19e dimanche – A

« Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à s’enfoncer, il cria : ‘Seigneur, sauve-moi !' » (Mt 14,30)

> Dans ce passage de la marche sur les eaux, Pierre passe par beaucoup d’étapes : il commence par avoir peur en voyant Jésus sur l’eau (« c’est un fantôme »), puis fait preuve de foi en criant vers Jésus de pouvoir le rejoindre, il doute ensuite et s’enfonce dans l’eau et crie enfin un « Seigneur sauve-moi », signe qu’il met bien sa foi en Jésus : il sait qu’il peut le sauver. Dans notre vie de foi il nous arrive aussi bien souvent de faire des montagnes russes, d’osciller entre foi et doute. Comme Pierre, sachons crier vers Jésus pour qu’il nous sauve.

Cette semaine nous pouvons garder cette phrase de Pierre dans notre tête et dans notre cœur « Seigneur, sauve-moi » et la faire nôtre dans les moments moins limpides !

Transfiguration – A

En entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre, saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, il les toucha et dit:  » Relevez-vous! Soyez sans crainte!  » (Mt 17, 6-7)

> Ce dimanche, nous fêtons la Transfiguration du Seigneur. Jésus apparaît transfiguré et glorifié à 3 disciples et ceux-ci entendent une voie déclarant que Jésus est son Fils bien-aimé. Face à tout cela les disciples tombent face contre terre. Et c’est Jésus lui-même qui vient les relever et les rassurer, celui même qui est Fils de Dieu. Ce statut, loin d’éloigner Jésus de nous, nous le rapproche. Il s’est continuellement abaissé pour rejoindre ceux qui étaient à terre, pour les relever dans l’amour et la dignité. Et c’est ce qu’il fera jusqu’au bout de sa vie, jusqu’à sa mort sur la croix.

> Nous sommes invités cette semaine, à ne pas nous comparer aux autres, mais à rejoindre ceux qui sont à terre pour les relever, tout en nous laissant toi-même relever et rassurer par les autres et par Dieu.

17e dimanche – A

« Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. » – Mt 13, 47-48

> Un tri dans les poissons après la pêche pour ne garder que les bons ? C’est a priori bien naturel et logique. Mais lorsqu’il s’agit d’une parabole de Jésus, cela mérite un peu plus d’attention. Un poisson en état de décomposition n’est pas mauvais par nature, mais dépend d’éléments extérieurs comme un parasite ou une blessure affectant son état. Il n’a pas toujours été mauvais. Au moment de la pêche, il n’est pas retenu pour demeurer dans les paniers des pêcheurs et être vendu à bon prix sur des étals de marchés et faire honneur sur de belles tables.

Dans la vie, s’il n’y a pas de session de rattrapage, si nous ne pouvons pas revenir en arrière pour effacer une période « ratée » et la « réussir » comme si de rien n’était, il est pourtant toujours possible de corriger le tir pour la suite du parcours. Notre nature humaine fait que nous sommes parfois soumis à de mauvais choix, à des addictions, à de mauvaises rencontres ou à de mauvaises interprétations de la réalité qui peuvent affecter nos relations aux autres, à nous-mêmes et à Dieu. Mais, contrairement aux poissons de la parabole, il n’est jamais trop tard pour essayer de changer ce qui nous entrave dans nos rencontres au quotidien ! Le Seigneur nous veut guéris, conscients de nos faiblesses mais prompts à toujours nous tourner vers Lui malgré nos imperfections. Seul celui qui perdure dans son orgueil gangrénant tout son être et attaquant ses proches ratera les « paniers du Seigneur » et donc son Royaume !

Cette semaine, que nous nagions en eaux troubles ou dans une mer d’huile, réfléchissons avant d’être pris dans le filet. Serions-nous plutôt rejetés à l’eau ou gagnerions-nous les paniers sur le rivage ? Un petit doute ? Il n’est jamais trop tard, ni pour nous, ni pour Dieu !

16e dimanche – A

« Les serviteurs du maître vinrent lui dire : ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’Il leur dit : ‘C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent : ‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’ Il répond : ‘Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. » (Matthieu 13, 27-29)

> La constatation étonnée des serviteurs sur la présence de l’ivraie dans le champ au milieu de bon grain, rejoint la notre sur la présence du mal sur terre. « Seigneur, d’où vient la division, la zizanie, le malheur, alors que tu as semé les graines de Ton Royaume ? », pourrions-nous aussi dire. Bien sûr, nous voudrions l’ôter de notre monde, cette ivraie, l’en arracher, comme on arracherait des mauvaises herbes. C’est d’ailleurs le désir des serviteurs. Mais le maître, vigoureusement, répond par la négative, car ce qui compte, c’est le bon grain, et arracher l’ivraie, cette herbe qui peut passer pour du blé mais qui est en réalité du poison, mettrait en danger le bon grain.

Notre désir n’est-il pas également d’arracher le mal à notre monde, et en nous aussi peut-être ? Mais devant le mal, Dieu nous invite à Lui faire confiance. Le jugement viendra, il Lui appartient, ainsi qu’à ses anges moissonneurs. Nous n’avons pas à être les moissonneurs des temps derniers. Non. Ce que Dieu nous demande, c’est d’une part de reconnaître le mal, d’admettre sa présence, sans pour autant l’accepter, et d’autre part de faire confiance au maître de maison, tout en cherchant à faire croître le bon grain.

Cette semaine, nous sommes donc invités à méditer et prier sur un aspect de notre vie, de notre personne, du monde, que nous considérons comme « ivraie », et de chercher d’abord à admettre qu’il est là, présent. Puis de placer notre confiance en Dieu par rapport à cet aspect, tout en cherchant à faire croître le bon grain en nous !

