bien des possibilités et que l’inviter dans ma vie et mes relations humaines, c’est être prêt.e à le laisser combler les fossés et polir les aspérités même les plus tenaces, pour travailler à nous faire voir le salut / la santé retrouvée de nos liens même les plus compliqués.

1er dimanche de l’Avent – C – 1er décembre 2024

« Redressez-vous et relevez la tête, car votre libération approche. »

Luc 21, 28

> Ce passage de l’Évangile de Luc peut sembler inquiétant, avec ses images de chaos et de peur. Pourtant, Jésus nous invite à un geste d’espérance : « Redressez-vous et relevez la tête. » Pourquoi ? Parce que Dieu est à l’œuvre. Il vient pour libérer, pour relever et transformer ce qui semble perdu. Ce message résonne particulièrement en ce premier dimanche de l’Avent, où nous entrons dans un temps d’attente et de préparation à l’arrivée de la lumière de Noël.

> L’Avent nous invite à une attente confiante et joyeuse. Ce n’est pas une attente passive, mais un temps pour ouvrir nos cœurs à l’action de Dieu dans nos vies. Alors que cette période nous demande souvent d’aller vite et de répondre à mille sollicitations, prenons un temps pour ralentir, prier, et accueillir cette lumière. Relevons la tête : Dieu agit pour nous, avec nous. Belle marche vers Noël.

34e Dimanche du temps ordinaire B – Christ Roi de l’Univers – 24 novembre 2024

« Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

(Jn 18, 37)

> Jésus, un roi, lui, notre Sauveur doux et humble de cœur ? Que peut – il avoir en commun avec les puissants qui gouvernent les nations avec un sceptre de fer ? Et qui, sans scrupules, précipitent hommes, femmes et enfants dans la pire désolation ? Marqués par les actualités de guerre et d’injustice, il nous est presque intolérable d’associer le Christ à la “classe dirigeante“. Et pourtant, c’est lui-même, l’Innocent condamné, qui affirme sa royauté face à Pilate. Royauté qui n’est pas de ce monde, mais fondée sur la Vérité. Pas celle que Pilate cherche à définir par sa question devenue célèbre : « Qu’est-ce que la vérité ? » Celle qui nous a été révélée dans la Bonne Nouvelle, à nous qui professons notre foi en Christ, lui, Chemin, Vérité et Vie.
> Et ce qui est inouï, c’est que nous appartenons à cette vérité. Comment est-ce possible ? – En écoutant sa voix. Cette voix unique entre toutes, qui est notre autorité intérieure, guidant nos pensées, nos désirs et nos réalisations. Nous cheminons donc bel et bien sous la royauté du Christ, par libre choix, prenant notre part à l’avènement de son règne de justice et de paix.
> Rendons grâce pour un tel Roi et écoutons sa voix.

33e dimanche du Temps ordinaire – B – 17 novembre 2024

« Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. »

(Marc 13, 32)

> Jésus nous parle de signes annonciateurs et invite à la vigilance, tout en affirmant que «nul ne connaît l’heure». Ce paradoxe rappelle que la foi ne consiste pas à prédire l’avenir, mais à vivre chaque jour en confiance. Depuis des siècles, certains qui s’auto-proclament «élus» détournent ces paroles pour semer la peur et pousser à des conversions forcées. Mais l’objectif de Jésus n’est pas d’inquiéter : il nous appelle à une espérance active et consciente, enracinée dans l’amour.

> Choisir l’espérance ne signifie pas ignorer la réalité ; c’est une décision lucide, un ancrage qui nous permet de traverser les tempêtes sans se laisser submerger. Dans un monde où l’on parle d’accélération et de crises, soyons signes d’espérance. Plutôt que de céder à l’alarmisme, restons ancrés dans l’Évangile en prenant soin les uns des autres, en nous accompagnant dans l’entraide. Être élu, c’est peut-être répondre à l’appel de Jésus : vivre l’amour au milieu des incertitudes! Soyez bénis.

32e dimanche du Temps ordinaire – B – 10 novembre 2024

« Pour l’apparence, ils font de longues prières. »

(Marc 12, 40)

> Dans ce passage, Jésus nous met en garde contre ceux qui font des prières « pour l’apparence », tout en recherchant l’admiration de la foule. Il critique les comportements ostentatoires de certains qui se présentent comme dévoués, mais dont les actions ne sont pas alignées avec la justice ou la bienveillance. Cette critique vise les scribes de son époque, mais elle résonne encore aujourd’hui : dans notre société, où la visibilité est souvent valorisée au-dessus de l’intégrité, il peut être facile de tomber dans le piège de paraître plutôt que d’être authentique.

> Dans le discours des personnalités politiques, publiques, nos amis ou les influenceurs, qu’est-ce qui nous percute, qu’est-ce qui nous touche vraiment ? Savons-nous voir au-delà des apparences pour discerner ce qui est sincère ? Jésus nous invite à chercher la vérité des cœurs, comme celle de cette pauvre veuve, qui donne non pour être vue, mais dans l’intimité de sa foi.

> Cette semaine, cherchons à éviter les apparences pour entrer dans une relation sincère avec Dieu et avec les autres. Ne nous contentons pas de ce qui est visible ; demandons-nous plutôt ce que signifie donner de soi de manière authentique et engageante. Soyez bénis.

31e dimanche du Temps ordinaire – B – 3 novembre 2024

«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.»

