5e dimanche de Carême – A

« Ne t’ai-je pas dit que si tu crois tu verras la gloire de Dieu ? » (Jn 11, 40)

> Jésus s’apprête à révéler de manière implacable cette gloire de Dieu en faisant revenir Lazare à la vie. Pourtant, peu importent les signes et les miracles accomplis, il y aura toujours des incrédules. Car pour voir la gloire de Dieu, il faut les yeux de la foi.

C’est à Marthe que Jésus dit ces paroles, l’une des femmes qui le connaît bien et qui le suit. Même à elle, Jésus doit rappeler que ce qui compte avant tout c’est sa foi et que c’est à l’aune de celle-ci qu’elle pourra voir son Dieu. Tous les croyants ont besoin de ce rappel : est-ce que notre foi est encore assez vive pour voir la gloire de notre Dieu ? Et quand nous nous croyons abandonnés, redisons-nous avec fermeté : oui je crois ?

On peut bien montrer toutes les merveilles de Dieu, celui qui refuse de croire ne les verra pas. Mais avec les yeux de la foi on peut la voir de manière éclatante cette gloire de Dieu. C’est ce que nous sommes invités à faire cette semaine : renouveler notre regard sur notre vie et sur le monde avec un regard de foi, persuadé que la gloire de Dieu se manifeste devant nous.

4e dimanche de Carême – A

Ils ripostèrent:  » Tu n’es que péché depuis ta naissance et tu viens nous faire la leçon! « ; et ils le jetèrent dehors. (Jn 9, 34)

> Dans ce récit, Jésus guérit un aveugle de naissance. S’ensuit pour celui-ci plusieurs épreuves : les voisins n’arrivent pas à croire que c’est bien lui et qu’il a été guéri, les pharisiens l’interrogent à deux reprises au sujet de Jésus, ainsi que ses parents. Lui se contente d’exposer les faits, sans jugement, mais il subit les accusations. Et quand il affirme que si Jésus ne venait pas de Dieu, il n’aurait pas pu le guérir, les pharisiens le jettent dehors en affirmant qu’il n’est que péché depuis sa naissance. Quelle épreuve de plus !

Cet homme, aveugle de naissance, est enfermé par tous ceux qu’il rencontre dans sa maladie. Puisqu’il est aveugle, c’est qu’il est pécheur, cela va de soi. Et bien qu’il soit interrogé par les pharisiens, ceux-ci ne cherchent pas à entendre son avis, mais seulement à condamner Jésus. A cause d’un handicap, cet homme est rejeté. Et Jésus, bien plus que le guérir, lui redonne sa liberté : cet homme n’est pas aveugle parce que lui ou ses parents ont péché. Ainsi, contrairement à tous les autres acteurs du récit, Jésus redonne à cet homme sa dignité.

> Nous nous proposons cette semaine, de faire particulièrement attention au regard que nous portons sur les personnes qui nous entourent : est-ce un regard qui considère la personne dans toute sa dignité ou qui l’enferme dans des préjugés ou des mauvaises expériences que vous avez pu partager ? Que nous puissions à la suite du Christ poser des regards qui envisagent et qui libèrent !

6e dimanche – A

« Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras pas d’adultère. Et moi, je vous dis: quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle. » (Mt 5, 27-28)

Ce verset est issu du grand discours de Jésus sur la montagne. Jésus se positionne par rapport à la loi et nous dit qu’il n’est pas venu l’abroger, mais l’accomplir. Il cite ainsi plusieurs lois et nous incite à aller plus loin. On pourrait recevoir ces paroles de Jésus comme des lois supplémentaires à appliquer. Mais Jésus critique les pharisiens qui appliquent la loi de façon stérile. La loi est un cadre donné par Dieu pour nous apprendre le chemin de la liberté et de la Vie.

L’étape suivante proposée par Jésus est ainsi de ne pas appliquer la loi parce qu’il faut le faire, mais se laisser habiter par l’esprit de vie du Christ. Ainsi, dans le verset ci-dessus, Jésus nous invite à ne pas regarder avec convoitise, c’est-à-dire à ne pas poser un regard de possession sur l’autre, mais au contraire à vouloir encourager sa liberté. Une invitation à ne pas rester concentrer sur nos désirs, mais à se laisser décentrer par le Christ.

Cette semaine, nous sommes donc invités à habiter cette loi de vie et de liberté du Christ et à poser sur les personnes que nous croisons des regards qui envisagent, des regards non-jugeant qui cherchent à encourager la liberté et la vie de l’autre.

3e dimanche – A

À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer :
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
(Matthieu 4,17)

> La conversion n’est pas faite uniquement pour les non-chrétiens ou ceux des périphéries… elle s’adresse – et TOUT D’ABORD – à nos coeurs à nous, Chrétiens. A ceux qui se pensent déjà convertis depuis longtemps, autant qu’à ceux qui savent qu’il y a encore du chemin à faire.

Qu’est-ce c’est, alors, se convertir ? C’est le travail de toute une vie. C’est d’abord convertir notre coeur pour devenir des Chrétiens joyeux. Alors de notre coeur montera un sourire jusqu’à nos lèvres, et ce sourire changera le monde qui nous entoure.

C’est ensuite convertir notre regard, pour qu’au lieu de juger l’autre – ce que nous savons parfois si bien faire, avouons-le – nous puissions le considérer comme aimé de Dieu de la même manière que nous. Et ainsi, au lieu de le DEvisager, nous l’ENvisagerons.

Oui, plus que jamais, et notamment en cette semaine de prière pour l’unité des Chrétiens, nous sommes invités à convertir notre coeur et notre regard. C’est ce qui fera advenir le Royaume des Cieux, tout proche en effet.

