3e dimanche de l’Avent – année A

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

(Mt 11,3)

> Les disciples de Jean-Baptiste posent la question à Jésus pour en avoir le cœur net… Mais ils ne sont pas les seuls ! Est-ce qu’il ne nous arrive pas parfois de nous poser la même question lorsque nous sommes à bout, que nous désespérons ? Ou peut-être aussi sommes-nous parfois tentés de nous tourner vers toutes sortes d’illusion de salut…

Et voilà que dans quelques jours nous fêterons Noël, la venue du Messie. C’est l’occasion de nous redemander si nous sommes réellement conscients que c’est Dieu que nous allons accueillir dans la crèche.

Et si nous sommes hésitants, gardons alors la suite de ce verset : « Amen, je vous le dis, parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui ». Voici que Jésus nous fait toucher du doigt le cœur de Dieu… Agenouillons-nous à ses côtés…

33e dimanche ordinaire – C

« Vous serez haïs de tous à cause de mon nom ; mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous gagnerez la vie. » (Lc 21, 17-19)

> Aie confiance: tout ne se joue pas dans ce monde-ci, et notre regard limité sur la réalité ne saurait rendre compte de la réalité de Dieu et de son Royaume. Même la désunion, les trahisons, même la mort: rien de tout cela n’est la fin.

Pas un cheveu de ta tête ne sera perdu. Aie confiance et persévère, afin que tu restes un vivant jusqu’au bout, quelqu’un qui n’aura pas été piégé, asservi, anéanti par le mal.

Persévère dans ce lien au Christ qui te fait exister, cette confiance qu’aucune attitude humaine ne peut toucher le coeur de ton coeur et mettre en péril l’image de Dieu déposée en toi.

Persévère, face à ce qui t’effraye dans l’état du monde, en discernant ce que tu peux travailler, et en laissant le souci de ce qui t’échappe de toute manière.

Car tout repose dans les mains de Dieu.

27e dimanche du temps ordinaire – C

Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi. » (Lc 17, 5)

> Un tout petit enfant s’approche et vous montre son dessin. Il est très fier. Que voyez-vous? Un gribouilli d’enfant? Mais lui voit autre chose: il voit un dragon!

Et si vous êtes sans liens avec lui, vous ne voyez rien d’autre qu’un dessin d’enfant. Tandis que si vous êtes son papa ou sa maman, vous voyez un premier chef d’’oeuvre à accrocher dans la cuisine!

ll y a nos yeux, et il y a notre coeur… Un même dessin, et tellement de manière de le voir.

Avoir la foi, c’est ce geste de confiance envers la vie qui cherche à voir avec le coeur. Pour découvrir à l’intérieur de ce que nos yeux nous montrent, quelque chose de plus grand, de plus profond, de plus important, que seul le coeur peut saisir. La présence de Dieu.

Dieu a déposé en nous un cadeau, un don. La capacité de croire. De voir avec le coeur. D’être dans la confiance. Cela permet de vivre et de faire de grandes choses. Un dragon avec quelques coups de crayons, un homme libre et responsable avec un petit enfant, des gens capables d’aimer avec un amour grand comme un grain de moutarde. Et déplacer des montagnes. Et rencontrer Dieu.

1er dimanche de carême – C

« Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » (Luc 4, 12)

>Il y a bien des manières de mettre Dieu à l’épreuve. Qu’on pense par exemple aux dix plaies d’Egypte où Pharaon refuse de laisser partir le peuple d’Israël malgré ce qui s’abat sur son pays. Il refuse de croire à la puissance de Dieu et ce n’est qu’avec le mort de son fils et des aînés de son peuple qu’il finira par plier. Cet épisode chargé de violence et du coup un peu mystérieux et effrayant est l’un des nombreux passages bibliques où l’homme met à l’épreuve le Seigneur. Jamais il n’en sort gagnant.

Mettre à l’épreuve Dieu peut se manifester de nombreuses manières et nous l’avons certainement tous déjà fait. C’est tester sa puissance par le biais de nos petits prismes humains. C’est vouloir le forcer à rentrer dans nos cadres, et répondre à nos propres désirs. Ca peut être en refusant délibérément de suivre ses commandements. On se dit alors : on verra bien ce qu’il m’arrive ou encore : ce n’est pas si important. Ca peut aussi être d’exiger de Dieu qu’il se manifeste selon la vision étriquée que nous avons de lui ; par exemple en lui demandant de réaliser tel exploit pour nous conditionnant ainsi notre foi ou notre déférence envers lui.

Mettre Dieu à l’épreuve, c’est toujours oublier de se mettre humblement à son écoute, tentant de discerner le dessein qu’il a pour nous. Car la puissance de Dieu se manifeste de mille manières et vouloir le soumettre à nos chantages ne peut que nous rendre perdants même si, parfois, on peut mettre du temps à s’en rendre compte…

En ce début de Carême, essayons de détecter dans nos vies tous les moments où nous mettons Dieu à l’épreuve, où nous l’instrumentalisons en oubliant de regarder plus loin que le bout de notre nez. Abandonner ces tentations nous rapprochera inévitablement du vrai visage de Dieu.

