16e dimanche – C

Le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. – Lc 10, 41-42a.

> Classiquement, les interprétations de la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie favorisent Marie au détriment de Marthe. En effet, cette dernière s’affaire à diverses tâches domestiques tandis que sa sœur boit les paroles du Christ. Ce qui n’est pas dit, cependant, c’est que sans doute, Marthe faisait deux choses à la fois : préparer la table ET écouter Jésus ! Car chacun sait que les femmes sont capables de faire deux choses à la fois, n’est-ce pas Messieurs…

Regardons de plus près : c’est bien chez Marthe que Jésus se trouve ! Pas chez Marie, ni chez « Marthe et Marie », comme on a tendance à le croire souvent. Et que fait-on naturellement lorsque l’on reçoit des hôtes et qu’on est la maîtresse de maison ? Eh bien on apprête sa maison, on fait le ménage, du rangement, la cuisine… C’est Marthe que Jésus apostrophe : « Marthe, Marthe… » Il la connaît par son nom comme Dieu a connu Moïse par son nom (cf. Ex 33, 12). Marthe n’est pas insignifiante aux yeux de Jésus. Il sait mieux que quiconque ce qui l’habite, même si elle s’agite et ne semble pas attentive à ce qu’il raconte. Même si une seule chose est nécessaire, rappelle-t-il. Et cette chose, c’est l’orientation de toute vie en lui. En s’adonnant à de multiples tâches (comment pourrait-il en être autrement en vivant « dans le siècle » ?!), on demeure toujours en communion avec le Christ. Et c’est plutôt rassurant !

En cette période de vacances et de ralentissement, où l’esprit vagabonde à d’autres « soucis » que ceux du quotidien et même à un relâchement de la prière, de la louange et de l’adoration, restons attentifs au fait que quoi que nous fassions, Jésus est là, nous connaît et nous appelle sans cesse à nous tourner vers lui. Il est là, il nous attend et nous entend !

Avent 2015 – Jour 24

Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. (Lc 1,46-48)

> Marie, c’est moi, c’est nous, c’est eux. Je me joins à cette joie de Marie, car c’est aussi à moi que l’annonce a été faite : « Dieu va s’enfanter en toi, prendre forme en toi ». Il va naître en chacun de nous, se lover dans cet espace en nous qui, depuis toujours, a été préparé pour Lui. Aujourd’hui, je me tourne vers cet espace en moi en forme de Dieu. Je prends le temps de le sentir physiquement. Avec Marie, je dis à Dieu ma joie de vivre ce mystère tant attendu.

Avent 2015 – Jour 22

D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? (Lc 1,43)

> Pouvons-nous partager cette exclamation de la cousine de Marie ? En fait, avons-nous déjà reçu Marie ? Non ? Pas besoin de faire un grand cinéma. Il suffit que Marie sache que nous sommes dans le besoin et elle accourt.

Mais il faut lui ouvrir la porte.

Et n’oublions pas que dans son ventre, elle porte Dieu.

Avent 2014 – Jour 9

Marie dit alors : « voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole ». (Lc 1,38)

Nous manquons tellement de confiance dans la vie ! dans NOTRE vie ! Parfois, lorsque surgissent des problèmes récurrents, que l’on connaît déjà, on continue à se ronger les sangs. Alors que très souvent, il suffit de se dire : « C’est sur mon chemin. Aujourd’hui. Juste aujourd’hui ». Et je peux choisir de l’accepter, ou de me débattre.

Accepter, comme Marie, c’est aussi renoncer à notre pseudo toute-puissance, et à nos efforts pour « gérer ». Tout n’est pas gérable.

Lorsque je faiblis, je prie volontiers la Vierge (pour la protestante que je suis, c’est improbable). Parce que c’est une femme et une mère. Parce qu’il m’arrive de me sentir comme un enfant. Et c’est bien ainsi : ça rabat le caquet de la « grande-personne » qui m’envahit parfois…

Lundi Saint

Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. – Jn 12,8

> Cette phrase de Jésus peut paraître énigmatique au premier abord. Judas est gêné par le fait d’utiliser un parfum si cher pour oindre Jésus et pense qu’on aurait mieux fait de le vendre pour faire l’aumône aux pauvres. D’un point de vue horizontal strict, ce n’est pas faux. Cependant, Jésus nous le dit : des pauvres, il y a en aura toujours et partout… Mais sa présence à lui parmi les humains est tellement furtive, fragile voire subtile, qu’il s’agit d’abord de s’arrêter, se tourner vers lui, de l’aimer et de l’adorer.

Et nous, aujourd’hui ? Choisissons-nous d’être comme Marie, prenant soin de Jésus, ici et maintenant, tout proche de nous avant que nous ne vaquions à nos occupations ? Ou comme Judas, lançant des idées pour donner un peu d’argent à celui qui mendie dans la rue ? Les deux attitudes ne sont de loin pas incompatibles et l’une n’est pas supérieure à l’autre. Mais Jésus nous demande d’agir en son nom, et l’urgence, pour nous aujourd’hui, est de soigner celui qui va souffrir pour nous sur la croix en l’adorant en silence – quelques minutes sont mieux que pas du tout ! Ensuite seulement, nous pourrons accomplir de bonnes œuvres dans le monde, dans la charité chrétienne !

Avent 2013 – Jour 21

« Καὶ μακαρία ἡ πιστεύσασα, ὅτι ἔσται τελείωσις τοῖς λελαλημένοις αὐτῇ παρὰ κυρίου. » Luc 1,45 (voir traduction ci-dessous !)

> J’aime ce verset dont ambiguïté ouvre des perspectives vertigineuses. On peut en effet le traduire de deux manières différentes.

Soit, comme le font les plus sérieux, par : « Heureuse celle qui a cru, car ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira » ; Soit, comme le font les plus rêveurs, par : « Heureuse celle qui a cru que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira ».

Qu’est-ce qui rend vraiment heureux ? De croire à l’impossible ou de voir l’impossible se réaliser ? Est-ce que le bonheur précède ou est-ce qu’il suit l’accomplissement ?

Je me garde de trancher, constatant simplement que quand Dieu parle et qu’on est attentif à sa voix, le bonheur, d’une manière ou d’une autre, est au bout du chemin.

16e dimanche – C

« [Marthe] avait une sœur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. » Luc 10,38b-39

> Il y a un temps pour tout, disait l’Ecclésiaste. L’été, on a l’impression que le temps se détend (dé-temps), mais pour nous, l’été est-il le temps de l’agitation inquiète de Marthe (planification, questionnements) …ou de la contemplation de Marie ? Est-il celui du service ou celui de l’écoute de la parole, de l’instant présent ?

En cette semaine estivale, nous sommes invités à prendre le temps. Prenons le temps de faire des choses que nous n’avons pas le temps de faire d’ordinaire : un geste envers des proches, une prière, une proposition, un service, un temps de silence, etc. Le temps nous est donné, alors profitons-en ! Hakuna Matata !

4e dimanche de l’Avent – C

Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte [à Marie] : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. » Lc 1,41-42

> La bénédiction de la vierge Marie par Elisabeth nous rappelle qu’à sa suite, nous aussi nous sommes bénis et que nous pouvons également bénir les autres ! Et si cette semaine vous essayiez vous aussi de bénir quelqu’un, littéralement de dire du bien sur lui, et de l’aider sur son chemin de vie ?