15e dimanche – A

« Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer.
Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ;
toute la foule se tenait sur le rivage. » (Mt 13,1-2)

> Jésus comprend qu’il ne va pas être entendu par tous s’il reste sur le rivage. Il prend de la distance.

Parfois, pour mieux se faire comprendre, pour mieux faire passer un message, pour se donner la possibilité d’être entendu de tous, il faut prendre une certaine distance par rapport aux gens.

Que ce temps de vacances soit aussi pour chacun de nous une saine prise de distance. Monter dans la barque de l’été nous permettra sans doute de voir les choses d’un peu plus loin et, qui sait, de mieux faire entendre notre message.

14e dimanche du Temps Ordinaire – Année A

> »Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance » Mt 11, 25-26

>Le Christ est venu accomplir la Loi et nous révéler le dessein de son Père pour l’humanité tout entière.

>Il est également venu pour nous rétablir comme fils de Dieu. Et comment nous montrer le chemin si ce n’est par la voie la plus simple : en s’adresser à Dieu par des mots simples. Lui rendre grâce, le remercier pour ses bienfaits. Mais aussi en n’hésitant pas à Lui adresser nos malheurs, nos peines…

>Redécouvrons cette semaine les psaumes. Ces poèmes qui nous donnent de nous adresser à Dieu. De le louer mais aussi de rouspéter ! Ne cessons pas de parler à Dieu, notre Père ! Demandez vous recevrez ! Alors n’hésitons pas !

13e dimanche – A

« Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. » (Mt 10, 42)

> Jésus vient d’expliquer aux disciples ce que signifie réellement se mettre à sa suite. Il a des mots très exigeants en demandant de quitter père et mère, de ne pas tenir plus à sa vie qu’à lui, etc. Et voilà qu’il termine son explication par cette phrase. Il a demandé ce qui semble impossible et voilà qu’il parle d’un verre d’eau donné aux plus petits… Ça paraît très étonnant cet écart… Et pourtant, c’est en commençant par là, par un simple verre d’eau fraîche, qu’il est rendu possible de donner sa vie entière. C’est par une petite chose, puis une autre petite chose, puis encore une petite chose qu’on se met à la suite de Jésus et qu’on donne peu à peu sa vie pour ses frères. C’est par là que ça commence. Fait avec amour, ce geste de donner à boire a infiniment d’importance !

Et moi cette semaine ? Par quels gestes est-ce que je me prépare à suivre entièrement Jésus ? Dans lequel est-ce que je mettrai suffisamment d’amour pour qu’il soit comme une offrande de ma vie entière ?

12e dimanche – A

« Est-ce que l’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Pourtant, pas un d’entre eux ne tombe à terre indépendamment de votre Père. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte: vous valez mieux, vous, que tous les moineaux. » (Mt 10, 29-31)

> Cette parole nous dit de ne pas avoir peur. On pourrait penser que c’est facile à dire, mais suivant les situations, très difficile à appliquer. Mais pour Matthieu, si on ne doit pas avoir peur, c’est parce qu’on peut faire confiance à Dieu. A nouveau, on pourrait réitérer que c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais si on peut faire confiance à Dieu, c’est parce qu’il se donne à connaître, c’est parce qu’il s’est fait proche, c’est parce qu’il veut être pour nous un Père aimant. Nous sommes ainsi invités à faire confiance à quelqu’un qui nous connaît personnellement, pour qui nous sommes précieux et qui nous invite à le connaître et à lui faire confiance.

> Nous nous proposons cette semaine de prendre du temps pour réfléchir à nos peurs, et particulièrement celles qui nous empêchent d’être pleinement nous-mêmes. Arrivons-nous à les confier à ce Père pour qui nous sommes une merveille ?

Dimanche des Rameaux – A

« Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière » Mt 27, 44

> Jésus est crucifié. Il est humilié par les hommes qui passent devant cette croix et qui attendent qu’un miracle se produise. Que celui qui se dit Fils de l’Homme soit sauvé vu que c’est le Fils de Dieu.

Comble de la cruauté et de l’absurdité humaine, les hommes crucifiés avec lui, souffrant des mêmes maux que Jésus sur la croix l’insultent également. La haine et la bêtise surpassent la souffrance physique. C’est dire qu’à quel point l’homme est pécheur.

Mais cette montée vers Pâques, cette mort qui est inéluctable doit nous aider à nous mener vers notre propre mort. Et lorsque le moment arrivera comment sera notre cœur ? Serons-nous dans la haine ? Nous mourrons comme nous avons vécu. Et la plus belle manière de mourir sera dans l’Amour de celui qui nous a aimé jusqu’à la fin.

2e dimanche de Carême – A

« Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » (Matthieu 17, 5-7)

> Devant un signe de la présence de Dieu, l’homme de la Bible ne commence pas par s’émerveiller, il s’effondre dans la crainte, face contre terre. Cette crainte est présente dans les trois Evangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc).

Pourtant, le récit matthéen a la spécificité de contenir le geste et la parole de Jésus. Celui-ci, d’abord, s’approche, puis touche les disciples, et enfin il leur parle avec cette parole que l’on pourrait traduire par « Soyez relevés une fois pour toute » !

Le verbe egeiro, verbe utilisé d’une part pour « se relever » par exemple d’un siège, voire pour « se réveiller », est également celui de la résurrection. Anticipation de la gloire pascale, cette parole ne peut véritablement être comprise qu’à la lumière de Pâques qui inclut le chemin de croix. Ainsi, par cette parole, le Christ nous invite à nous préparer à la résurrection à venir dans nos vies.