25 décembre 2018 – La Nativité

« Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. » (Jn 1, 14)
 
> Où est Dieu? « Il a habité parmi nous. » Il est fondamentalement « avec » les humains. Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous. Il accompagne, marche à nos côtés, partage ce qui fait nos vies, avec leurs joies et déceptions, leur richesse et leur pauvreté. Il est le Dieu dans la mangeoire d’une étable, le Dieu sur la route d’un départ loin de ses repères, le Dieu auprès de toutes celles et ceux de nous quand nous vivons ce rejet, parfois implicite, parfois non: « Il n’y a pas de place pour toi. »
 
Où est Dieu? « Il s’est fait chair. » Il est aussi en nous. « Au sein de l’immense univers, Dieu est né en l’humain » dit Maurice Bellet. Le récit de Noël nous le raconte: Dieu est à trouver dans les profondeurs de notre coeur, de l’être, de tout être. Il est le Dieu découvert dans ce nouveau-né du nom de Jésus. Dans la fragilité et la force d’une vie, dans cette énergie intérieure qui nous conduit à aimer, à lutter contre le mal et la mort, à nous relever, à vivre pleinement. A Noël, il n’est plus question de penser Dieu sans penser l’humain.
 
Mais à Noël, il y a aussi les anges dans les cieux, la gloire du Seigneur qui enveloppe les bergers, et le récit raconte aussi que ce Dieu qui est avec nous, ce Dieu qui est en nous, est encore le Dieu qui est au-dessus de nous. Dieu ne peut pas être enfermé dans nos idées, nos discours, nos manières de voir. A Noël, Jésus-Christ est pleinement Dieu, et en même temps Dieu reste dans les Cieux. Il nous échappe, il nous dépasse, nous précède et nous suit. C’est ce que nous rappellent les anges dans les cieux à Noël. Dieu est mystère, comme la vie est mystère, comme l’amour est mystère. Toutes nos explications n’en épuisent pas la profondeur. « Nous avons vu sa gloire. »
 

29e dimanche – A

« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » – Mt 22, 21

> Cette formule célèbre de Jésus questionné par les pharisiens lui tendant un piège est parfois détournée de son sens premier. En vivant sur cette terre, chaque être humain est obligé de se soumettre à une autorité politique et donc de respecter certaines règles du vivre-ensemble tout en pouvant vivre sa religion (on excepte ici les Etats de droit divin…). Ce n’est pas « ou bien j’obéis à l’Etat ou bien j’obéis à Dieu », mais « je fais la part des choses et peux vivre ma foi dans ma vie quotidienne tout en remplissant les obligations civiles ».

Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, c’est vivre dans une société traversée par le règne de Dieu sans se laisser guider exclusivement par les aspects politiques et sociétaux. C’est laisser Dieu entrer dans son existence pour lui donner sens, se souvenir que chacun est redevable à Dieu de sa vie et d’agir en conséquence au quotidien.

Cette semaine, essayons de nous souvenir au moins une fois chaque jour que Dieu est à nos côtés dans toutes nos tâches, au travail, en famille, entre amis, que c’est Lui qui nous envoie dans le monde pour rendre témoignage de sa présence. Faisons en sorte qu’à travers nous, ce soit un peu de Lui qu’on puisse voir !

2e dimanche de Pâques – B

Alors Thomas dit à Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,28)

> Thomas a enfin ouvert les yeux, reconnu le Christ, il a cessé d’être incrédule et est devenu croyant.

Et nous, cette semaine, admettrons-nous que Dieu se trouve bien souvent là où nous ne l’attendions pas, là où nous n’y aurions jamais cru ? Ces prochains jours, en qui reconnaîtrons-nous notre Seigneur et notre Dieu ? Derrière quel visage ? Derrière quelle rencontre ? Derrière quel événement ?

22e dimanche – A

A partir de ce moment, Jésus Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter. Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander, en disant:  » Dieu t’en préserve, Seigneur! Non, cela ne t’arrivera pas!  » (Mt 16, 21-22)

> Peu avant ce passage, Pierre déclare que Jésus est Messie et Fils de Dieu (Mt 16,16). Il a bien sûr tout juste, mais par contre il a une image bien figée, celle de la majorité de ses contemporains, sur ce que devrait être le Messie: un libérateur du genre chef des armées qui va les délivrer des Romains, un genre de super-héros en quelque sorte… en tout cas pas un Dieu qui souffre, par un Dieu qui va vivre la passion comme l’annonce Jésus en Mt 16,21.

Nous nous faisons souvent, comme Pierre, une image plus ou moins figée de Dieu. Il est bon de rester à l’écouter de ce Dieu insaisissable pour ne pas le réduire à l’image que nous nous en faisons. Il nous est proposé ainsi cette semaine de prendre le temps de discuter avec quelqu’un de nos images respectives de Dieu et de se laisser interpeller par les différences entre notre image de Dieu et celle de notre interlocuteur.