2e Dimanche du temps ordinaire  – A  – 18 janvier 2026

“Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. » 

Jean 1,34

> Nous voici encore avec Jean Baptiste, précurseur et témoin, qui nous accompagne bien au-delà de l’Avent et de Noël, jusque dans ce temps appelé “ordinaire“ où commence la vie publique de Jésus. Car oui, enfin Jean le voit, celui qu’il avait annoncé sans le connaître.

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.” – Etrange présentation.

Notre récit n’a pas pour but de raconter une rencontre entre cousins. Il nous met en présence du Messie, perçu par Jean comme cet Agneau de Pâques immolé lors de la sortie d’Egypte et la libération de l’esclavage. Il le reconnaît dans sa plénitude de Fils sur qui repose l’Esprit. La  mission du Baptiste se trouve accomplie: Être la voix qui conduit à cet Autre, plus grand que lui – et s’effacer.

> Il peut inspirer notre vie de baptisés: Aspirer à laisser toute la place à Jésus, présent dans ses frères et sœurs – les nôtres. Renoncer à vouloir tout ramener à nous-mêmes, à ce cher MOI-JE, et laisser la place, laisser la parole à l’autre, ce petit plus grand que nous. Un bonheur à découvrir en cours d’emploi.

Dimanche du Baptême du Seigneur – Année A – 11 janvier 2026

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

(Matthieu 3,17)
(Image : Qasr el Yahud, sur les rives du Jourdain, l’un des lieux traditionnellement associés au baptême de Jésus.)

> Le Jourdain n’a rien d’un fleuve majestueux. C’est une rivière étroite, aux eaux parfois troubles, que Jésus choisit pourtant pour s’y plonger. Il ne fait pas semblant : il descend vraiment. Lui, le Fils, entre dans les eaux comme un homme parmi les hommes, comme s’il voulait rejoindre ce qui est lourd, opaque, enfoui. Et soudain, les cieux s’ouvrent. Le Père parle. Non pour glorifier, mais pour aimer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » Une parole qui dit la dignité reçue, l’appartenance profonde, la joie d’un lien que rien ne peut briser.

> Il y a des semaines où les mots semblent trop fragiles, où même les silences ont du poids. Le drame de Crans-Montana, en cette nuit de fête devenue nuit de deuil, a laissé notre pays sous le choc. D’autres, ailleurs, portent aussi des pertes lourdes, des blessures profondes, des silences qui crient. Et pourtant, l’Évangile ose encore une parole : non pour effacer la peine, mais pour la traverser. Ce n’est pas parce que tout va bien que cette parole résonne. C’est parce que Dieu s’y engage. Et au cœur même des eaux sombres, une voix continue de nous rappeler : « Tu es mon enfant bien-aimé. » Que cette parole soit pour nous, en ces jours, un abri et une force. Qu’elle ravive en nous la confiance que, même là où l’on ne voit plus clair, l’Esprit descend encore, discret comme une colombe. Et que ce souffle nous relève. Amen.

> Toute l’équipe des rédacteurs de L’Évangile à l’écran est en communion de prière avec celles et ceux qui, cette semaine, traversent l’épreuve.

4e dimanche de l’Avent 🕯️🕯️🕯️🕯️ – A – 21 décembre 2025

️ « Tu lui donneras le nom de Jésus, c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve. »

(Mt 1, 20)

> Nous voici tout près de Noël. En ce 21 décembre, une prière1 de l’Avent, chantée ou récitée, évoque le Sauveur comme un « Soleil levant », alors que l’Évangile nous raconte comment Joseph, l’époux de Marie, apprit en songe le nom humain du Sauveur à naître.

L’histoire de ce couple n’est pas ce qu’il y a de plus glorieux pour l’époque en Orient : La fiancée est enceinte avant le mariage, et ceci de “père inconnu“ ! C’est le déshonneur pour tous les deux et, en conséquence, la répudiation de la jeune femme.

L’histoire du salut, elle, se situe à un tout autre niveau. Il fallait une dose de foi extraordinaire à Marie comme à Joseph pour adhérer au dessein de Dieu. Alors que Marie, ne connaissant pas d’homme, avait dit son : « Qu’il me soit fait selon ta parole », Joseph, de son côté, ayant déjà formé son projet à lui (v.20 a), applique sans discuter ce que l’ange lui avait prescrit. La consigne : « Tu lui donneras le nom de Jésus », lui confère clairement l’autorité paternelle sur l’enfant qui naîtra de son épouse.

