29e dimanche – A

Alors Jésus leur dit:  » Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.  » (Mt 22, 21)

Cette célèbre parole de Jésus est devenue une expression si habituelle qu’on oublie souvent d’où elle vient. C’est en effet une réponse que Jésus donne aux pharisiens qui essaient de le piéger en lui demandant s’il faut payer ou non l’impôt à l’empereur. Par cette réponse, Jésus nous rappelle à chacun notre responsabilité d’homme. Être croyant ne nous libère pas de réfléchir, de nous questionner, de rechercher la vérité, de travailler à éclairer notre conscience. Il ne suffit pas de dire que nous agissons au nom de Dieu pour nous décharger de toute responsabilité. Jésus nous invite ainsi à suivre son exemple, à être toujours vrai, à ne pas faire de différence entre les gens, à ne pas se laisser influencer, pour être sur le vrai chemin de Dieu (cf. v. 22, 16).

> Essayons cette semaine de demander à Jésus ce discernement, de lui demander de nous aider à grandir sur ce chemin de Dieu, chemin de liberté et donc de responsabilité.

28e dimanche – A

Alors il dit à ses serviteurs : « Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. » (Mt 22,8-9)

> Le maître du repas dont parle Jésus avait invité bien des gens, mais tous ont refusé, prétextant d’autres choses à faire, quand ils n’ont pas violenté les serviteurs qui les invitaient. Le maître décide alors d’inviter tous les autres, tous ceux auxquels on n’avait pas pensé, tous ceux qui – à priori – n’avaient pas place à ce repas.

L’église offre un repas chaque dimanche près de chez nous. C’est un repas un peu particulier – gratuit, d’ailleurs – auquel nous sommes invités nous aussi. Faisons-nous partie des gens qui déclineront l’invitation de Dieu, le maître du repas, faisons-nous partie de ceux qui critiquent les serviteurs de ce repas qu’on appelle pasteurs ou prêtres, ou, au contraire, allons-nous, nous aussi, partir à la croisée des chemins pour inviter d’autres personnes à venir avec nous à ce repas ? Essayons…

27e dimanche – A

Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux !’  » – Mt 21, 42

> Ce passage célèbre de la parabole des vignerons meurtriers nous rappelle que suivre Jésus n’est pas toujours une affaire joyeuse et facile. Parfois nous faisons la douloureuse expérience d’être rejetés pour notre foi en Christ, plus ou moins violemment si l’on pense aux minorités chrétiennes orientales actuellement persécutées. Ce dont nous assure Jésus, c’est qu’en dépit de toutes ces critiques, si nous bâtissons sur lui et à partir de lui tout en allant vers lui, c’est là une « merveille » ! Une merveille si éclatante que les bâtisseurs-critiques sont éblouis et incapables de la voir sans cligner des yeux!

Et si cette semaine, fort de la présence de Jésus à nos côtés, nous osions manifester la merveille de notre foi en lui, d’une manière particulière ou à quelqu’un à qui nous n’en avons encore jamais parlé ? Si nous devenions « passeurs » de la Bonne Nouvelle ? Peut-être qu’une seule personne sur notre chemin se laissera émerveiller et ouvrira petit à petit les yeux. Et ce sera assurément là « l’oeuvre du Seigneur » !

26e dimanche – A

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » (Mt 21, 28-30)

> Répondant aux piques des grands prêtres et des anciens par cette étrange parabole, Jésus vient nous interpeller, nous aussi, par l’attitude des deux fils. A l’ordre donné par le père, le premier refuse d’abord d’obéir puis change d’avis, « pris de remords » et s’en va, prenant son propre chemin en y allant (littéralement « il s’éloigna » v.19). Le second fils, à l’inverse, semble d’abord suivre l’ordre de son père, mais, divisé intérieurement (le « Oui Seigneur ! » du v. 30 pourrait aussi être traduit par une interrogation « moi Seigneur ? »), il n’y va finalement pas.

Cette semaine, nous sommes invités à réfléchir à cette volonté du Père exprimée dans sa Parole et à notre réponse à celle-ci. Qu’est-ce que cela signifie pour nous « aller travailler à sa vigne » ?

« Que ton OUI soit OUI et ton NON soit NON », dit Jésus ailleurs dans l’Evangile de Saint Matthieu (5,37). Pourtant bien souvent, dans nos vies, nous sommes divisés, comme ces fils. P’têtre ben qu’oui, p’têtre ben qu’non, dirait un Normand. Alors, si nous prenions le temps cette semaine de penser à une décision, un choix à prendre, pour y discerner la volonté du Père et oser dire fermement OUI ou NON, sachant que le chemin au Père n’est jamais barré à celui qui croit et qui se repentit…

25e dimanche – A

« Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? » Mt 20, 14-15

> La justice de Dieu n’a rien à voir avec la justice des hommes. Elle explose tous nos systèmes et pourtant elle existe bien cette justice divine : il a bien fallu que Jésus meure sur la croix en rémission de nos péchés. Mais justement cette justice a quelque chose de scandaleux à nos pauvres yeux d’hommes, habitués à une rétribution en fonction du mérite. Et pourtant, qui pourrait se targuer de mériter ce don absolu de Dieu ? Qui pourrait se vanter d’être à la hauteur de l’amour que Dieu donne ?

Ouvrir nos yeux et notre cœur à cette justice divine si extraordinaire, voilà ce qu’on pourrait apprendre cette semaine… Réajuster nos grands idéaux de justice aux piliers de la justice divine : don de soi et miséricorde !