(Marc 12.30)

> Il me touche ce scribe, venu demander lequel parmi tous les commandements est le plus important. Il est vrai que parmi les 613 que contient la Torah…il y a de quoi avoir envie de prioriser!
Alors Jésus pointe sur l’écoute et l’Amour; l’écoute de Dieu, l’amour pour Dieu et ensuite pour le prochain.
Je suis frappée comme le 1er commandement est le moule du second.
C’est du même amour-agape qu’il s’agit! C’est d’un amour qui engage toute ma force, tout mon cœur, toute mon âme et toute mon intelligence que je peux aimer mon prochain comme moi-même…
Mais l’écoute est première!! Combien de fois je le vérifie dans ma vie: si je prends le temps de méditer la Parole, de me décentrer de moi-même pour discerner les priorités de Dieu, alors la voie de l’Amour de ceux que je rencontre me devient plus naturelle et me permet la refonte de l’amour pour Dieu en amour du prochain.
> Seigneur, porte-moi vers davantage d’écoute avant de me précipiter à aimer; peut-être que mon amour pour le prochain en deviendra moins maladroit…

30e dimanche du Temps ordinaire – B – 27 octobre 2024

On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ;il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.

(Marc 10, 49-50)

> Ces quelques mots sont tirés de la scène de l’aveugle-né à qui Jésus rend la vue. Ce qui est intéressant, dans les scènes de miracles relatées par l’Evangile, c’est d’observer ce qui rend le miracle possible. Ici, deux attitudes : la confiance d’abord, le fait de se lever ensuite.
> La confiance est première et essentielle. Si l’on aborde une demande de miracle, dans notre vie, en
outant d’emblée que cela soit possible, aucune chance de voir quoi que se soit arriver !
> Le fait de se lever est second mais tout aussi essentiel : se bouger, sortir de son habitude, de sa posture, essayer de faire ce que l’on n’a jamais fait ou ce qui nous fait peur, voilà ce qui peut rendre possible l’avènement d’un miracle dans nos vies.
> Abordons avec confiance la semaine qui vient et osons sortir de nos habitudes ces prochains jours… qui sait ? Les miracles continuent, de nos jours.

29e dimanche du Temps ordinaire – B – 20 octobre 2024

« Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. »

(Marc 10,43)

> En entendant la demande de Jacques et Jean, nous risquons de nous indigner tout comme les dix autres disciples. N’est-ce pas là un énorme manque de tact, alors que Jésus venait de leur annoncer sa Passion ? Si quelqu’un pouvait en être offusqué, ce serait bien Lui, le Maître. Mais non, il essaie patiemment de ramener à la réalité les deux frères égarés dans leur rêve de grandeur. En vrai Maître, il a le souci de former ses disciples et s’y montre comme leur serviteur. Adressant sa parole à eux tous, il leur donne son propre comportement en exemple ; non pour se vanter, bien sûr, mais pour les inviter à le suivre dans son abaissement, passage obligé avant la gloire du ciel.
> Et nous, après avoir entendu et médité l’évangile de ce dimanche, quel impact aura-t-il sur notre vie, sur notre prière ? Quelle “faveur“ allons-nous demander à Jésus ? A chacun d’accueillir dans un cœur à cœur simple et vrai le don qui lui aura été préparé et qui fera sa joie.

28e dimanche du Temps ordinaire – B – 13 octobre 2024

« Pierre dit à Jésus : Et nous ? n’avons-nous pas tout quitté pour te suivre »

(Marc 10, 28)

> Alors que les disciples viennent d’assister à une scène troublante – celle d’un jeune homme qui repart tout triste après sa rencontre avec Jésus – voilà que le bouillant Pierre s’inquiète du sort qui sera le sien. Il entend bien faire valoir le fait qu’il a tout quitté pour suivre Jésus. Pas seulement lui, mais aussi ses compagnons de route (Et nous ?). Ce faisant, Pierre montre une manière de faire qui est aussi, bien trop souvent, la nôtre : récriminer, c’est-à-dire manifester avec âpreté et amertume son mécontentement. Cela révèle aussi que Pierre a une idée précise de ce qui est juste. Ne serait-ce pas aussi notre cas ?

> La réponse de Jésus montre que la justice de Dieu s’établit sur d’autres bases que celles de ce monde. La rétribution au centuple promise par Jésus n’est pas en proportion du « sacrifice » consenti. Tout lâcher à cause de Jésus et de l’Evangile est source de bénédictions maintenant et dans le siècle à venir.

> Suis-je prêt à tout lâcher ?

27e dimanche du Temps ordinaire – B – 6 octobre 2024

« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.»

(Marc 10,14)

> Une des rares colères de Jésus relatée par les Evangiles est dirigée envers ceux qui ne laissent pas venir les enfants à lui. Ce verset, avec d’autres, en témoigne.
> Or… combien de fois entends-je encore des parents dire « Oh nous, vous savez, on ne baptise pas notre enfant, il choisira plus tard quand il sera grand, de quelle religion il veut être et s’il en veut une. » Je leur demande toujours s’ils apprennent une langue à leur enfant, leur suggérant de ne lui en apprendre aucune pour qu’il puisse choisir plus tard laquelle il veut parler – et s’il veut en parler une. On rit… puis on discute.
> Comme nous faisons à nos enfants le cadeau d’une langue pas comme les autres, la langue maternelle, faisons-leur aussi le cadeau d’une foi pas comme les autres, celle de leurs parents. Cela ne les empêchera nullement de changer de langue et de foi plus tard. Mais on ne peut choisir qu’en connaissance de cause.
> Cette semaine, essayons de parler de Dieu à nos enfants, à nos petits-enfants, à nos neveux et nièces. Il ne s’agit pas de les encourager à suivre Jésus, mais au moins de ne pas être de ceux qui, en ne leur en parlant jamais, les empêchent de le connaître.