> Son nom est Jésus, c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve. La naissance de l’Enfant-Dieu était en quelque sorte suspendue à l’obéissance de foi d’un jeune couple de gens à l’apparence toute ordinaire. Voilà comment Dieu s’y prend pour mettre en route le salut du monde. L’invitation est lancée à lui ouvrir, nous aussi, avec foi, notre simple quotidien pour qu’il y réalise son dessein d’amour.

  1. (Les antiennes O sont de courtes prières utilisées dans la prière des Heures, plus précisément aux Vêpres (la prière du soir), durant les derniers jours avant Noël. Elles commençent toutes par « ô ») ↩︎

️3e dimanche de l’Avent 🕯️🕯️🕯️ – A – 14 décembre 2025

« Es-tu celui qui vient ? ou devons-nous en attendre un autre ? »

(Mt 11, 3)

> Je m’imagine Jean- Baptiste au fond de son cachot, rongé par le.doute….
Il avait annoncé un Messie qui s’imposerait par la.force, qui nettoierait la.place par le feu et la fourche… et voilà que les échos qui lui parviennent ne correspondent pas à cette image! Jésus guérit, aime ses ennemis et pardonne même aux pêcheurs acoquinés avec les Romains!!
Alors il remet en question ses intuitions: es-tu VRAIMENT celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre? Il est mis au défi de changer sa théologie et d’accueillir un Messie tourné vers la douceur et la ienveillance.

> Combien de fois m’arrive-t-il de douter du charisme des personnes que je côtoie parce qu’ils me déçoivent…? J’attendais leur brio, leur courage, une manière de faire qui transformerait radicalement le réel et c’est comme s’ils n’étaient pas à la hauteur de mes espoirs!
Lorsque cela arrive: me souvenir de la juste attitude de Jean-Baptiste qui est de parler directement à Jésus de sa déception et il peut recevoir une réponse claire: le Royaume n’est pas là où il l’attendait !!
Jésus fabrique le Royaume dans le corps-à-corps avec ceux qu’il rencontre, il épouse leur chair et les rend à la Vie.
J’espère que Jean-Baptiste aura dépassé ses doutes et aura eu cette conviction: oui, amen, Jésus était bien celui qui devait venir!

> Bonne dernière ligne droite avant Noël!!!

Dimanche du CHRIST-ROI – C – 23 novembre 2025

« N’as-tu donc aucune crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos actes ; mais celui-ci n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume. »

(Luc 23.40-42)

> En venant dans le monde, le Fils de Dieu s’est abaissé pour se mettre à notre hauteur. C’est à la croix que nous le rencontrons face-à-face, tels les deux criminels crucifiés avec lui.

> L’un des deux se laisse entraîner par la moquerie des chefs religieux et des soldats. Il insulte Jésus, s’enfonçant ainsi plus profondément dans sa perdition.

> L’autre, dans la même situation de dénuement et de souffrance terribles, fait preuve d’un discernement incroyable : il reconnaît l’autorité de Dieu dans ce qui se passe ; il reconnaît sa culpabilité quant à sa condamnation – une manière de faire pénitence ; il reconnaît l’innocence de Jésus ; il reconnaît enfin que Jésus est Roi, et que ce Roi instaurera un jour son royaume dont il aimerait faire partie !

> Jésus-Christ, qui n’a pas connu le péché mais que Dieu a fait pour nous péché afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu (2 Corinthiens 5.21), accueille l’homme repentant et lui promet une bonheur plus proche encore que ce qu’il aurait pu imaginer : « Amen, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » (Luc 23.43)

C’est à la croix que le Christ-Roi me rencontre face-à-face, et dans un cœur-à-cœur il me dit :

  • Je me suis abaissé pour me mettre à ta hauteur.
  • Ici, à la croix, j’ai pris sur moi tes péchés, ta culpabilité et ta honte.
  • Tu peux, comme celui sur un côté, te détourner de moi et rester avec ton fardeau.
  • Tu peux, comme celui sur l’autre côté, reconnaître ton fardeau, et le déposer à mes pieds.
  • Ceux qui m’accueillent ainsi comme Roi et me suivent, ne marcheront plus dans les ténèbres, mais ils auront la lumière de la vie. (Jean 8.12)
  • Comment lui réponds-tu ?