26e dimanche – C

« En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères. » (Luc 16,19-20)

> Dès le début de cette parabole, Jésus attire notre attention sur l’apparence. Pour mieux nous dire ensuite qu’il nous faut regarder avec le coeur, et non avec nos seuls yeux. Peu importe l’aspect de telle ou telle personne, ce qui compte c’est d’abord qu’elle est un être humain, comme nous, et aimée de Dieu, comme nous.

Cette semaine, il nous est donc proposé de ne pas se laisser abuser par les apparences mais d’essayer de regarder avec notre coeur.

Mercredi Saint – 2016

Pendant qu’ils mangeaient, Jésus dit : « En vérité, je vous le déclare, l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, les disciples se mirent chacun à lui dire : « Serait-ce moi, Seigneur ? » (Mt 26, 21-22)

> Lors du dernier repas pris avec ses disciples, Jésus leur annonce que l’un d’entre eux va le livrer. La réaction des disciples est intéressante, voir étonnante. On pourrait penser qu’ils se regarderaient les uns les autres pour détecter parmi leurs voisins le traître. Mais ce n’est pas le cas. Ils n’accusent pas l’autre, mais chacun se pose la question de savoir si ce n’est pas lui même qui pourrait être le traitre. Éclair de lucidité sur la nature humaine, capable du plus grand bien, mais aussi du plus grand mal ? Modestie par rapport à ses propres capacités ? Une attitude qui fait réfléchir…

Nous nous proposons aujourd’hui d’avoir ce regard de lucidité sur nous-mêmes. Le but de cette démarche n’est pas d’être jugeant et moralisateur envers soi. Mais avant de porter des accusations ou des reproches envers autrui, prenons le temps de voir également notre implication et nos limites. Et laissons-nous toucher par la grâce de Dieu !

5e dimanche de Carême – C

« Femme, où sont-ils, personne ne t’a donc condamnée ? » Jean 8, 10.

> Qui sommes-nous pour juger ce qu’il y a dans le cœur d’autrui ? Nous sommes régulièrement et nous pouvons même dire constamment en train de juger notre prochain sur sa manière d’être, sur sa façon de s’habiller, sur sa façon de se tenir en groupe, etc. Et pourtant, seul Dieu est apte à voir ce qu’il y a de vrai dans notre cœur, à voir qu’il y a une accroche qui peut nous permettre d’avancer et de reprendre confiance en nous.

Cette semaine changeons notre regard sur notre prochain, permettons-lui de reprendre confiance en lui et montrons-lui ce qu’il y a de beau dans ce qu’il fait !

Sainte Famille – C

Jésus leur dit:  » Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ?  » (Lc 2, 49)

> L’année de ses 12 ans, Jésus accompagne pour la première fois ses parents au Temple à Jérusalem. A la fin de leur pèlerinage, les parents s’en retournent chez eux, pensant que Jésus fait route également avec des connaissances. Mais il n’en est rien et après trois jours d’angoisse, les parents le retrouvent dans le Temple et c’est là que Jésus leur pose la question ci-dessus.

Pour l’enfant Jésus, il y a une évidence à se trouver dans le Temple. A ce moment présent, c’est là qu’il se sent d’être, c’est là que son cœur lui dit d’être. Cela me fait penser à la phrase de Jésus : « Laissez les enfants venir à moi; ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux » (Lc 18, 16). Les enfants ont cette spontanéité de faire ce qu’il leur semble évident et adéquat, sans se soucier du regard des autres.

> En cette fin d’année, à quelques jours d’une nouvelle, je te propose de relire l’année qui vient de s’écouler. A quels moments, en quels lieux nous sommes-nous sentis à notre place. Quand était-ce une évidence que nous devions être là ? Est-ce que ces moments étaient remplis de Vie, habités par Dieu ?

Que ces moments et ces lieux soient porteurs de fruits pour notre année 2016 !

Avent 2015 – Jour 25

Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » (Luc 1,60-61)

> Elisabeth vient d’enfanter. Ses voisins et sa famille viennent se réjouir avec elle mais comme dans toute bonne famille, chacun souhaite donner son point de vue. Surtout quand il s’agit de trouver un prénom au nouveau-né !

Elisabeth ne se démonte pas face à toute sa famille et ses voisins, « Il s’appellera Jean ».

Nous nous retrouvons régulièrement en porte à faux avec notre famille, nos amis, nos voisins quand il s’agit de faire la volonté de Dieu. Notre cœur nous tiraille entre la volonté de suivre Dieu mais également celle d’écouter notre famille qui peut souvent malgré elle nous immobiliser.

Aujourd’hui, à deux jours de la naissance de notre Sauveur essayons de contempler la beauté et la fermeté de notre Foi avec un regard neuf d’enfant découvrant le monde.

4e dimanche de Carême – B

« Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jean 3,17)

> Croire en un Dieu qui serait un Juge impitoyable est une erreur, hélas encore souvent présente dans nos cœurs. Dieu veut nous sauver, pas nous juger. La Bible, par ce verset, le dit clairement.

Et si nous aussi, cette semaine, nous transformions notre regard sur les autres : avant de juger notre prochain – ce qui est très humain, cela nous arrive à tous en permanence – demandons-nous ce que nous pouvons faire pour sauver notre prochain. Oui, celui-là même que nous nous apprêtions peut-être à juger… Peut-être pouvons-nous l’aider ? Peut-être qu’une parole bienveillante sera source de salut pour lui ? Essayons, ça ne coûte rien et ça peut rapporter beaucoup d’amour au monde et beaucoup de bien-être dans notre cœur.