23e dimanche – A

« Encore une fois, je vous le dis : si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. » (Mt 18,19)

> Le mot grec que traduit ici « se mettent d’accord » évoque une SYMPHONIE. Il s’agit donc de chanter à deux la même partition pour demander quelque chose à Dieu. Mais une symphonie est un ensemble de voix différentes, chacune jouant sa propre partition. Il s’agit donc d’être différent mais de demander à Dieu, ensemble, quelque chose, harmonieusement.

Or, dans notre manière de prier, on est souvent seul. Même les couples ont souvent de la difficulté à prier ensemble.

Cette semaine, nous vous proposons donc de trouver une personne – pourquoi pas celle qui partage votre vie, ou une autre – et de demander ENSEMBLE quelque chose à Dieu dans la prière, chacun avec ses mots mais ensemble. Alors, dit Jésus, la prière sera exaucée.

22e dimanche – A

A partir de ce moment, Jésus Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter. Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander, en disant:  » Dieu t’en préserve, Seigneur! Non, cela ne t’arrivera pas!  » (Mt 16, 21-22)

> Peu avant ce passage, Pierre déclare que Jésus est Messie et Fils de Dieu (Mt 16,16). Il a bien sûr tout juste, mais par contre il a une image bien figée, celle de la majorité de ses contemporains, sur ce que devrait être le Messie: un libérateur du genre chef des armées qui va les délivrer des Romains, un genre de super-héros en quelque sorte… en tout cas pas un Dieu qui souffre, par un Dieu qui va vivre la passion comme l’annonce Jésus en Mt 16,21.

Nous nous faisons souvent, comme Pierre, une image plus ou moins figée de Dieu. Il est bon de rester à l’écouter de ce Dieu insaisissable pour ne pas le réduire à l’image que nous nous en faisons. Il nous est proposé ainsi cette semaine de prendre le temps de discuter avec quelqu’un de nos images respectives de Dieu et de se laisser interpeller par les différences entre notre image de Dieu et celle de notre interlocuteur.

21e dimanche – A

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. (Mt 16,18)

> Dans l’histoire de la réception, ce verset bien connu a fait couler beaucoup d’encre, puisque c’est celui qui institue Pierre pour fonder l’Eglise de Jésus Christ sur terre, qui l’institue comme premier Evêque de Rome dont le pape est le successeur. C’est également une mention importante du thème du chrétien compris comme « pierre vivante » (que l’on retrouve en 1 Pierre 2), avec le Christ comme pierre angulaire de l’édifice spirituel formé par ces pierres vivantes que sont les chrétiens.

Cette semaine, nous sommes invités à deux choses en lien avec ce verset. Premièrement, ce verset nous rappelle, que l’on soit catholique romain ou non, le rôle essentiel de la papauté pour le ministère de l’unité de l’Eglise qui est, encore aujourd’hui, scandaleusement divisée. Ainsi, cette semaine, laissons-nous inviter, avec les chrétiens de toutes confessions, à prier pour le Pape François et son ministère d’unité des chrétiens.

Deuxièmement, prenons conscience que nous aussi, nous sommes des pierres vivantes avec laquelle le Christ veut bâtir son Eglise : quel(s) don(s), quel(s) charisme(s) possédons-nous et/ou pouvons-nous développer, pour rendre cette Eglise encore plus vivante, plus joyeuse, plus rayonnante ? Car Jésus le Christ a besoin de nous, ses pierres, pour témoigner de Sa vie et Son amour. Pierres vivantes, faisons notre la prière de Saint-François d’Assise : Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix, Seigneur, fais de nous des bâtisseurs d’amour.

20e dimanche – A

Jésus répondit : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

> Une fois encore, Jésus ne fait aucun geste « miraculeux » mais indique simplement que c’est la foi qui produit le miracle.

Et nous, est-ce que nous demandons un miracle tout en nous disant, intérieurement : « Non, mais Seigneur, je ne veux pas vous déranger, il y a sûrement plus important » ou encore « De toutes façons c’est impossible que ça marche, ce serait trop miraculeux » ?

Demandons l’impossible, cette semaine ! Les miracles existent ! Et ils semblent dépendre de notre foi, du fait qu’on y croit vraiment…

19e dimanche – A

Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! (…) Jésus étendit la main, le saisit et lui dit [à Pierre] : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » – Mt 14, 27.31

> On dit que la foi permet de déplacer des montagnes ou… de marcher sur les eaux ! C’est ce que fait Pierre à la suite de Jésus dans cet épisode si connu. Mais au milieu de la traversée, il a peur et se met à couler. Un peu comme dans les dessins animés où celui qui court dans le vide s’aperçoit qu’il n’y a plus de terre sous ses pieds ! Une sorte de brusque retour aux attaches matérielles souvent si rassurantes… Comme si agir dans la foi au Christ était temporaire, le temps d’émerger d’une sorte de rêve semblant irréel parce que trop extraordinaire.

Qui d’entre nous, dubitatif comme Pierre, n’a-t-il pas « testé » le Seigneur ?! « Si c’est bien toi… » dit Pierre. Qui n’a pas été pris de vertiges et a chuté alors même qu’il était engagé, pourtant à la suite de Jésus, sur un chemin brusquement devenu escarpé ?

Si c’est le Christ qui nous appelle, aucune raison de douter ! Il nous laisse néanmoins libre de le suivre ou non. Il ne nous forcera pas, ne nous obligera à rien, nous permettra de rester où nous en sommes. Laissons-lui au moins une chance, faisons le premier pas vers lui qui nous attend et qui nous tend la main pour nous relever et nous accompagner dans la vie ! Avec lui, plus de crainte, juste la certitude de ne jamais être seul, même au creux de la tempête. Confiance, c’est lui, le Fils de Dieu, n’ayons pas peur !