Et si tout ceci t’est déjà bien connu, prie pour ceux qui, autour de toi, l’ignorent encore.

33e dimanche du temps ordinaire – année C – 16 novembre 2025

« Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. » Lc 21,13-14

> Il s’agit d’être témoins et non pas avocats de la défense, voilà ce que Jésus essaie de nous dire.  

> Pourtant, quand on me demande ma religion, ne suis-je pas assez systématiquement et immédiatement sur la défensive ? Voire dans des explications abracadabrantesques, du genre : « Je suis chrétien, mais réformé / catholique, en fait j’ai été baptisé dans telle confession mais j’ai changé ensuite après mon mariage mixte… » Quand ce n’est pas le célébrissime « je suis croyant mais non-pratiquant », comme si on pouvait être skieur non-pratiquant, musicien non-pratiquant ou francophone non-pratiquant.

> La pratique, c’est d’abord le témoignage. Pas besoin de se défendre de quoi que ce soit, alors : « Ma religion ? C’est celle du Christ. Dont je rends témoignage en essayant – à ma toute petite échelle – de passer sur cette terre en répandant le bien autour de moi. »

32e dimanche du temps ordinaire – C – 9 novembre 2025

« Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

Jn 2,16

> En ce dimanche, la liturgie catholique donne préférence à la fête de la dédicace du Latran, soulignant l’importance de nos lieux de culte pour notre vie de foi. Nous l’avons tous expérimenté : La Beauté nous porte à la contemplation, à la louange et nous rend meilleurs ; toute laideur, par contre, abîme quelque chose au-dedans de l’homme.

Le texte choisi pour cette fête se trouve au tout début de l’Evangile de Jean. Jésus, arrivant de Galilée, a dû encaisser le choc de voir le lieu saint transformé en marché de bétail, “maison de commerce“. Nous connaissons sa réaction.

Cet épisode, en quoi nous parle-t-il aujourd’hui, alors que dans nos dans nos lieux de prière, nous trouvons tout au plus une modeste boutique ?

Jésus parle d’un autre sanctuaire, celui de son Corps ; Paul, il nous rappelle que nous sommes les “temples de l’Esprit Saint “ (1 Co 6,19), alors que Maurice Zundel affirme :

« Le vrai sanctuaire, c’est l’être-humain ! »

> Nous sommes donc invités à garder de la profanation aussi ce sanctuaire-là, à veiller sur nous-mêmes et sur notre prochain, spécialement le plus vulnérable. Oser nous montrer intransigeants lorsqu’on se moque de lui et mettre en lumière sa beauté unique. Voilà ce qui pourrait être notre part de soin apportée à la maison où Dieu demeure, dans ses temples de chair autant que derrière des murs de pierre.

29e dimanche du Temps Ordinaire – C – 19 octobre 2025

« Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra,

trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Luc 18.8

La parabole dite du juge inique se termine par une question : à son retour, Jésus trouvera-t-il la foi sur terre ?

Jésus vient bientôt. La question nous concerne donc au premier chef : avons-nous la foi ?

S’il y a bien quelqu’un qui peut la trouver, c’est Dieu, car il crée tout et sait où la chercher ; pourtant, elle est si rare que même lui, dont les yeux peuvent détecter la foi aussi petite qu’un grain de sénevé, a du mal à la trouver. Il y a trop peu de foi véritable dans le monde. Triste constat : combien nous faisons peu confiance à notre Dieu ! Avons-nous oublié qu’un grain de sénevé de foi déplace des montagnes ?

Souvenons-nous de l’instante prière des apôtres conscients de leur état. Que leur prière devienne la nôtre : Seigneur, augmente-nous la foi. (Luc 17, 5).

28e dimanche du Temps Ordinaire – C – 12 octobre 2025

« L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à pleine voix. Il tomba face contre terre aux pieds de Jésus et lui rendit grâce. C’était un Samaritain. »

Luc 17.15-16

> En bordure d’un village, dans une zone située entre deux régions aux populations hostiles l’une envers l’autre, Jésus se fait approcher par une « communauté de destin » bien particulière, car ses membres sont unis par une maladie infectieuse qui les met au ban de la société. Alors que Samaritains et Galiléens s’évitent pour des raisons religieuses, le groupe semble bien inclure des représentants des deux populations. C’est un peu comme si lors d’une hospitalisation en chambre commune, vous vous trouviez avec des personnes qui se situent à des endroits différents du vôtre, que ce soit par rapport à leur métier, leur idéologie, leur allégeance politique, ou encore leur spiritualité. Il est d’ailleurs possible que les dix malades ne soient ensemble que temporairement, le temps de venir demander la guérison à celui qui peut les restaurer dans leur santé.

> Trois observations :

La parole d’envoi vers les prêtres, chargés par la Loi de constater la guérison de la lèpre, était du même coup une parole de guérison efficace, dans la mesure où les malades y donnèrent suite – ce qu’ils firent tous.

Comme d’habitude, le but des miracles que Jésus accomplit est de manifester que le règne de Dieu est arrivé avec lui (voir Luc 17.20-21), et c’est le fait de reconnaître qu’il est l’envoyé et le représentant de Dieu qui apporte, au-delà de la guérison physique, un salut plus grand (17.19).

Enfin, à tous ceux qui vivent de la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ, cet épisode rappelle que l’action de grâce est une dimension essentielle de notre relation avec Dieu.

Quel contraste entre l’appel initial à la compassion des dix et la glorification à pleine voix du Samaritain qui exprime sa gratitude. Le psychothérapeute suisse Manfred Engeli a dit : « C’est par la reconnaissance que nous arrosons ce que Dieu a planté. » Nous en avons une belle illustration ici.

Pour quoi et pour qui pouvez-vous dire « Merci » à Dieu aujourd’hui ?

Dans ces jours qui viennent, cherchez à cultiver une attitude de gratitude. Il ne s’agit pas d’inventer des choses ou d’appeler « bien » ce qui ne l’est pas. Mais de discerner des petites ou grandes étincelles de la grâce de Dieu, et de l’en remercier !

27e dimanche du Temps Ordinaire – C – 5 octobre 2025

« De même vous aussi, quand vous avez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir »

(Luc 17, 10)

> Les disciples demandent à Jésus : « Augmente en nous la foi ! »

Comme s’ils sentaient que ce qui leur est demandé dépasse leurs forces. Jésus ne leur donne pas une formule magique. Il répond en parlant d’un service humble, celui d’un serviteur qui, après une journée de travail, continue encore à servir, sans attendre de récompense particulière.

Ce passage peut sembler sévère. Mais il révèle une chose essentielle : la foi véritable ne se mesure pas à des exploits spirituels, mais à la capacité d’aimer et de servir sans condition, sans attente de retour. Une foi vivante se reconnaît à sa capacité à traverser le quotidien, à se faire proche, à s’engager dans l’ordinaire.

> Ce texte trouve un écho profond dans la vie des proches aidants : ceux et celles qui accompagnent un parent malade, un conjoint affaibli, un enfant en difficulté. Leur mission est souvent silencieuse, continue, sans horaires fixes. Ils donnent sans compter, soutiennent sans relâche, souvent sans reconnaissance visible.

Comme le serviteur de la parabole, ils pourraient dire : « Nous n’avons fait que notre devoir. » Mais ce « devoir » n’est pas banal : il est tissé de fidélité, de tendresse, de courage quotidien. Il est une forme d’amour incarné, patient, persévérant.

Le 30 octobre, ce sera la journée des proches aidants : dans leurs mains, dans leurs gestes, dans leur présence, c’est l’Évangile qui se fait chair.

Seigneur Jésus,
Toi qui t’es fait serviteur,
regarde avec tendresse ceux qui, jour après jour,
prennent soin d’un être cher dans la fragilité.
Donne-leur la force quand ils sont fatigués,
la paix quand ils se sentent seuls,
et la lumière quand ils ne voient plus le sens.
Qu’ils sachent qu’à travers leur fidélité,
c’est ton amour qui agit, silencieux mais puissant.
Soutiens-les dans leur mission cachée,
et rappelle-leur que tu es avec eux,
chaque jour, dans chaque geste.